Votre vote compte

Nous y voici enfin. Le jour du scrutin. Des dizaines de milliers de Néo-Brunswickois se rendront aux urnes aujourd’hui afin de déterminer qui les représenteront dans la capitale provinciale, quel parti formera le gouvernement et quel chef deviendra le premier ministre du Nouveau-Brunswick.

La campagne électorale a duré cinq semaines. Il s’agit de l’une des plus fascinantes des dernières années. Sa conclusion est très difficile à prévoir. Plusieurs scénarios sont de l’ordre du possible: gouvernement Gallant réélu avec une majorité, gouvernement Higgs majoritaire, gouvernement minoritaire avec la balance du pouvoir à l’Alliance des gens, au Parti vert ou même, pourquoi pas, au candidat indépendant Chris Collins!

Ce qui est certain, par contre, c’est que votre vote compte. Peu importe où vous vivez au Nouveau-Brunswick, votre circonscription a le potentiel de faire basculer l’élection dans un camp ou dans l’autre.

Ne comptez pas sur l’Acadie Nouvelle pour vous dire pour quel parti voter. Encore une fois cette année, le quotidien francophone du Nouveau-Brunswick n’offrira pas de recommandation en ce sens, n’en déplaise à ceux qui aiment bien nous accuser de favoriser un parti plutôt qu’un autre.

Le Nouveau-Brunswick est une petite province, mais elle est composée de régions éloignées les unes les autres aux intérêts, aux besoins et aux défis bien différents. Ce qui est prioritaire à Edmundston ne l’est pas nécessairement à Bouctouche. Ce qui est urgent à Caraquet peut ne même pas être sur l’écran radar à Dieppe ou à Dalhousie.

D’ailleurs, tous les partis – outre l’Alliance des gens et sa vision résolument antifrancophone – offrent une vision positive pour le Nouveau-Brunswick et ses citoyens.

Le Parti libéral, le Parti progressiste-conservateur, le Parti vert et le Nouveau Parti démocratique ont tous leurs forces et leurs faiblesses. Nous avons par le passé appuyé certains de leurs engagements et nous en avons dénoncé d’autres. Mais aucun ne s’est disqualifié à titre de solution crédible pour les électeurs acadiens, même si l’unilinguisme du conservateur Blaine Higgs et son ouverture à gouverner avec l’aide de l’Alliance des gens auront été une source de préoccupations jusqu’à la fin.

Il y a eu beaucoup de bruit pendant cette campagne électorale. Blaine Higg a volé la vedette pendant 24 heures en soutenant que les libéraux lui ont offert un poste de ministre des Finances dans son gouvernement en 2014. Nous avons aussi appris à la dure qu’il est désormais impossible d’organiser un débat des chefs sans interprétation simultanée.

Des centaines de millions de dollars en promesses de toutes sortes ont été énoncées.

Certaines ont fait énormément réagir, comme celle des libéraux de geler les tarifs d’Énergie NB pendant quatre années.

D’autres nous ont laissés perplexes, comme la volonté des progressistes-conservateurs d’accorder aux districts scolaires le droit de réintroduire la malbouffe dans les écoles. Et certaines ont soulevé du mécontentement, comme la promesse des libéraux d’augmenter le nombre d’employés dans les foyers dans un horizon qui s’étend jusqu’en 2026, ou celle des progressistes-conservateurs d’officialiser la pratique d’embaucher des ambulanciers unilingues pour occuper des postes désignés bilingues, alors que cela irait pourtant à l’encontre de la Loi sur les langues officielles du N.-B.

Mais ultimement, en ce 32e et dernier jour de campagne, la question à se poser reste fondamentalement la même qu’au premier jour: quelle sorte de gouvernement voulons-nous pour le Nouveau-Brunswick?

Nous avons la chance d’avoir en Brian Gallant et Blaine Higgs deux chefs aux visions opposées. Le Nouveau-Brunswick sera très différent dans quatre ans, dépendant lequel de ces deux hommes recevra des électeurs les clefs du pouvoir et s’ils devront diriger avec ou sans l’appui d’un tiers parti.

Brian Gallant se pose en défenseur des services sociaux. Il promet d’investir dans de nouveaux programmes et dans les infrastructures. Il veut augmenter le salaire minimum, créer des centres de santé pour les soins non urgents, geler les tarifs d’électricité et aider les travailleurs saisonniers.

Il est aussi celui qui a augmenté la Taxe de vente harmonisée et repoussé d’une année le retour permanent à l’équilibre budgétaire. Plusieurs de ses promesses sont très coûteuses.

À l’inverse, Blaine Higgs est allergique à toute nouvelle taxe. Il veut éliminer la taxe sur le carbone et s’engage à remettre de l’argent dans les poches des contribuables aussitôt les finances publiques remises en ordre.

Il a toutefois pris soin pendant la campagne de ne pas dire comment il s’y prendrait. Nous savons qu’il entend supprimer au moins 600 postes de fonctionnaires, mais peut-être jusqu’à 2000 si on se fie à son cadre financier. Il affirme vouloir s’assurer que l’argent des contribuables sera bien dépensé, mais ne dit pas si cela signifie qu’il éliminera des programmes populaires comme la gratuité des droits de scolarité ou l’aide aux parents pour payer les frais de garderie.

Allez voter en grand nombre! Ayez votre mot à dire sur l’avenir du Nouveau-Brunswick plutôt que de ruminer pendant quatre ans sur le choix des autres électeurs. n