La route vers la phase verte

Le Nouveau-Brunswick est désormais en phase jaune de rétablissement de la pandémie. Il faudrait plutôt dire jaune foncé, les restrictions étant bien plus sévères que celles qui étaient en vigueur cet été. Néanmoins, nous pouvons enfin commencer à entrevoir l’après-pandémie.

L’Acadie Nouvelle a publié le 25 février un éditorial intitulé «Un plan pour desserrer l’étau», dans lequel nous avions invité la Santé publique et le gouvernement provincial à changer leur état d’esprit. Cela ne signifie pas qu’il faut mettre fin à nos efforts pour éviter la propagation du coronavirus. Le moment est toutefois venu de réduire quelque peu les restrictions en vigueur et de redonner un peu d’oxygène à nos régions, avions-nous alors écrit.

Moins de deux semaines ont passé depuis et les nouvelles sont bonnes.

Le fait que la province au complet est passée en phase jaune – et non seulement les régions les moins touchées par la pandémie – montre à quel point la Santé publique a confiance en son plan et en la capacité d’adaptation de la population néo-brunswickoise.

Il y a encore des éclosions qui surviennent ici et là (dont une nouvelle à l’hôpital d’Edmundston). Des variants plus contagieux ont fait leur apparition, notamment dans la Miramichi. Chaque jour continue d’apporter son lot de nouveaux cas.

La situation reste toutefois généralement sous contrôle. Il y a eu lundi cinq nouveaux cas. La Santé publique n’est pas débordée dans ses efforts de traçage et de dépistage, comme le montre le succès de la clinique de dépistage de masse qui a été établie à Miramichi il y a quelques jours.

Il existe toujours une possibilité que le scénario des Fêtes se répète et que des centaines de personnes soient contaminées en quelques jours. Qui sait, peut-être découvrirons-nous dans quelques jours que la COVID-19 a fait des ravages pendant le congé scolaire de mars?

À mesure que les jours et les semaines passeront, cela deviendra toutefois de moins en moins probable. Pourquoi? La réponse tient en un seul mot: vaccination.

Le Canada recevra d’ici la fin du mois quelque 8 millions de doses de trois vaccins contre la COVID-19.

Au Nouveau-Brunswick, les efforts de vaccination ont jusqu’à maintenant été très limités. En date du 5 mars, à peine 2,8% de notre population avait reçu au moins une dose de vaccin. Il s’agit de l’un des plus bas taux au pays. À titre comparatif, ce taux était alors de 6% au Québec et de 5% en Saskatchewan.

Tout cela est sur le point de changer.

Le Nouveau-Brunswick recevra près de 30 000 doses de vaccin cette semaine et un peu plus de 40 000 doses la semaine prochaine. Ce rythme va continuer de s’accélérer, si bien que d’ici la fin du mois, un Néo-Brunswickois sur 5 pourra être vacciné, y compris la majorité de nos citoyens les plus vulnérables.

Cela ne fera pas disparaître la COVID-19. Cela réduira cependant le nombre d’éclosions et surtout le nombre de victimes, de même que la facilité du virus à se propager. L’expérience de l’été 2020 nous révèle aussi que le nombre de personnes atteintes par cette maladie risque d’être moins élevé durant les mois chauds que durant l’hiver, quand nous passons plus de temps à l’intérieur.

Au cours des prochaines semaines, nous attendrons deux choses en particulier de la part du gouvernement provincial et de la Santé publique.

Ils devront d’abord accélérer l’effort d’immunisation collective à mesure que les doses de vaccin seront distribuées en grande quantité.

Le gouvernement Higgs estime que chaque Néo-Brunswickois qui souhaite être vacciné pourrait l’être d’ici la fin juin. À moins d’un retard imprévu dans la distribution en provenance des compagnies pharmaceutiques, il devra prendre les grands moyens pour atteindre cette cible.

Le tout devra être accompagné d’une campagne de sensibilisation digne de ce nom. Nous pouvons avoir en main tous les vaccins du monde, cela ne servira à rien si les citoyens ne se font pas vacciner ou ignorent où et quand ils peuvent le faire.

Par ailleurs, la province devra mettre en place un plan de retour en phase verte.

Pour le moment, nous ignorons tout des intentions du gouvernement. Quel pourcentage de la population devra être vaccinée avant de retourner au vert? À partir de quel moment la frontière avec le Québec sera-t-elle rouverte? Le sera-t-elle seulement à ceux et celles qui sont vaccinés? Quand pourrons-nous aller visiter nos proches isolés dans un foyer ou dans un lit d’hôpital?

Le Nouveau-Brunswick a bien réussi sa gestion de la pandémie. Il lui reste à réussir aussi bien sa sortie de crise.