Un plan pour desserrer l’étau

Le gouvernement provincial a présenté son plan de vaccination le plus complet à ce jour. Il manque par contre un élément crucial à celui-ci: un calendrier de retour à la normale.

Après quelques semaines d’accalmie en raison de problèmes de production, les compagnies pharmaceutiques commencent à envoyer des vaccins en grande quantité.

Le Canada recevra 4 millions de doses d’ici la fin mars. Celles-ci étant distribuées au prorata de la population, le Nouveau-Brunswick peut s’attendre à obtenir environ 80 000 doses de ce précieux produit. Ce n’est pas suffisant pour vacciner toute la population, d’où l’obligation d’établir des priorités.

Le gouvernement Higgs et la Santé publique ont finalement dévoilé un plan plus détaillé. Vous êtes âgés de plus de 70 ans, vous êtes dentiste, vous avez des problèmes de santé chronique ou vous faites partie du personnel scolaire? Il vous est maintenant possible de savoir à peu près quand votre tour viendra d’être vacciné.

Le plan néo-brunswickois n’est pas aussi précis et complet que celui présenté par le Québec. Alors que notre voisin a déjà mis en place un système de rendez-vous, nous ignorons comment la Santé publique du N.-B., rejoindra, par exemple, les personnes âgées de 85 ans et plus. Une directive indiquera comment s’inscrire quelque part en mars. Les raisons de ce retard par rapport au Québec ne sont pas claires.

Le gouvernement ne tient pas compte non plus de critères géographiques dans sa campagne de vaccination.

C’est une erreur.

Toutes les régions ne sont pas touchées de la même façon par la COVID-19. Un centre de services comme Moncton, où on retrouve le seul aéroport international de la province, de même que des régions frontalières comme le Madawaska et le Restigouche, sont plus susceptibles de vivre d’autres éclosions que certaines zones relativement épargnées depuis le début de la pandémie.

C’est sans oublier que le Madawaska et en particulier le Restigouche subissent un impact économique et humain disproportionné, en raison de la fermeture partielle de la frontière avec le Québec.

Le gouvernement Higgs et la Santé publique doivent tenir compte de leur situation particulière et intensifier les efforts d’immunisation dans ces deux endroits.

Face à la COVID-19, toutes les régions ne sont pas égales. Certaines souffrent plus que d’autres.

S’il n’y a pas d’autres soubresauts dans la distribution et si la campagne de vaccination prend rapidement son erre d’aller, plus de la moitié de la population de la province sera immunisée au début de l’été. Toutes les personnes qui souhaiteront se faire vacciner pourront l’être d’ici septembre.

Cela survient au moment où la courbe de propagation a de nouveau été écrasée, à la suite des multiples éclosions qui ont suivi les vacances des Fêtes. La Santé publique n’a rapporté mardi aucun nouveau cas de COVID-19 dans toute la province.

C’était la première fois que ça arrivait en plus de deux mois. Le nombre de cas actifs continue de fondre, et ce, au moment où le nombre de personnes vaccinées s’apprête à augmenter considérablement.

Malgré cela, l’ensemble de la province demeure en phase orange du plan de rétablissement. Fredericton continue d’agir comme si la situation était hors de contrôle.

Cette prudence est compréhensible. La COVID-19 a fait 26 victimes dans la province depuis le début de la pandémie. Une éclosion dans le Manoir Belle Vue d’Edmundston a coûté la vie à sept personnes. Des centaines de gens ont été infectées par le coronavirus après que nous ayons collectivement baissé la garde pendant les vacances de Noël.

Cela dit, il n’y a rien de plus facile que de tout interdire. Cela prend cependant de la vision et du leadership pour s’adapter à une situation qui évolue sans cesse.

Il n’y a plus de raison pour maintenir toutes les régions en phase orange. Il n’est plus justifié de rendre la frontière avec le Québec encore plus étanche, au point d’interdire aux proches aidants de s’occuper d’un proche ou aux élèves de Listuguj de fréquenter leur école à Campbellton. Il n’est pas acceptable d’expulser d’un hôpital quelqu’un qui a commis le “crime” d’avoir tenu la main de son époux hospitalisé.

Nous comprenons qu’à la veille du congé scolaire de mars, les autorités craignent que la situation se détériore à nouveau très rapidement.

Néanmoins, la situation a évolué. Le nombre de nouveaux cas chaque jour est minime. Les efforts de vaccination s’accélèrent. Des cliniques auront lieu dans près de 200 foyers de soins au cours des prochains jours.

Nous croyons qu’il est temps de desserrer quelque peu les restrictions en vigueur. Cela ne signifie pas de mettre fin à tous nos efforts, abandonner le port du masque ou quoi que ce soit du genre. Le moment est toutefois venu de donner un peu d’oxygène à l’économie et à nos régions.