Brian Gallant: investir dans les programmes sociaux

L’équipe éditoriale de l’Acadie Nouvelle a rencontré Brian Gallant jeudi, au siège social du journal à Caraquet. Une rencontre qui nous a permis d’en apprendre plus sur ce qu’entend accomplir le chef libéral advenant qu’il soit réélu pour un deuxième mandat.

Six partis politiques (en comptant le KISS NB) et une poignée de candidats indépendants s’arrachent les faveurs des électeurs. Du lot, seulement deux hommes peuvent de façon réaliste aspirer à la fonction de premier ministre du Nouveau-Brunswick: le libéral Brian Gallant et le progressiste-conservateur Blaine Higgs.

L’équipe éditoriale du quotidien des francophones a invité les deux candidats à expliquer chacun leur tour leur vision politique. L’objectif est d’aider nos lecteurs à avoir une meilleure idée de quelles seront les priorités du gouvernement provincial et ce qui changera dans leur vie, dépendant quel parti remportera les élections.

Vous pouvez lire le résumé de nos échanges avec Brian Gallant en pages 2 et 3 de notre édition d’aujourd’hui.

Il a ainsi confirmé pour la première fois depuis le déclenchement des élections son engagement à ne pas augmenter les taxes et les impôts dans un deuxième mandat. À moins d’un improbable changement de cap, il ne les diminuera pas non plus.

La TVH restera à 15% et la taxe sur l’essence ne grimpera pas.

M. Gallant nous a aussi expliqué qu’il n’a pas l’intention d’être le dindon de la farce dans le dossier de la taxe sur le carbone. Si des provinces comme l’Ontario ou l’Alberta ne mettent pas de plan en action et ne se voient pas imposer de taxe punitive par le gouvernement fédéral, un gouvernement libéral en prendra bonne note et agira en conséquence.

Par ailleurs, Brian Gallant assure aussi ne pas planifier des compressions budgétaires, en particulier dans les programmes sociaux. Il estime que le gros des décisions difficiles a été pris dans les premières années de son mandat.

Vous l’avez remarqué depuis le déclenchement des élections, Brian Gallant a multiplié les promesses à caractère social: gel des tarifs d’Énergie NB, création de centres de santé pour soins non urgents, hausse du salaire minimum, élimination des intérêts sur la portion provinciale des prêts étudiants et gratuité scolaire à davantage d’étudiants, etc.

S’il n’utilise pas ces mots, Brian Gallant tente clairement de démontrer qu’il offre une solution de rechange plus humaine que son adversaire progressiste-conservateur. Il a passé de longs moments à défendre et à promouvoir ses priorités.

Dans un rare moment où il a laissé transparaître ses émotions, Brian Gallant a affirmé avoir senti «le feu qui s’est allumé en moi» quand il a entendu Blaine Higgs remettre en question son programme de gratuité des frais de scolarité au postsecondaire.

Ce programme que les libéraux qualifient eux-mêmes comme étant «emblématique» dans leurs communiqués de presse, représente beaucoup pour le chef libéral, tout comme l’amélioration de l’accessibilité aux services de garde. Il a passé de longs moments à les vanter, affirmant qu’ils «changent des vies».

Brian Gallant se voit comme un rempart capable de protéger les programmes sociaux. Il a présenté Blaine Higgs comme étant celui qui a effectué des compressions en éducation et en santé alors qu’il était ministre des Finances, de 2010 à 2014, qui ne veut pas investir davantage dans ces domaines, qui trouve qu’il y a trop d’hôpitaux et qui est «contre l’éducation postsecondaire gratuite».

«C’est ce qu’il croit, c’est évident que c’est ce qu’il pense», a-t-il soutenu, en l’accusant d’avoir un agenda caché.

Il a insisté pour dire que les compressions budgétaires ne sont pas la voie à suivre pour améliorer l’économie et les services comme l’éducation et la santé. Selon lui, le mantra conservateur «faire mieux avec ce qu’on a» est une façon de dire qu’il y aura des compressions et pas de nouveaux investissements, sans faire fuir les électeurs.

La principale faiblesse du programme libéral est qu’il touche peu les gens plus aisés.

Si vous êtes sur le point de prendre votre retraite, mais encore loin du déménagement dans un foyer, si vos enfants sont déjà sur le marché du travail, si votre salaire est au-dessus de la moyenne provinciale ou si vous souhaitez simplement conserver un peu plus d’argent dans vos poches, Brian Gallant a décidément peu de choses à vous offrir.

Le chef libéral se défend en affirmant qu’en investissant dans le tissu social, tout le monde en bénéficiera. «C’est important que nos voisins, les personnes de notre communauté, soient capables de bien vivre parce que ça va avoir un impact sur nous et sur notre société», a-t-il expliqué.

Le programme de Brian Gallant a le mérite d’être précis. Il n’y a pas beaucoup de zones d’ombre.

Les électeurs qui voteront pour lui sauront à quoi s’en tenir.

Après Brian Gallant, Blaine Higgs

L’Acadie Nouvelle a invité le chef libéral Brian Gallant et le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs à chacun participer à une rencontre éditoriale dans les bureaux du journal. Les dates des interviews et de publication ont été réservées selon les disponibilités des chefs.

L’équipe éditoriale de l’Acadie Nouvelle est composée du directeur de la salle des nouvelles Gaétan Chiasson, de l’éditorialiste François Gravel, du chef de bureau aux affaires publiques Pascal Raiche-Nogue et du courriériste parlementaire Mathieu Roy-Comeau.