Prêts, pas prêts pour le Covid-19

Le Covid-19 continue de se propager à travers le monde. Le Canada n’est pas à l’abri. Le Nouveau-Brunswick non plus. Les autorités publiques sont-elles prêtes à faire face à l’épidémie? Jusqu’à un certain point seulement.

La propagation du coronavirus à travers le monde a jusqu’à maintenant eu des effets insoupçonnés. Des événements sportifs majeurs (tournois de soccer, championnat du monde de hockey féminin, etc.) ont été annulés, le prix du pétrole a chuté, les marchés boursiers s’effondrent… Tout ça pour un virus qui fait pourtant moins de victimes que la grippe.

Les autorités prennent toutefois le problème au sérieux, et avec raison. Ce n’est que le début. Si le Covid-19 devait se propager au point de devenir une pandémie, les conséquences pourraient être encore plus graves.

Des premiers cas ont été diagnostiqués au Canada, la plupart en Colombie-Britannique, mais aussi quelques-uns dans d’autres provinces, dont le Québec voisin. C’est sans doute une question de temps avant que le Nouveau-Brunswick ne soit touché.

Pas très rassurant, n’est-ce pas?

Cela signifie-t-il que nous sommes condamnés à mettre des villes entières en quarantaine, comme la Chine l’a fait? Devrons-nous imiter l’Italie, qui a mis en quarantaine le quart de son territoire?

Nous n’en sommes pas encore là.

Si le Nouveau-Brunswick moderne n’a jamais fait face à une pandémie comme celle qui est possiblement en train de s’annoncer, il a montré par le passé savoir réagir quand surgit une menace.

À l’automne 2009, le Canada a été emporté par la frénésie de la grippe A (H1N1). Les autorités du N.-B. ont recensé près de 1900 cas, 168 hospitalisations et huit décès. Surtout, une campagne de vaccination massive a permis d’immuniser les deux tiers de la population de la province. Un grand succès en matière de santé publique.

La lutte contre une épidémie, c’est aussi un travail d’enquête. Quand une personne est atteinte, il faut découvrir rapidement comment elle a attrapé le virus et qui sont les personnes avec qui elle est entrée en contact pour éviter que celles-ci ne le propagent à leur tour.

Le Nouveau-Brunswick compte sur une médecin-hygiéniste en chef (Dre Cristin Muecke, qui occupe le poste par intérim) ainsi que sur un réseau de médecins-hygiénistes régionaux.

C’est l’un d’eux, le Dr Yves Léger, qui a coordonné la réponse du ministère de la Santé à l’éclosion de légionellose à Moncton, l’été dernier. Une équipe a mené l’enquête, a découvert la source du problème (une tour de refroidissement dans un édifice de l’ouest de la ville), s’est assurée que les personnes atteintes soient hospitalisées et a pris des mesures pour la situation ne perdure pas.

En moins d’un mois, tout était réglé, sans que personne ne perde la vie.

Évidemment, le danger de contagion n’était pas le même. Contrairement au Covid-19, la légionellose ne se transmet pas de personne en personne.

Néanmoins, les autorités de la santé publique ont démontré une nouvelle fois qu’elles savaient réagir rapidement et de façon compétente.

En ce qui a trait au coronavirus, le gouvernement est pour le moment en mode préventif. Les élèves néo-brunswickois, leur famille et les membres du personnel qui ont voyagé à l’extérieur du pays devront se tenir loin des écoles et des garderies pendant au moins 14 jours.

Cela dit, nous vivons dans un monde interconnecté. Les gens et les produits voyagent plus que jamais dans l’histoire de l’humanité. Des épidémiologistes prévoient que plus de la moitié de la population des États-Unis pourrait être atteinte par le Covid-19 au rythme où vont les choses.

Dans un tel scénario, il est illusoire de penser que le virus s’arrêterait aux postes-frontière d’Edmundston ou de Saint-Léonard.

Que pouvons-nous faire? D’abord, écouter les conseils des autorités sanitaires et prendre les mêmes précautions que pour la grippe saisonnière, comme par exemple se laver souvent les mains et tousser dans le pli de son coude. Vous faites cela pour vous protéger et, surtout, pour protéger les autres.

Cela signifie aussi obéir aux directives, comme celle en vigueur dans les écoles présentement. D’autres suivront si la situation devait s’aggraver.

Pour les gouvernements, il est important de continuer de prendre la menace au sérieux, même si celle-ci semble pour l’instant bien faible et lointaine.

C’est aussi un rappel de l’importance du rôle du médecin-hygiéniste en chef au Nouveau-Brunswick. Le gouvernement Gallant a congédié la Dre Eilish Cleary en 2015, présumément pour la bâillonner en raison de ses recherches sur le glyphosate.

Ce poste doit être véritablement indépendant. Il doit être doté de toutes les ressources pour faire face aux menaces à la santé publique: autant celles qui sont prévisibles que celles qui apparaîtront à l’avenir.