Edmundston doit devenir une priorité provinciale

Mais qu’attend le gouvernement Higgs avant d’ordonner une vaccination de masse dans la région d’Edmundston? C’est la question que tout le monde devrait se poser alors que la situation atteint un seuil critique à l’Hôpital régional d’Edmundston et que le nombre de patients atteints de graves symptômes ou sous respirateur est en hausse.

L’Hôpital régional d’Edmundston aura bientôt atteint sa capacité maximale de patients ayant besoin de soins aigus. L’établis­sement a commencé à transférer des patients vers d’autres établissements. «Nous aurons épuisé toutes les ressources disponibles pour assurer des soins sécuritaires en situation d’urgence», craint la PDG du Réseau de santé Vitalité, Dre France Desrosiers.

Cette situation est le fruit de la présence dans le Nord-Ouest du variant britannique de la COVID-19. Il est beaucoup plus contagieux et virulent que la souche à laquelle nous faisons face depuis le début de la pandémie.

La situation est exceptionnelle et commande une réponse appropriée de la part de la Santé publique et du gouvernement provincial. Celle-ci se fait toujours attendre.

Le gouvernement Higgs a fait le choix politique de ne pas mettre en place un plan de vaccination accéléré pour le Nord-Ouest, laissant ainsi les choses s’envenimer. Il a tardé avant d’ouvrir des cliniques de dépistage ouvertes à tous. Il a hésité avant de donner le feu vert à l’envoi de doses supplémentaires dans la région.

Fredericton a fini par approuver la livraison de 3100 doses supplémentaires. Même si personne ne crachera sur celles-ci, cela reste l’équivalent de coller un sparadrap sur une plaie ouverte.

Nous demandons au premier ministre Blaine Higgs de faire preuve de courage politique et de leadership.

Le nombre de doses disponibles étant encore limité, cela implique de la part du gouvernement d’annoncer un arrêt temporaire de la vaccination dans certaines régions afin de favoriser Edmundston. En gros, de décréter qu’il n’y aura pas de vaccination dans les pharmacies de villes comme Bathurst, Fredericton ou Rothesay dans les prochaines semaines afin rediriger les doses disponibles là où c’est urgent de le faire.

Cela signifie d’annoncer que les personnes âgées de 75 ans peuvent prendre rendez-vous afin de se faire immuniser dans la province, sauf dans le Nord-Ouest où les 55 ans et plus (ou 50, ou 45…) pourront le faire.

Cela veut dire organiser plusieurs cliniques de vaccination de masse à Edmundston, mais aussi à Haut-Madawaska, à Saint-Léonard, à Grand-Sault, etc. Et ce, tous les jours.

Ce sont des décisions qui seront difficiles à faire avaler à la base électorale du premier ministre. Mais allez donc expliquer aux médecins, aux infirmières et aux équipes médicales des soins intensifs du Nord-Ouest que rien ne presse!

Or, le gouvernement Higgs n’est pas du tout en mode urgence.

Nous en avons été témoins la semaine dernière, quand il a été révélé que 3000 doses d’AstraZeneca dormaient dans un entrepôt de Saint-Jean. Leur date d’expiration arrivant à échéance, une clinique de vaccination a été organisée en catastrophe dans la cité portuaire. Il y a en date de lundi 11 cas actifs dans la région de Saint-Jean, contre 135 dans la zone du Nord-Ouest. Et pourtant, personne n’a eu le réflexe de penser que ces doses pourraient être plus utiles au Madawaska.

À ce point-ci, nous nous interrogeons aussi sur le leadership de la médecin-hygiéniste en chef, Dre Jennifer Russell. Dans l’Acadie Nouvelle de lundi, elle a partagé ses inquiétudes. Elle a demandé à la population d’être vigilante. Mais en aucun moment n’a-t-elle montré une urgence d’adapter la stratégie provinciale à la situation de la zone 4.

Quand on demande à la Dre Russell si d’autres doses supplémentaires seront envoyées au Madawaska, elle répond qu’il y aura des discussions à ce sujet. Ne voit-elle pas l’utilité d’augmenter de façon plus importante l’effort de vaccination dans cette région?

Pour le moment, le plan semble être d’attendre que les doses en provenance du fédéral arrivent en plus grand nombre, ce qui permettra à la province de vacciner tout le monde sans prioriser une région.

C’est insuffisant.

Chaque jour qui passe a de lourdes conséquences. Rappelons que la zone 4 ne comptait qu’une trentaine de cas à la mi-mars. Moins de deux semaines plus tard, ce nombre a plus que triplé, mettant le système de santé sous pression. Qu’en sera-t-il dans deux autres semaines?

La responsabilité de ce fiasco remonte jusqu’au premier ministre Blaine Higgs. Il doit faire de la vaccination de masse dans le Madawaska une priorité provinciale.