Les choses changent vite, autant en politique qu’avec la COVID-19. Au début de la semaine, le gouvernement provincial peinait à atteindre l’objectif de vacciner 75% des Néo-Brunswickois admissibles. Quelques jours plus tard, non seulement la cible est atteinte, mais aussi celle permettant de passer à la deuxième phase de déconfinement. Devrions-nous être inquiets à l’idée d’ouvrir nos frontières au reste du Canada? La réponse courte est oui. Mais il s’agit d’un passage obligé vers un retour à la vie normale pré-pandémie.

En réponse à une question de l’Acadie Nouvelle, mercredi, la médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, a partagé ses inquiétudes en lien avec l’ouverture de nos frontières avec le reste du Canada.

«Vous êtes plusieurs à vouloir comprendre quels sont les véritables risques, mais nous ne pouvons pas tout savoir», a-t-elle reconnu. Elle a précisé que les plus récentes levées de restrictions sanitaires mèneront probablement à une hausse du nombre de cas actifs, autant dans la province que dans le pays.

Elle a néanmoins donné son feu vert à la décision du gouvernement Higgs de passer en deuxième phase de déconfinement. Nous appuyons celle-ci. Il est vrai que le risque zéro n’existe pas. Mais nous ne pouvons pas non plus rester enfermés dans notre petite bulle provinciale éternellement. Il est temps de s’ouvrir au monde.

Il faut rappeler qu’à la base, l’objectif sanitaire n’était pas de n’avoir aucun cas de COVID-19 au Nouveau-Brunswick, même si tous nos efforts doivent tendre dans cette direction. Il s’agissait plutôt d’aplatir la courbe afin d’éviter que notre système de santé soit submergé, un peu comme ce qui est survenu dans la région d’Edmundston il y a quelques mois.

La COVID-19 semble malheureusement ici pour rester. Entre tous ceux qui refusent de se faire vacciner, la naissance de variants plus contagieux et le fait qu’aucun vaccin ne sera jamais efficace à 100%, les éléments sont en place pour que le coronavirus continue de faire des victimes. Il faudra apprendre à vivre avec cela.

Cependant, alors que le nombre de personnes vaccinées augmentera, le virus fera moins de victimes et aura moins tendance à se propager. Le jour viendra – espérons-le – où le fait qu’une personne est atteinte de la COVID-19 ne sera plus une nouvelle, comme c’est le cas présentement pour la grippe.

En attendant ce moment, la Santé publique fait une gestion des risques.

Au début de l’année, toute la province avait été mise en phase orange en raison, notamment, de l’apparition d’un variant britannique. Même les régions où nous retrouvions peu ou pas de cas actifs avaient dû goûter aux nouvelles restrictions.

Ces variants existent toujours. Leur menace est toutefois moins grave du fait qu’une proportion toujours grandissante de la population se fait vacciner.

Le risque zéro, disions-nous, n’existe pas. Certains trouvent que le Nouveau-Brunswick aurait dû atteindre au moins une ou deux semaines entre les passages aux phases 1 et 2 de déconfinement. Cela aurait permis de mieux analyser les conséquences.

Les trois autres provinces de l’Atlantique attendront au 23 juin avant de recréer la bulle de l’Atlantique. Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Iain Rankin, ne s’est pas gêné pour partager sa stupéfaction devant la rapidité avec laquelle le Nouveau-Brunswick a décidé d’ouvrir ses frontières aux voyageurs canadiens. «J’ai été surpris que leur tolérance au risque soit différente», a-t-il déclaré. La Nouvelle-Écosse prévoit passer à cette étape qu’à la mi-juillet.

Il se peut que les Néo-Écossais aient raison et que l’introduction de ce niveau de risque plus élevé ait un impact négatif.

Le plan néo-brunswickois En route vers la phase verte prévoit d’ailleurs cette possibilité. Le plan est conditionnel aux taux de vaccination, mais aussi au nombre d’hospitalisations. Le gouvernement Higgs a déjà prévenu la population que si la situation sanitaire devait se détériorer, ne serait-ce que dans une seule région, cela serait suffisant pour empêcher ou annuler la levée des restrictions dans tout le Nouveau-Brunswick.

C’est le travail de la Santé publique d’espérer le mieux, mais de se préparer au pire.

Au Nouveau-Brunswick, les résultats ont été probants jusqu’à maintenant. Nous avons évité le pire de la pandémie. C’est ce qui nous permet d’envisager avec confiance et espoir la suite des choses avec, possiblement, la levée de toutes les restrictions et la fin de l’arrêté d’urgence d’ici le 2 août.

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