Le gouvernement Higgs a pris la semaine dernière une décision qui aura un impact positif sur la qualité de vie de nos aînés qui vivent dans les foyers de soins en temps de pandémie.

Depuis lundi, les employés des établissements de soins de longue durée qui n’ont pas encore été vaccinés doivent subir un test de dépistage rapide de la COVID-19 tous les deux jours si moins de 50% du personnel de leur lieu de travail a reçu au moins une dose d’un vaccin contre le coronavirus.

La responsabilité première d’un employé de foyer est de s’occuper de personnes âgées qui n’ont, pour la plupart, plus suffisamment d’autonomie pour vivre seules ou à la maison.

Ce groupe démographique est celui qui est le plus vulnérable face à la COVID-19. Au Québec, le coronavirus s’est infiltré dès le début de la pandémie dans les CHSLD. Ce fut un véritable carnage.

Le Nouveau-Brunswick a évité le pire. Néanmoins, la Santé publique est consciente depuis plus d’un an de l’extrême vulnérabilité de cette population. Les mesures restrictives ont été extrêmement sévères. Des aînés se sont vu interdire de recevoir leurs proches et ont vécu dans la solitude pendant de longs mois.

Les premiers vaccins ont d’abord été réservés aux personnes âgées. En fin de semaine, la Santé publique a terminé d’administrer une deuxième dose à tous les résidents des foyers de soins spéciaux de la province.

Pendant ce temps, ça va moins vite du côté des préposés. Un pourcentage important refuse obstinément de se faire vacciner. Cela a des conséquences.

En effet, quand quelqu’un teste positif, c’est tout le foyer qui entre en situation de crise. Votre vie en tant que résident est chamboulée. Même si vous êtes vacciné, vous ne pourrez plus quitter votre chambre, participer à des activités avec d’autres résidents, sortir ou recevoir des membres de votre famille.

Le risque est trop grand. En effet, même immunisée, une personne âgée peut quand même tomber du mauvais côté des statistiques et mourir de la COVID-19. Pour limiter le risque et surtout la propagation, il faut vacciner un maximum de personnes. Autant les résidents que les travailleurs.

Or, le gouvernement ne peut pas forcer une personne à se faire vacciner. Alors, que faire? La réponse nous est venue du Québec.

Chaque employé du système de santé (excluant le personnel administratif) qui n’a pas été vacciné doit subir obligatoirement le test de dépistage trois fois par semaine.

La stratégie a fonctionné. La Presse a rapporté que dans une régie de la santé de l’est de Montréal, quelque 3200 employés non vaccinés étaient visés par la nouvelle directive. Moins d’une semaine plus tard, plus de la moitié d’entre eux avaient reçu leur première dose.

Cela démontre hors de tout doute que de nombreuses personnes refusent le vaccin pour des raisons égoïstes. Elles disent le craindre ou répètent des énormités lues sur Facebook. Mais si ne pas le recevoir signifie qu’elles devront subir trois fois par semaine le très désagréable test de dépistage, avec écouvillon dans une narine, la plupart abandonneront leurs supposés grands principes.

Pour ces mêmes raisons, nous pouvons prévoir que bien des citoyens accepteront de se faire immuniser aussitôt que leur agente de voyage leur annoncera qu’il s’agit d’une condition pour se rendre dans leur destination soleil préférée.

Un phénomène similaire devrait survenir dans les foyers de soins néo-brunswickois.

Nous croyons toutefois que Fredericton devra aller plus loin.

Pour l’instant, le dépistage préventif récurrent est réservé aux 99 établissements où moins de la moitié du personnel a reçu une première dose. Cela représente plus de 1100 personnes. C’est énorme.

Avec cette nouvelle directive, ce nombre chutera rapidement. Nous croyons que le gouvernement devra alors imposer la même mesure aux foyers où moins de 75% des préposés n’ont pas reçu leur première injection.

Le plan de déconfinement prévoit la levée de restrictions quand les trois quarts de la population éligible du Nouveau-Brunswick auront reçu leur première dose. Le même objectif doit être atteint dans les établissements de soins de longue durée.

Nous ne pouvons pas baisser les bras devant ceux qui, par paresse, par égoïsme ou par manque d’éducation, rejettent la science et mettent ainsi en danger la santé et la vie des personnes dont ils ont pourtant la responsabilité.

C’est le devoir du gouvernement d’utiliser tous les outils à sa disposition pour vacciner un plus grand nombre de personnes, le plus rapidement possible, en particulier dans les milieux où vit une population vulnérable.

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