Un vote crucial: le vôtre

Il y a dix circonscriptions fédérales au Nouveau-Brunswick. Rarement autant d’entre elles n’ont été le théâtre d’une lutte aussi acharnée.

Le taux de participation des électeurs néo-brunswickois aux élections fédérales est en forte baisse depuis longtemps, à l’exception du sursaut survenu il y a quatre ans, en pleine Trudeaumanie. Le taux risque de reprendre une trajectoire descendante, lundi, jour du scrutin.

C’est bien dommage. Et pas seulement parce qu’il est triste de voir autant de gens ne pas remplir leur devoir de citoyen. Le choix des électeurs de la province aura une influence énorme sur la scène nationale.

Les plus récents sondages mettent le Parti libéral et le Parti conservateur au coude à coude. Les deux formations pourraient faire élire à peu près le même nombre de députés.

Plus étonnant encore, ni le Nouveau Parti démocratique, ni le Bloc québécois ne risque de compter sur suffisamment de députés pour disposer de la balance du pouvoir.

Pratiquement tous les scénarios sont possibles. Si le Nouveau-Brunswick accorde sa confiance à huit élus conservateurs, comme en 2011, cela pourrait être suffisant pour permettre aux bleus d’élire plus de députés que les autres partis. Et si au contraire, les libéraux sauvaient les meubles dans des circonscriptions comme Saint-Jean-Rothesay ou Miramichi-Grand Lake, en plus des circonscriptions à majorité francophone? Il s’agirait peut-être de la petite poussée qui permettrait à Justin Trudeau de s’accrocher au pouvoir.

Vous êtes plutôt séduits par le NPD ou le Parti vert? L’une ou l’autre de ces deux formations comptent sur de bons candidats dans des circonscriptions aussi variées que Acadie-Bathurst, Madawaska-Restigouche, Frede­ric­ton, Moncton-Riverview-Dieppe et Beausé­jour. Qui sait si l’élection de l’un ou de quelques-uns de ces candidats ne permettra pas à un tiers parti de détenir la balance du pouvoir et de lui permettre d’adopter certaines de ses priorités?

Il ne s’agit pas d’improbables scénarios inventés pour mettre un peu de piquant dans une campagne électorale au demeurant peu intéressante.

Les chefs des principaux partis politiques jonglent présentement à la stratégie qu’ils utiliseront, dépendamment quelle formation détiendra le plus de sièges et si elle détient suffisamment d’appuis pour gouverner.

Ces réflexions dans les coulisses ne vous passionnent pas? Intéressez-vous plutôt à la course dans votre circonscription.

À moins que vous ne soyez un résidant de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, de Fundy Royal ou de Tobique-Mactaquac, il y a de fortes chances qu’une lutte intéressante se dessine sous vos yeux.

Dans Acadie-Bathurst, le libéral Serge Cormier fait face à un candidat néo-démocrate sérieux en Daniel Thériault. Dans Madawaska-Restigouche, le libéral René Arseneault doit repousser les assauts du conservateur Nelson Fox, mais aussi du populaire chanteur country Louis Bérubé, qui tente de brouiller les cartes au nom du Parti vert.

Dans Moncton-Riverview-Dieppe, la libérale Ginette Petitpas Taylor fait face à une opposition plus forte que prévu, gracieuseté de la conservatrice Sylvie Godin-Charest ainsi que de Claire Kelly, du Parti vert.

Le seul fait que la ministre de la Santé du Canada éprouve certaines difficultés dans une circonscription qui vote libéral la plupart du temps démontre à quel point les troupes de Justin Trudeau éprouvent des difficultés dans le sud du Nouveau-Brunswick.

C’est sans compter la situation dans Beauséjour, l’un des châteaux fort libéraux les plus sûrs au Canada. Dominic LeBlanc est un député populaire, un ministre fort et l’un des hommes de confiance du premier ministre Trudeau. Mais il n’a pas pu faire campagne en raison de la maladie.

Ses adversaires en profitent pour marquer des points. Les libéraux sont inquiets et ont même délégué l’ancien premier ministre Jean Chrétien dans la circonscription, vendredi!

Ajoutez à cela des députés libéraux sortants qui ont remporté de larges majorités il y a quatre ans et qui se battent bec et ongles contre des adversaires coriaces dans Saint-Jean-Rothesay, dans Miramichi-Grand Lake et dans Fredericton, et tous les éléments sont en place pour une soirée électorale excitante.

Votre vote compte.

Il compte dans votre circonscription. Et il comptera aussi plus que jamais au moment de constater le nombre de députés élus de chaque parti, le soir du 21 octobre.

La campagne électorale a été décevante. L’anecdotique a pris la place des grands enjeux nationaux. Le Nouveau-Brunswick a été largement ignoré.

Ce n’est pas une raison pour rester à la maison le jour du scrutin. Trop d’éléments dépendent de l’endroit où nous inscriverons notre X sur le bulletin de vote.

Votez libéral, conservateur, néo-démocrate, vert ou pour un candidat indépendant ou sous une autre bannière.

Mais allez voter!