Maritime Bus: la solution passe par Fredericton

Les rebondissements se bousculent dans le dossier des trajets du Nord de Maritime Bus. Après avoir initialement démontré son désintérêt, voilà que le premier ministre Blaine Higgs fait preuve d’ouverture. C’est une bonne nouvelle. Un compromis satisfaisant ne pourra être négocié si Fredericton ne s’en mêle pas.

Maritime Bus a annoncé au début du mois qu’elle suspendait indéfiniment ses activités dans le nord du Nouveau-Brunswick afin de réduire les pertes de revenus provoquées par la COVID-19. Le service d’autobus entre Edmundston et Fredericton de même que celui entre Campbellton et Moncton devaient prendre fin vendredi.

Grâce à l’Association francophone des municipalités du N.-B., qui a pris cet enjeu en main, Maritime Bus a repoussé sa décision de deux semaines.

La bataille pour maintenir le service d’autobus interurbain est importante. VIA Rail et Air Canada ont déjà déserté les lieux. Avec la fin du service d’autobus, le Nord serait plus isolé que jamais.

Nous ne pouvons pas blâmer Maritime Bus. La pandémie a été sans pitié.

Le nombre de passagers de la route Campbellton-Shediac a diminué de plus de moitié. La chute a été encore plus prononcée pour le trajet Edmundston-Woodstock.

Cela a d’abord été accueilli dans l’indifférence à Fredericton. Le transport en commun, qu’il soit urbain ou interurbain, n’est pas une priorité pour le gouvernement Higgs.

Le gouvernement fédéral a mis sur pied le programme Relance sécuritaire, lequel prévoit des fonds visant à aider les municipalités à faire face aux effets de la pandémie (la part dédiée aux municipalités néo-brunswickoises est de 41,1 millions $), de même qu’un volet spécifique au transport en commun.

Le gouvernement Higgs a levé le nez sur l’argent fédéral alloué au transport en commun. Face au tollé, il a ensuite pigé des fonds dans l’enveloppe réservée à toutes les municipalités de la province afin d’aider spécifiquement celles qui offrent un service d’autobus.

Codiac Transpo, Saint-Jean, Fredericton et Miramichi se partagent ainsi 1,5 million $.

Les critères du programme fédéral sont larges afin de permettre à un maximum de municipalités et de sociétés de transport en commun d’avoir accès à l’argent.

Il est ainsi permis de croire qu’il pourrait être possible de piger dans l’enveloppe afin d’appuyer Mari­time Bus pendant la crise. Sinon, rien n’empêche le gouvernement provincial d’utiliser ses propres programmes d’aide aux entreprises afin d’intervenir.

Le premier ministre Higgs a d’abord envoyé une fin de non-recevoir. Il n’a démontré aucune volonté d’agir, ne montrant même pas d’intérêt à approcher le fédéral.

C’est l’AFMNB qui a permis à la balle de rouler, en explorant la possibilité que les municipalités puissent utiliser une partie de l’argent fédéral qui leur est destiné afin d’appuyer Maritime Bus.

Les premières réponses sont encourageantes. Certai­nes d’entre elles ont déjà signifié qu’elles étaient favorables à cette option. Mais pour que cela fonctionne, il faut que le provincial fasse sa part. Et les municipalités ont déjà indiqué qu’elles n’assumeront pas seules la facture.

Il faut que le gouvernement Higgs fasse preuve de leadership et devienne un partenaire.

Jusqu’à jeudi après-midi, les chances semblaient minces. Nous avons toutefois eu droit depuis à un revirement de situation.

Pour la première fois, Blaine Higgs a affirmé que le Nouveau-Brunswick pourrait piger dans les fonds fédéraux qui lui ont été accordés afin de lutter contre les effets de la pandémie, et ce, afin de venir en aide à Maritime Bus.

Le ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale, Daniel Allain, s’est mêlé du dossier, ce qui nous laisse croire qu’une solution est à portée de main dans la capitale.

C’est une bonne chose. Il n’était pas normal que le gouvernement Higgs agissait comme si tout cela ne le concernait pas. Il doit intervenir, comme il a fini par le faire pour protéger le transport en commun dans les principales villes de la province.

Tout est loin d’être réglé. Il n’est pas certain qu’un nombre suffisant de municipalités embarqueront dans le projet. Ce n’est après tout pas leur rôle de financer le transport interurbain.

Nous ne savons pas non plus si cette ouverture du gouvernement, à minuit moins une, mènera bien à un engagement concret.

Nous croyons toutefois que tous ces gens, et en particulier ceux de l’administration Higgs, ont une obligation de résultat.

Il n’est pas question d’abandonner le dernier service qui relie le Nord au reste de la province et du pays.