Quel pays, tout de même!

Pour les amateurs de hockey, le 1er juillet est la journée de signature des joueurs autonomes de la Ligue nationale de hockey. Pour la majorité d’entre nous, c’est surtout une journée de congé.

La fête du Canada est un bien drôle d’événement. Dans la plupart des communautés ont surtout lieu des rassemblements de type familiaux. Il y a des discours protocolaires, des hot dogs, un gâteau d’anniversaire au milieu duquel trône le dessin d’une grosse feuille d’érable rouge… Des dignitaires procéderont au lever du drapeau pendant qu’on entonnera le Ô Canada. Avec un peu de chance, quelques activités seront aussi organisées, du genre jeux gonflables pour les enfants.

Bref, une façon bien agréable de passer un avant-midi, mais qui n’a rien à avoir avec la folie de la Fête nationale des Acadiens avec ses tintamarres, ses concerts, ses décorations et ses costumes colorés. Le tout, accompagné du tricolore étoilé qui bat à chaque coin de rue.

Le Canada n’est pas un pays parfait. Mais s’il y a un moment dans l’année où il est opportun de mettre en valeur les avantages d’être citoyen canadien, c’est bien maintenant.

Un pays en paix. C’est peut-être la principale qualité du Canada. Non seulement notre pays n’est pas en guerre, mais il ne subit pas non plus les ravages d’une guerre civile.

Ne tenons pas cette réussite pour acquise. Nous en avons été témoins en 2003, quand le premier ministre libéral Jean Chrétien a subi d’énormes pressions, autant du président américain George W. Bush, du premier ministre britannique Tony Blair que du chef de l’opposition Stephen Harper, pour que le Canada participe à la guerre en Irak.

Le monde est aussi plein de pays où les peuples s’entredéchirent, parfois entre eux, parfois avec l’aide de puissances étrangères, comme c’est le cas au Yémen où la guerre civile s’est compliquée par l’intervention armée de l’Arabie saoudite et où se profile désormais le spectre de la famine.

Dieu sait qu’il existe des tensions raciales, économiques et linguistiques au Canada. Les Acadiens savent mieux que quiconque à quel point exiger que leurs droits soient respectés peut provoquer un ressac au sein de la majorité anglophone. Mais aux dernières nouvelles, ces querelles et conflits ne se règlent pas à l’aide de snipers embusqués dans des rues.

C’est sans oublier que des forces policières honnêtes et intègres ainsi qu’un système judiciaire indépendant contribuent à maintenir une paix sociale dont ne peuvent que rêver bien des gens dans le monde.

Un pays riche. Le Canada représente la 10e économie mondiale. Cette statistique, à elle seule, ne signifie toutefois rien. Un pays ou un gouvernement peut très bien être richissime pendant que sa population peine à survivre dans la plus abjecte pauvreté.

Ce n’est toutefois pas le cas dans notre pays, où une économie qui roule à plein régime et de généreux programmes sociaux contribuent à donner un niveau satisfaisant à une majorité de Canadiens.

Il y a par contre des laissés-pour-compte. Pendant que la richissime famille Irving négocie des ententes pour payer moins d’impôts fonciers et rapatrie la plupart de ses profits dans des paradis fiscaux afin d’éviter de payer ses impôts au Canada, des gens vivent dans des tentes à quelques pas du centre-ville de Moncton.

La richesse n’est pas un privilège réservé à tous les Canadiens, bien au contraire.

Un pays où il fait bon vivre. En fait, pas seulement un pays où il fait bon vivre, mais bien LE pays où il fait le mieux vivre dans le monde. Ce n’est pas nous qui le disons, mais plutôt le World Index, qui publie chaque année un classement des meilleurs pays de la planète, selon leur qualité de vie. Le Canada s’est classé au premier rang en 2019, devant la Suède et le Danemark.

Cela dit, ça ne signifie pas que nous ne devons pas aspirer à mieux. C’est dans la nature humaine de toujours chercher à améliorer son sort.

Chaque Canadien qui en a besoin peut être soigné dans un hôpital sans devoir hypothéquer sa maison. N’empêche, nous sommes en droit de nous battre pour sauvegarder nos hôpitaux, pour protéger les services qui y sont offerts et pour être en mesure de rencontrer un médecin sans poireauter des heures dans une urgence.

Le taux de chômage atteint un creux au Canada? Ce n’est pas ainsi partout. Continuons d’exiger de nos gouvernements qu’ils fassent les efforts pour créer des emplois nombreux et surtout payants dans les régions trop souvent ignorées.

Nos dirigeants accordent plus d’importance à l’industrie pétrolière et à ses oléoducs qu’à la lutte aux changements climatiques. Ne craignons pas de nous tenir debout et de réclamer un meilleur avenir pour nos enfants.

Cette dose de réalité et ces nuances apportées, il faut quand même avouer que ceux et celles qui ont vu le jour ici ou qui sont devenus citoyens canadiens après avoir immigré ont gagné à la loterie de la vie. Il n’y a pas de honte, une fois par année, à s’en souvenir.