2020, une année électorale

Des élections provinciales ont eu lieu en 2018 et des élections fédérales en 2019. Ceux qui n’aiment pas la politique devront prendre leur mal en patience, 2020 sera aussi une année électorale. Ne reste qu’à savoir si tous les Néo-Brunswickois seront appelés aux urnes ou si le privilège sera réservé aux citoyens de Sainte-Croix et de Baie-de-Shediac-Dieppe.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick est dirigé par le Parti progressiste-conservateur. Il est minoritaire, mais l’appui des trois députés de la People’s Alliance lui permet d’agir comme s’il était majoritaire.

L’Assemblée législative compte 21 députés progressistes-conservateurs et trois députés alliancistes, pour un total de 24. De l’autre côté de la législature, nous retrouvons 19 députés libéraux et trois députés verts, pour un total de 22.

Le président de l’Assemblée législative est un libéral, Daniel Guitard. Il pourrait être appelé à démissionner de son poste si son chef Kevin Vickers l’exige.

Il y a aussi deux sièges vacants depuis la démission du libéral Brian Gallant et le décès du progressiste-conservateur Greg Thompson.

Le premier ministre Blaine Higgs a révélé qu’il annoncera en mars la date des élections partielles. Il jouera alors la survie de son gouvernement.

Si les libéraux remportent Sainte-Croix, comme ils l’ont fait pas plus tard qu’en 2014, M. Higgs réclamera la dissolution de la chambre. Le Nouveau-Brunswick tombera alors en campagne électorale pour la quatrième fois en moins de deux ans (deux fois au provincial, une fois au fédéral et une fois au municipal).

Un autre scénario possible serait la dissolution de l’entente entre la People’s Alliance et le Parti progressiste-conservateur, laquelle permet à ce dernier de gouverner. L’entente est censée prendre fin en avril.

L’Alliance est une formation qui regroupe des extrémistes. Par définition, ceux-ci ne sont pas aptes au compromis et pourraient perdre patience.

C’est toutefois peu probable. La People’s Alliance jouit présentement d’une influence inégalée pour un tiers parti au Nouveau-Brunswick. Son chef a l’oreille du premier ministre sur une foule de politiques. Il n’a aucun intérêt à faire tomber le gouvernement.

Nous ignorons quelles sont les intentions du gouvernement Higgs. Nous l’invitons toutefois à se brancher rapidement.

Les citoyens de Sainte-Croix et de Baie-de-Shediac-Dieppe ont droit eux aussi à être représenté par un député. On ne doit pas les priver de cela indéfiniment en raison des impératifs politiques du parti au pouvoir.

Le gouvernement Gallant a agi de cette façon en 2018. Les citoyens de la circonscription de Campbellton-Dalhousie ont été ainsi sans représentation à Fredericton pendant près de 10 longs mois, à la suite de la démission du député Donald Arseneault jusqu’au déclenchement des élections générales.

Avec le recul, les libéraux reconnaîtront sans doute qu’il s’agissait d’une erreur stratégique. Une victoire dans Campbellton-Dalhousie aurait pu donner l’image que le gouvernement Gallant avait le vent dans les voiles et favoriser sa réélection.

Reconnaissons toutefois que l’enjeu est plus grand pour le gouvernement Higgs.

La People’s Alliance s’est dotée d’un candidat vedette (Rod Cumberland). Celui-ci pourrait fort bien remporter Sainte-Croix ou provoquer la division du vote, favoriser l’élection d’un candidat libéral et mener indirectement à la chute du gouvernement.

Cette incertitude ne sert toutefois personne. Nous croyons que des élections complémentaires doivent avoir lieu au plus vite, avant les élections municipales du 11 mai.

Une victoire des progressistes-conservateurs dans Sainte-Croix leur donnerait une plus grande légitimité pour entreprendre les réformes promises en santé et en gouvernance locale. De plus, une victoire de Kevin Vickers dans Baie-de-Shediac-Dieppe lui permettrait de faire ses débuts en tant que député.

Et si les libéraux devaient remporter les deux circonscriptions? Le Nouveau-Bruns­wick au complet basculerait sans doute en campagne électorale. Ce ne serait rien de particulièrement exceptionnel, la durée de vie moyenne des gouvernements minoritaires au Canada étant d’environ 18 mois.

Et puis, soyons honnêtes. N’importe quel scénario qui mènerait à l’élection d’un gouvernement progressiste-conservateur, libéral ou vert et qui assumerait le pouvoir sans la People’s Alliance serait une importante amélioration par rapport au statu quo.

Ne plaçons toutefois pas la charrue devant les boeufs. Le plus urgent reste encore de permettre aux gens de Baie-de-Shediac-Dieppe et de Sainte-Croix de compter sur un député, comme c’est le cas pour tous les autres Néo-Brunswickois.

Brian Gallant a démissionné le 7 octobre. Greg Thompson est mort le 10 septembre. Leurs sièges sont vacants depuis respectivement trois et quatre mois. Il n’y a pas de raison pour que cette situation perdure.

L’attente a assez duré.