Nous ignorons si des élections fédérales auront bien lieu cet automne, comme le laissent croire toutes sortes de rumeurs à Ottawa. Mais n’allez pas le dire aux militants à Fredericton et à Miramichi, où la campagne électorale a déjà officieusement débuté.

Le Parti libéral du Canada tenait son assemblée d’investiture pour la circonscription de Miramichi-Grand Lake, jeudi soir, à la suite de l’annonce de la retraite politique de l’homme d’affaires et député Pat Finnigan.

Les militants avaient le choix entre deux bons candidats. Adam Lordon, candidat malheureux à l’investiture de 2014 et depuis devenu maire de Miramichi, affrontait la députée provinciale de Baie-de-Miramichi-Néguac, Lisa Harris.

C’est cette dernière qui a remporté la mise. Il ne faut pas s’en surprendre. Les politiciens d’expérience partent toujours favoris dans ce genre d’exercice. En tant que députée provinciale, Mme Harris jouit déjà d’un réseau d’appuis et de militants engagés qu’elle a dû certainement mettre à profit.

De toute façon, les libéraux de la circonscription ne pouvaient pas perdre. Tant avec Adam Lordon qu’avec Lisa Harris, ils étaient certains de choisir un candidat fort, bien connu dans la communauté et jouissant d’une bonne crédibilité.

C’est une bonne chose pour cette formation. En effet, ils devront trimer pour conserver ce siège. Le candidat du Parti conservateur du Canada, Jake Stewart, ne sera pas facile à vaincre.

M. Stewart jouit d’une bonne popularité personnelle. Au cours des dernières années, il a réussi à mettre de côté son image de politicien populiste qui misait sur le ressentiment contre les francophones et le bilinguisme officiel pour réaliser des gains à court terme.

Il s’est plutôt transformé en champion de la cause des Premières Nations, pendant son passage à titre de ministre des Afffaires autochtones de 2018 à 2020.

Son franc-parler et sa volonté de mettre sur pied une enquête publique sur le racisme systémique dans l’appareil judiciaire de la province, malgré l’opposition du premier ministre Blaine Higgs, ont fini par lui coûter son ministère. Ils lui ont toutefois donné bonne presse et beaucoup de visibilité.

Ce n’est pas anodin. Miramichi-Grand Lake a été la circonscription la plus chaudement contestée au Nouveau-Brunswick lors des élections fédérales de 2019. Le député libéral sortant Pat Finnigan n’a obtenu que 370 voix de plus que son adversaire conservatrice, Peggy McLean.

M. Finnigan avait notamment fait le plein de votes chez les Autochtones. Il avait aussi profité de la division de la droite. Le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier de même qu’une candidate indépendante qui s’était présentée après avoir échoué à gagner l’investiture conservatrice ont chacun obtenu plus de 1000 voix.

Cet alignement des planètes ne risque pas de se reproduire.

Par ailleurs, les libéraux sont aussi très actifs à Fredericton. Jenica Atwin, une transfuge du Parti vert, défendra la bannière des rouges.

Le passage de la députée Atwin des verts aux rouges s’est fait dans la controverse. Plusieurs électeurs ne lui ont pas pardonné ce changement surprise d’allégeance.

Mme Atwin et sa nouvelle famille politique sont déterminées à ne pas laisser ce boulet nuire à leur campagne. Jeudi soir, une rencontre virtuelle a eu lieu sur Facebook, pendant laquelle l’élue a répondu aux interrogations des électeurs.

Elle est revenue sur son départ, a partagé ses réserves sur les positions environnementales du gouvernement Trudeau, s’est dite à l’aise de voter contre celui-ci aux Communes et bien plus encore.

L’opération de relations publiques s’est poursuivie vendredi, alors que la vice-première ministre Chrystia Freeland, peut-être la ministre la plus populaire du Cabinet, a été dépêchée à Fredericton.

Avec Mme Atwin, Mme Freeland a visité la clinique 554, bien connue en raison du refus du gouvernement du Nouveau-Brunswick de rembourser les avortements pratiqués hors des hôpitaux. Une façon efficace pour le gouvernement libéral de démontrer aux électeurs de la circonscription l’importance qu’il accorde à leur députée et à leur circonscription.

Tout ça survient alors que les élections fédérales n’ont pas encore été officiellement déclenchées. En fait, le premier ministre Justin Trudeau n’a même pas confirmé son intention d’aller aux urnes.

Nous connaîtrons bien assez tôt ses intentions.

Une chose est toutefois claire. Si ses paroles laissent croire que des élections cet été ou cet automne sont encore incertaines, la réalité est bien différente sur le terrain.

Les citoyens des circonscriptions de Miramichi-Grand Lake et de Fredericton peuvent en témoigner.

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