L’attente, mais pas pour tous

Le gouvernement provincial a mis le holà – et deux fois plutôt qu’une – dans les derniers jours. Il s’agissait de la chose à faire.

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement Higgs a démontré une capacité d’imposer des restrictions même quand celles-ci sont impopulaires.

Autant il peine à préparer la sortie de crise (vaccination, appui aux entreprises et aux régions touristiques du Nord, bulle avec la Gaspésie et le Témiscouata, etc.), autant il ne craint pas d’agir de façon décisive pour limiter la propagation du coronavirus.

Deux décisions importantes viennent d’être annoncées: la suspension des élections à Edmundston et dans le Haut-Madawaska, de même que le report du retour en classe à temps plein des élèves du secondaire.

Commençons par l’éducation. Les élèves du secondaire fréquentent présentement leur école une journée sur deux. Le deuxième jour, ils suivent leurs cours à la maison, de façon virtuelle.

Le retour en classe à temps plein était censé avoir lieu lundi. À la suite des éclosions au Madawaska, il a été décidé d’annuler ce retour, et ce, à travers toute la province.

Nous l’avons écrit en éditorial à quelques reprises depuis le début de la pandémie, la place des élèves est en classe. L’enseignement en virtuel n’est pas à la hauteur de ce qui est offert en personne, dans un édifice scolaire, avec un enseignant sur place.

Les élèves les plus motivés, les plus intelligents et les plus débrouillards feront bien peu importe le contexte. Les autres accuseront toutefois un retard qu’ils risquent de traîner pendant tout le reste de leur parcours scolaire.

Le gouvernement provincial a choisi depuis le début de la pandémie d’être prudent, y compris dans les communautés où on retrouve peu ou pas de cas de COVID-19. Si la décision a eu un impact négatif sur la qualité de l’apprentissage, elle se défend d’un point de vue sanitaire.

La plupart des enseignants ayant reçu une dose de vaccin, le moment semblait bien choisi de ramener les élèves dans leur établissement scolaire. L’arrivée du variant britannique – plus contagieux et plus virulent – dans le Nord-Ouest a toutefois changé la donne. Il semble aussi toucher plus durement des personnes dans la force de l’âge. Or, personne ne veut voir un enseignant, un concierge ou un chauffeur d’autobus aux soins intensifs après avoir attrapé la COVID-19 en raison d’un assouplissement des règles.

Le coronavirus ne connaît pas de frontières. Lundi matin encore, la Santé publique a émis plusieurs avis d’exposition possible, cette fois dans la région de Moncton, y compris au Costco et au centre commercial CF Champlain, des endroits fréquentés par des visiteurs de partout dans la province.

Nous ne sommes pas à l’abri de nouvelles éclosions. Dans ces circonstances, le gouvernement provincial et la Santé publique se devaient d’être conséquents avec leur stratégie d’extrême prudence et de retarder le retour en classe à temps plein, autant dans le Madawaska que dans le reste de la province.

La province a par ailleurs confirmé que les élections municipales étaient suspendues dans les régions d’Edmundston et du Haut-Madawaska. Une décision qui tombe sous le sens.

Ces deux régions sont en confinement complet depuis dimanche afin de freiner la transmission communautaire. Alors que les citoyens sont invités à limiter leurs sorties et leurs interactions avec d’autres personnes, on ne voit pas comment il pourrait être justifié d’encourager tous ces gens à se déplacer en grand nombre pour aller voter.

Avec le recul, Fredericton a probablement trop tardé avant de déclencher des élections municipales. Celles-ci auraient pu avoir eu lieu quelque part à l’automne, tout de suite après le scrutin provincial, ou alors l’été dernier, quand les nouveaux cas se comptaient quotidiennement sur les doigts d’une main.

Il faut toutefois convenir que la province ne pouvait pas prévoir si et quand elle serait frappée par une nouvelle vague.

Cette loi qui permet d’interrompre le vote dans une zone sanitaire vient tout juste d’être adoptée. «Nous espérons ne jamais avoir à l’utiliser, mais il vaut mieux être prêt», avait déclaré le ministre Daniel Allain après le dépôt du projet de loi, en mars.

Espérer le meilleur, mais être prêt pour le pire. C’est ce qu’a fait le gouvernement dans ce dossier et qui lui permet aujourd’hui de prendre une décision réfléchie.

Nous croyons par contre que de retarder le dévoilement des résultats électoraux dans toute la province est exagéré.

Élections NB doit trouver des solutions afin de permettre aux citoyens en confinement dans le Nord-Ouest, mais qui ont le droit de vote dans une autre région, de voter quand même – par la poste, par exemple.

Élections NB a choisi la voie la plus facile en retardant le processus électoral pour toute la province. Son devoir est de limiter les dommages et de permettre aux nouveaux élus municipaux de prendre place rapidement après le 10 mai. L’attente a assez duré.