L’avenir politique du N.-B. est entre vos mains

Nous y voilà enfin. Après 28 jours de campagne, le moment est venu pour des dizaines de milliers de Néo-Brunswick de faire leur devoir de citoyen. Les raisons pour ne pas voter sont nombreuses: pandémie, absence d’enjeux majeurs, désabusement. Allez-y quand même!

Un mot, d’abord, afin d’exprimer à quel point Élections NB est en train de réaliser un exploit exceptionnel.

Plus de 130 000 personnes ont déjà voté. Un plus grand nombre encore le feront toute la journée de lundi. Cela se fait en pleine pandémie, mais de façon sécuritaire, sans nouvelle éclosion de COVID-19 et sans faire attendre les électeurs en file pendant de longues heures. En prime, tout cela a été organisé dans un court préavis, alors que les élections ont été déclenchées de façon précipitée.

Cette campagne électorale aurait pu être un désastre. À moins d’une grande surprise, elle sera au contraire un grand succès.

Il ne reste maintenant plus qu’une étape, mais non la moindre: le jour du scrutin. Nous invitons tous les Néo-Brunswickois qui n’ont pas encore voté à y aller en grand nombre.

Votre vote compte. Et peut-être plus que vous ne le pensez!

Les progressistes-conservateurs étaient en avance depuis le début de la campagne et semblaient voguer facilement vers une majorité. Mais un sondage de la firme Ekos, dévoilé dimanche matin, laisse entrevoir que ceux-ci et les libéraux seraient désormais au coude à coude dans les intentions de vote. Les libéraux auraient notamment effectué une remontée dans la région de Fredericton, où ils ne disposent présentement que d’un seul siège.

Si les progressistes-conservateurs restent favoris, la partie n’est pas encore jouée. Les libéraux peuvent causer la surprise.

Mais tous ces sondages, ces probabilités et ces suppositions ne signifient rien du tout si vous ne prenez pas la peine d’aller voter.

Vous croyez peut-être qu’un gouvernement Higgs est une menace pour les francophones et les régions rurales, qu’il éliminera des services de santé dans votre hôpital et qu’il serait dangereux de lui donner carte blanche avec une majorité. Allez voter!

Vous estimez plutôt que Blaine Higgs a dirigé la province d’une main de maître, que le Nouveau-Brunswick a besoin de stabilité, que les libéraux sont trop dépensiers et qu’il faut à Fredericton un premier ministre capable de gérer les finances publiques de façon responsable? Allez voter!

Il est aussi possible que vous jugez que le moment est venu d’envoyer un avertissement aux deux partis traditionnels qui se partagent le pouvoir depuis toujours au Nouveau-Brunswick. Si c’est le cas, allez voter! Vous êtes choyés. Jamais les tiers partis n’ont été aussi forts dans notre province. Le Parti vert présente plusieurs candidats crédibles et qui n’ont rien à voir avec les candidats poteaux qui sont normalement présentés un peu partout sur le territoire.

Ajoutons aussi qu’il y a plus d’une façon de déterminer la façon dont vous allez voter. À moins d’être résident de la circonscription de Quispamsis, de Miramichi ou de Fredericton-Sud, vous ne verrez pas apparaître le nom de Blaine Higgs, de Kevin Vickers ou de David Coon sur votre bulletin de vote.

Vous lirez par contre le nom d’hommes et de femmes qui sont déterminés à faire progresser leur région et à défendre vos intérêts à Fredericton. Cela prend beaucoup de détermination, de volonté et de courage pour choisir la vie publique. La moindre des choses est de prendre quelques minutes de votre temps pour écrire un petit X, dans le secret de l’isoloir, à côté du nom de l’une ou l’un d’entre eux.

Un rappel que, comme à chaque élection, l’Acadie Nouvelle ne donne pas son appui en éditorial à un parti ou à des candidats.

Nous avons critiqué le gouvernement Higgs au cours des deux dernières années, comme nous l’avions fait auparavant avec les gouvernements Gallant, Alward, Graham et ceux qui les ont précédés, et comme nous continuerons à le faire avec la nouvelle administration, peu importe sa couleur.

Un recul de la People’s Alliance ou, mieux encore, la défaite de tous ses candidats serait toutefois une bonne nouvelle et contribuerait à assainir le climat linguistique dans la capitale provinciale.

Nous exprimons aussi un souhait. Peu importe si Blaine Higgs est reporté au pouvoir ou s’il doit laisser sa place à Kevin Vickers, la prochaine administration devra faire un effort pour se rapprocher des francophones et des Acadiens. Nous avons eu trop souvent l’impression, au cours des dernières années, que les besoins et les attentes des régions à majorité francophone, en particulier du Nord, ont été balayés du revers de la main.

Ça doit changer.