Nous l’avons écrit à quelques reprises, le Nouveau-Brunswick peut être fier de son bilan pandémique depuis le début de la crise, il y a 14 mois.

Certains diront que le gouvernement n’a fait que respecter les recommandations de la Santé publique. D’autres ajouteront que le crédit revient plutôt à la Dre Jennifer Russell ou qu’il doit être partagé avec les partis d’opposition qui ont donné leur appui aux mesures d’urgence. Ou que le Nouveau-Brunswick a joué de chance, que c’est notre caractère rural et l’absence de grands centres urbains qui nous a permis d’éviter le pire.

Tout cela est véridique. Reste que si la situation sanitaire de la province était catastrophique, c’est Blaine Higgs qui serait montré du doigt aujourd’hui. Il peut donc s’accaparer une partie du crédit.

En ce qui a trait à la sortie de crise, par contre, son bilan est moins reluisant.

La campagne de vaccination ne bat pas son plein au même rythme que dans le reste du Canada. Nous avons pris plus de temps à vacciner les jeunes adultes. La stratégie n’a pas  non plus été ajustée en fonction de la situation particulière dans certaines régions.

Autant le gouvernement Higgs a été plus rapide et décisif que la plupart des autres administrations quand est venu le moment de confiner la province, il y a un an, autant il suit aujourd’hui la parade.

Trop souvent, Fredericton donne l’impression d’être pris par surprise par des initiatives annoncées ou mises en place dans d’autres provinces.

La semaine dernière, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario et le Québec ont révélé à quelques heures d’intervalles qu’elles cesseraient d’offrir le vaccin AstraZeneca comme première dose à leur population. Le Nouveau-Brunswick a alors réagi avec une annonce confuse qui sentait l’improvisation.

Il y a quelques jours, le premier ministre Higgs a donné l’impression d’être déculotté quand d’autres gouvernements provinciaux ont annoncé des plans de déconfinement, avec objectifs, dates et graphiques à l’appui.

Le Nouveau-Brunswick n’a rien de tout ça en banque, ce qui a forcé le premier ministre à se rabattre sur l’objectif de vacciner au moins 75% de la population admissible avant de possiblement mettre fin à l’état d’urgence présentement en vigueur. Vendredi, la ministre Dorothy Shephard a promis qu’un plan sera enfin déposé la semaine prochaine.

À sa décharge, la situation n’est pas la même d’une province à l’autre. Le Plan de déconfinement de l’Ontario prévoit par exemple d’autoriser à compter de la mi-juillet l’ouverture des salons de coiffure et des bibliothèques. Dans cette province, ce sera le cas seulement si 70% des Ontariens ont reçu une première dose et 20% une deuxième.

C’est un peu la même chose au Québec, où le gouvernement Legault a dévoilé un plan qui prévoit notamment la fin du couvre-feu dans l’ensemble de cette province, à compter du 28 mai. Il sera au même moment possible de manger au restaurant, mais seulement sur une terrasse et avec des règles très strictes concernant le nombre de personnes de différentes résidences.

Ce sont toutes des choses qui sont déjà permises au Nouveau-Brunswick ou qui le sont avec des restrictions moindres.

Néanmoins, nous ne pouvons faire autrement que d’être envieux de voir le sérieux avec lequel les administrations de ces deux provinces (et quelques autres) ont planifié l’après-pandémie. Leurs plans sont très précis. Il est possible de savoir en un petit coup d’œil ce qui sera bientôt permis et à quelles conditions. Nous savons quel pourcentage de la population devra être vacciné pour que telle ou telle chose soit permise, et à partir de quelle date.

Rien de tout ça n’existe au Nouveau-Brunswick. Outre la règle du 75% de citoyens vaccinés, Blaine Higgs a déclaré à la législature qu’il garde un oeil sur la situation dans la région de la capitale, qui est aux prises avec une éclosion.

C’est trop vague.

Nous connaissons trop bien les habitudes de ce gouvernement. Il joue d’extrême prudence, ce qui est une bonne chose en tant que pandémie. Cela signifie par contre qu’il pourrait fort bien nous annoncer, le jour où 75% des Néo-Brunswickois seront vaccinés, qu’il préfère attendre encore un peu avant de mettre fin aux restrictions en vigueur.

D’où l’importance d’avoir un plan de déconfinement détaillé.

Des secteurs entiers de notre économie sont sur un pied d’alerte. C’est en particulier le cas dans les régions touristiques. Au Madawaska et au Restigouche, nombreux sont ceux qui attendent avec impatience le jour où ils pourront retrouver leurs proches, de l’autre côté de la frontière. L’assou­plissement des restrictions dans ces régions ne doit pas dépendre de la situation dans les autres provinces de l’Atlantique.

Le gouvernement et la Santé publique doivent nous dire où est la ligne d’arrivée et ce qui doit être fait pour y parvenir.

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