Deux autres élections et Kevin Vickers, rapidement

La campagne électorale fédérale a enfin pris son erre d’aller au Nouveau-Brunswick, avec la présence lundi et mardi du chef du Parti populaire, Maxime Bernier, et surtout de l’arrivée du libéral Justin Trudeau, mercredi, à Fredericton, à Salisbury et à Moncton.

Pendant que se poursuit cette campagne fédérale, Élections NB est sur le point d’entreprendre ses préparatifs en prévision de deux autres rendez-vous électoraux, dans Sainte-Croix et dans Baie-de-Shediac-Dieppe. Une circonscription appartenait aux progressistes-conservateurs, l’autre aux libéraux. Elles sont vacantes pour des raisons bien différentes.

La première est orpheline depuis le décès du ministre provincial des Affaires intergouvernementales, Greg Thompson. La deuxième le sera officiellement à compter du 7 octobre, au moment du départ de l’ancien premier ministre Brian Gallant.

Le premier ministre Blaine Higgs dispose de six mois pour déterminer à quel moment il appellera les citoyens aux urnes.

Historiquement, l’Acadie Nouvelle privilégie que des élections complémentaires soient déclenchées au plus tôt. L’année dernière, nous avons condamné le gouvernement Gallant, qui avait refusé d’ordonner une partielle dans Campbellton-Dalhousie à la suite du départ du député libéral Donald Arse­neault.

Le siège était vacant depuis le 1er décembre 2017. M. Gallant avait jugé que la date des élections générales néo-brunswickoises (le 24 septembre 2018) était trop rapprochée. Cela ne valait pas la peine de dépenser 150 000$ afin d’organiser un scrutin dans ces conditions, avait tranché le premier ministre.

En conséquence, les citoyens de la circonscription avaient été privés d’un député provincial pendant presque 10 mois. Une situation que nous avions dénoncée en éditorial.

La situation n’est toutefois pas la même aujourd’hui.

D’abord, le Canada est déjà en campagne électorale. Il serait mal venu d’organiser un vote dans deux circonscriptions provinciales, alors même que des candidats fédéraux parcourent la région afin de se faire élire à la Chambre des communes.

De plus, l’un des sièges s’est libéré à la suite d’un décès. Greg Thompson était un homme aimé et respecté, non seulement chez les progressistes-conservateurs, mais aussi chez les libéraux. Ces derniers l’avaient d’ailleurs approché l’automne dernier, dans une tentative de maintenir le gouvernement Gallant au pouvoir.

Il est approprié dans ce cas-ci de laisser un peu de temps s’écouler avant de partir à la recherche d’un successeur. Il n’y a pas péril en la demeure.

L’attente ne doit toutefois pas se prolonger trop longtemps.

En effet, la tentation sera grande pour le gouvernement Higgs, qui est minoritaire, d’attendre le plus longtemps possible avant de pourvoir ces postes.

Baie-de-Shediac-Dieppe est considérée comme étant un château fort libéral. Quand à Sainte-Croix, c’est un secteur qui n’est pas acquis aux progressistes-conservateurs autant qu’on le croirait à première vue. Des libéraux s’y sont déjà fait élire.

Aux dernières élections, le Parti libéral, la People’s Alliance et le Parti vert y ont tous réussi de bons scores, et ce, contre un candidat progressiste-conservateur qui avait pourtant l’avantage d’être très bien connu pour avoir été longtemps député et ministre fédéral dans le gouvernement Harper.

Ne soyons donc pas surpris si le premier ministre Higgs décide de faire preuve de patience et de ne pas jouer la survie de son gouvernement de sitôt. Il pourrait même jeter les dés et déclencher des élections provinciales, comme l’a expliqué le politologue Roger Ouellette dans nos pages, la semaine dernière.

Dans tous les cas de figure, nous souhaitons que les citoyens de Baie-de-Shediac-Dieppe et de Sainte-Croix restent sans député le moins longtemps possible.

Nous croyons aussi que si des élections complémentaires finissent par être déclenchées, le chef libéral Kevin Vickers devra se porter candidat.

Nous comprenons qu’il préfère se faire élire dans sa Miramichi natale. Mais d’ici à ce que cela devienne possible, il doit faire son entrée autrement à l’Assemblée législative.

M. Vickers est resté dans l’ombre suffisamment longtemps. Il est temps qu’il montre à la population de quel bois il se chauffe et que nous apprenions à mieux le connaître, lui et les positions qu’il défendra.

La région de Shediac n’est située qu’à un peu plus d’une heure de route de Miramichi. C’est aussi un siège sécuritaire pour les libéraux. Le moment sera bientôt venu pour Kevin Vickers d’affronter une première fois l’épreuve d’un scrutin.