Deux ministres pour le N.-B.

Les élections fédérales sont choses du passé. Les libéraux sont désormais à la tête d’un gouvernement minoritaire. Leur première mission: former un nouveau conseil des ministres. Nous souhaitons voir des Néo-Brunswickois y occuper encore une fois des rôles importants.

Justin Trudeau a décidé de prendre son temps avant d’annoncer ses choix. Entre le Québec qui réclame plus d’influence, l’Ontario qui l’a reconduit au pouvoir et les électeurs de l’Alberta et de la Saskatchewan qui n’ont élu aucun député libéral, la tâche du premier ministre est délicate.

Quelle place réservera-t-il au Nouveau-Brunswick au sein de son cabinet?

Historiquement, notre province a toujours pu compter au minimum sur un ministre fédéral. À celui-ci s’ajoute souvent un deuxième ministre ou un ministre d’État, de même que des secrétaires parlementaires.

Certains ministres néo-brunswickois ont joui d’une influence considérable. Bernard Valcourt a été l’un des principaux lieutenants du premier ministre conservateur Brian Mulroney avant sa démission du conseil des ministres, en 1989.

On peut en dire autant du libéral Doug Young, qui a été l’un des ministres les plus puissants de Jean Chrétien jusqu’à sa défaite électorale aux mains du néo-démocrate Yvon Godin, en 1997.

À l’inverse, le Nouveau-Brunswick a rarement été aussi peu considéré qu’à la suite des élections fédérales de 2006, quand Stephen Harper a nommé Greg Thompson à la tête du plus petit ministère fédéral, celui des Anciens Combattants. En 2011, les conservateurs ont fait élire huit députés dans notre province, ce qui a convaincu M. Harper d’ajouter un deuxième ministre, Keith Ashfield (Pêches et Océans).

M. Ashfield a démissionné du Cabinet pour des raisons de santé en 2013. Bernard Valcourt, qui était alors ministre d’État, a ensuite été promu à titre de ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord.

Au cours des quatre dernières années, l’Acadie a eu la chance de compter sur des voix fortes au sein du Cabinet Trudeau.

Dominic LeBlanc est un ami et un homme de confiance du premier ministre. Il a été leader du gouvernement à la Chambre des communes et ministre des Pêches et des Océans. Quand les relations entre le gouvernement fédéral libéral et les provinces se sont détériorées à la suite de l’élection de plusieurs premiers ministres conservateurs, M. Trudeau s’est tourné à nouveau vers M. LeBlanc en le nommant ministre des Affaires intergouvernementales.

Il était le seul ministre néo-brunswickois aux Communes jusqu’en 2017, quand Ginette Petitpas Taylor a succédé à Jane Philpott, partie dans la controverse, en tant que ministre de la Santé.

Nous souhaitons voir le premier ministre Trudeau poursuivre dans cette veine.

Mme Petitpas Taylor a bien manoeuvré dans des dossiers complexes, avec au premier rang la légalisation du cannabis. En prime, Justin Trudeau a annoncé à nouveau son intention de mettre sur pied un conseil des ministres paritaire, ce qui devrait favoriser la députée de Moncton-Riverview-Dieppe.

La place de Dominic LeBlanc au Cabinet est assurée, à moins que la maladie ne l’empêche de poursuivre ses activités.

Si ce triste scénario devait s’avérer, nous souhaitons voir le premier ministre accorder une promotion à un autre élu de notre province. Il peut compter sur six députés libéraux, lesquels ont tous quatre années d’expérience derrière la cravate. Une personne comme le député d’Acadie-Bathurst Serge Cormier, qui a fait ses preuves comme secrétaire parlementaire à Pêches et Océans, à l’Immigration ainsi qu’à la Défense nationale, devrait alors être considérée.

Une option pourrait être de lui confier la responsabilité de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique.

Le portefeuille de l’APÉCA avait été accordé en 2015 à un Ontarien, le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Dévelop­pement Navdeep Singh Bains.

Nous croyons que nous serions mieux servis par un ministre ou un ministre d’État qui réside en Atlantique et qui connaît mieux notre économie et notre réalité que n’importe quel élu de Toronto.

Avec 26 députés libéraux fédéraux en Atlantique, Justin Trudeau a suffisamment de gens compétents et qualifiés sur lesquels s’appuyer pendant son deuxième mandat.

La région de l’Atlantique forme l’un des derniers bastions du Parti libéral au Canada. Elle n’a fait élire qu’une dizaine de députés libéraux de moins que dans tout le Québec. Notre région compte sur le troisième plus gros bloc rouge au pays, loin devant les 11 députés britannico-colombiens et les quatre des provinces des Prairies (tous au Manitoba).

Cela doit se refléter dans la composition du Cabinet. Le premier ministre ne doit pas tenir le Nouveau-Brunswick et l’Atlantique pour acquis ni surreprésenter à notre détriment d’autres régions où il espère réaliser des gains lors de futures élections.