UNI ne peut se reposer sur ses lauriers

Les caisses populaires ont bien changé dans les dernières années. Fermetures de points de service, fusions, regroupement collectif et changement de nom ont tour à tour fait les manchettes. Ce serait toutefois une erreur de penser que les prochaines années seront celles de la continuité.

L’Acadie Nouvelle a rencontré le PDG de UNI Coopération financière, Robert Moreau, au début de la semaine, dans le cadre d’une rencontre éditoriale. Aussi à l’aise quand vient le moment de parler de finances que d’élaborer sur le «coeur» et le rôle communautaire des caisses, il a été généreux en temps et en explications.

Le moment de la rencontre n’a pas été choisi au hasard. M. Moreau est en poste depuis une année. L’occasion était belle de profiter de cet anniversaire pour tenter de mieux connaître les intentions de celui qui dirige le mouvement coopératif acadien.

Le leadership de M. Moreau n’avait pas tardé à être mis à l’épreuve. Il n’était en poste que depuis trois semaines quand la crise du verglas a frappé. Avec des succursales paralysées et plus de la moitié du personnel qui était sans électricité à la maison pendant des périodes de 4 à 12 jours, le défi était grand pour s’assurer que les fonds continuent de circuler.

L’avantage dans cette situation est que cela a permis au nouveau patron de savoir rapidement sur qui il pouvait compter.

Notre discussion nous a permis de comprendre que le regroupement collectif – mieux connu sous le nom de caisse unique – a permis à l’entreprise de modifier favorablement sa position. Les améliorations se font sentir au niveau des revenus, mais aussi de la qualité du service à la clientèle.

Un bémol ici. Il s’agissait d’une rencontre éditoriale et non pas d’une révision comptable des livres d’UNI. Le nouveau patron ne nous a pas dévoilé ses états financiers ni même révélé si son organisation recommencera bientôt à accorder des ristournes à ses membres.

Néanmoins, les indicateurs partagés par M. Moreau, en particulier du côté de la croissance, sont intéressants, au point où le PDG ne se gêne pas pour dire qu’il a «bien hâte» de partager ses chiffres lors de l’assemblée générale annuelle d’avril.

Un an après la création de la caisse unique, force est de constater que des changements moins visibles, mais bien concrets continuent de survenir.

La principale différence, pour les membres et les entreprises, se situe au niveau de la qualité du service. Contrairement à son prédécesseur Camille Thériault, un ancien politicien, Robert Moreau provient du secteur privé. En tant qu’entrepreneur, il est arrivé chez UNI avec une bonne idée des choses que devaient changer son nouvel employeur afin d’être mieux en mesure de faire concurrence aux banques.

Il nous a expliqué à quel point il était important de réduire les délais d’attente avant d’approuver aux entreprises l’accès à des fonds qui leur permettront de croître. Un gros travail a aussi été effectué afin d’uniformiser les méthodes de travail et les services, afin de s’assurer que le client qui se présente à la succursale d’Edmundston soit traité avec les mêmes standards que celui qui s’arrête à celle de Bouctouche.

M. Moreau nous a par ailleurs surpris en nous expliquant avoir modifié l’approche de l’organisation qu’il dirige en ce qui a trait au versement de dons et de commandites.

Si le don traditionnel de 500$ à l’égard d’un festival n’est pas condamné à disparaître, il a mis au clair qu’UNI préfère désormais appuyer des causes qui ont un impact régional. Il a donné l’exemple du Centre Jean-Daigle, où le don d’UNI a permis la construction de loges qui généreront ensuite de nouveaux revenus.

Bref, être généreux, oui. Mais l’oreille sera plus attentive si le don contribue à la croissance de la région. C’est un changement important qui trouve sans doute sa source dans le passé entrepreneurial du PDG.

Robert Moreau ne cache toutefois pas que d’autres changements pourraient survenir. À son arrivée en poste, il déclarait qu’il n’avait pas l’intention de fermer de succursales. En rencontre éditoriale, il nous a affirmé que «50 points de services, ça devient lourd à supporter» et que «dans l’avenir, il va y avoir des modifications». Notons qu’il a ensuite insisté sur le fait qu’il préfère parler de relocalisations et de centres plus modernes qui offriront plus de services.

L’époque où les Acadiens étaient fidèles à leur caisse populaire par seul souci d’appartenance n’est pas loin d’être révolue. Les clients veulent les mêmes services et des taux d’intérêt aussi compétitifs que ceux des banques à charte ou virtuelles.

La bonne nouvelle, tant pour M. Moreau que pour les membres, est qu’avec sa nouvelle structure unifiée, UNI est en meilleure position aujourd’hui pour relever les défis qui se présentent à elle.