À l’aube d’une importante réforme de la gouvernance locale, les Néo-Brunswickois connaissent enfin l’identité de leurs élus municipaux. Première constatation: plusieurs municipalités sont en meilleure position pour faire face aux défis qui se profilent à l’horizon qu’elles ne l’étaient avant le jour du scrutin.

Saluons tout d’abord l’élection de trois femmes à la tête des trois villes les plus populeuses de la province.

Dawn Arnold (Moncton), Kate Rogers (Fredericton) et Donna Reardon (Saint-Jean) n’ont pas seulement gagné. Elles ont triomphé avec une forte avance sur leurs adversaires.

La vie politique n’est pas facile et c’est encore plus vrai pour les femmes. Mme Arnold a récemment confié avoir été l’objet d’attaques sexistes et haineuses pratiquement chaque jour depuis son entrée en politique, il y a presque 10 ans. Les 9998 voix obtenues mardi soir démontrent que les trolls sont encore minoritaires dans notre société.

C’est par ailleurs la première fois de l’histoire que les électeurs de la capitale élisent une femme à la mairie! Nous parlons ici d’une ville au fond très conservateur, où a longtemps régné un maire (Brad Woodside) qui a multiplié les déclarations incendiaires sur des sujets comme le bilinguisme officiel, la fierté gaie et la dualité en éducation. La victoire de Mme Rogers n’est donc pas banale.

Dans la même catégorie, les citoyens de Bathurst ont eux aussi élu une mairesse pour la toute première fois. Kim Chamberlain a remporté une victoire éclatante, après avoir subi la défaite en 2016.

Et que dire de la victoire de Kassim Doumbia! Il était déjà maire adjoint de Shippagan. Le voilà aux commandes de la municipalité, devenant du même coup le tout premier maire afro-canadien de l’histoire du Nouveau-Brunswick.

M. Doumbia est originaire de la Côte d’Ivoire et ne s’est installé à Shippagan qu’en 2007. Moins de 15 ans plus tard, il est élu maire. Un parcours exceptionnel.

Tous les autres scrutins n’ont pas mené à des résultats historiques ou exceptionnels. Néanmoins, les électeurs ont profité de l’occasion pour passer des messages.

C’est le cas à Tracadie, où le premier mandat de Denis Losier a été tout sauf un long fleuve tranquille. Il a été réélu avec une forte majorité. De plus, des conseillers municipaux qui étaient associés à l’ancien régime d’Aldéoda Losier ont subi une lourde défaite.

Difficile de voir autre chose qu’une volonté de la part des citoyens de donner à leur maire les outils pour diriger la ville et mettre derrière eux les controverses à répétition. Tracadie devra prendre des décisions importantes dans les prochains mois. Elle mène des discussions cruciales avec le gouvernement provincial concer­nant l’entretien des routes des anciens districts de services régionaux aujourd’hui fusionnés. Un conseil uni sera plus à même de gérer ce dossier.

La campagne électorale à Edmundston était aussi fascinante à suivre. On y trouvait deux bons candidats en Éric Marquis et Lise Ouellette.

Or, M. Marquis était déjà maire suppléant. Depuis la démission du populaire Cyrille Simard l’année dernière, c’est lui qui était à la tête de la municipalité. Il a été très visible quand la région a été confinée à la suite d’éclosions de COVID-19. Il a donc eu la chance de faire ses preuves avant le scrutin, ce qui a sans aucun doute contribué à sa victoire.

Tous ces gens, autant ceux nommés dans cet éditorial que ceux élus au scrutin ou par acclamation, entreprennent un mandat qui sera bouleversé par une réforme de la gouvernance locale dont nous ignorons tout.

Il était important d’avoir en place des conseils municipaux élus, légitimes et stables. Il aura fallu plus d’un an après la date prévue des élections et deux semaines de plus pour avoir les résultats, mais c’est enfin mission accomplie.

Un mot en terminant à propos d’Élections NB, qui a connu une soirée difficile. Ce n’est que tard dans la nuit que les résultats officiels ont enfin été connus.

La loi n’ordonne pas à Élections NB de dévoiler les résultats dans les minutes qui suivent la fermeture des bureaux. Néanmoins, ce retard est gênant. La société de la Couronne a eu après tout pas moins de deux semaines pour se préparer.

À un certain moment, le retard était si grand qu’un porte-parole a annoncé que les votes seraient comptés en priorité dans les trois grandes cités. Nous sommes sidérés que Élections NB en soit venu à croire que son mandat est d’accorder plus d’importance à Moncton, à Saint-Jean et à Fredericton qu’à toutes les autres municipalités.

Cela dit, il faut aussi remettre les choses dans leur perspective. Le scrutin est terminé, le décompte aussi et nous avons aujourd’hui des résultats justes et fiables. C’est ce qui est le plus important.

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