Les Néo-Brunswickois le méritent

Le Nouveau-Brunswick passe à la deuxième phase de son déconfinement. Une étape mieux présentée et moins confuse que la précédente, qui a été annoncée il y a deux semaines. Nous sommes sur la bonne voie pour retrouver un début de semblant de normalité.

Le Nouveau-Brunswick entreprend officiellement la phase 2, aussi surnommée la phase orange.

Celle-ci avait en fait été annoncée en conférence de presse le vendredi 24 avril. Tous les chefs de partis politiques représentés à l’Assemblée législative avaient participé à son dévoilement.

Il est toutefois rapidement devenu clair que le plan avait été présenté trop rapidement. Dès le lendemain, le gouvernement provincial dévoilait des précisions. Les tableaux diffusés par le gouvernement étaient déjà caducs. Une nouvelle phase “transitoire” s’était ajoutée. Des commerçants qui croyaient pouvoir ouvrir leurs portes apprenaient qu’ils devaient finalement patienter.

Il y a toutefois une bonne nouvelle.

Dans les deux dernières semaines, le gouvernement a pu mettre un peu d’ordre dans son système de phases, de couleurs et de déclencheurs, si bien qu’on y voit aujourd’hui un peu plus clair.

Les résultats exceptionnels du Nouveau-Brunswick dans sa lutte contre la pandémie (seulement deux cas actifs présentement dans toute la province) justifieraient normalement que l’on passe directement à la phase jaune, la dernière avant le retour ultime à la normale à la suite de la découverte hypothétique d’un vaccin.

Nous faisons toutefois face à un ennemi dont on connaît somme toute peu de chose et qui est extrêmement contagieux. Le gouvernement Higgs et la Santé publique préfèrent jouer encore une fois d’extrême prudence. Nous n’allons certainement pas le leur reprocher. Les exemples du Québec et de la Nouvelle-Écosse nous montrent à quel point il est facile de perdre le contrôle.

Cela dit, la décision de lâcher un peu de lest est la bonne. Avec le retour du beau temps et l’absence de personnes atteintes de la COVID-19 dans la plupart des régions de la province, il y a des limites à forcer la population à rester dans la maison.

La vie doit reprendre son cours, même si cela se fera avec des limites qui auraient été inimaginables il y a trois mois.

La phase orange est surtout importante du point de vue économique. Elle permet en effet la reprise de plusieurs secteurs d’activité, quoique sous de nombreuses conditions.

Les bureaux, les restaurants, les commerces et les centres commerciaux peuvent rouvrir leurs portes, à condition d’avoir un plan pour limiter les risques de propagation. Cela signifie généralement une fenêtre de plexiglas au comptoir, accueillir moins de clients à la fois, afin de respecter la distanciation sociale, et beaucoup de nettoyage et de désinfection.

Il était important d’aller dans cette direction. L’économie néo-brunswickoise a besoin d’un peu d’oxygène. Nos entreprises reçoivent moins d’aide que celles d’autres provinces plus riches. Elles sont souvent plus petites et ont les reins moins solides qu’ailleurs.

Évidemment, l’économie ne doit pas avoir préséance sur la santé publique.

Ce n’est pas le cas ici. La pandémie est en contrôle, grâce aux efforts collectifs de tous les Néo-Brunswickois. C’est ce qui nous permet de rouvrir progressivement les commerces, mais aussi les parcs, les bibliothèques ainsi que d’offrir à nouveau des services de santé comme les chirurgies non urgentes, les cliniques, les soins de dentisterie, d’optométrie, etc.

Tout cela, sans à première vue mettre en danger la santé, la sécurité et la vie de quiconque.

Néanmoins, les deux prochaines semaines seront cruciales.

Nous allons tous ensemble découvrir à quel point il est possible de se retrouver en petits groupes (à l’extérieur, à deux mètres de distance) ou de retourner manger dans un restaurant sans propager la maladie.

Ces deux semaines nous permettront de savoir à quel point il nous est possible de cohabiter dans un monde où la COVID-19 n’est jamais bien loin. Il n’est par exemple pas impossible que les visites aux personnes vulnérables deviennent éventuellement permises. Cela n’est pas sans risque. Parlez-en aux résidents du foyer Northwood de Halifax, où une quarantaine de résidents ont perdu la vie depuis que le coronavirus s’y est infiltré.

Néanmoins, la Santé publique fait bien de desserrer l’étreinte. Les Néo-Brunswickois le méritent.

Nous avons bien respecté les directives, au point où le coronavirus est (pour le moment) presque inexistant dans la province.

Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve. Nous ne savons pas si nous serons frappés plus durement par une prochaine vague de contagion.

Ce qui est clair, toutefois, c’est que nous avons mérité la confiance de la Santé publique, avec à la clef une récompense, celle de voir la vie économique et communautaire reprendre tranquillement ses droits.