Une ère nouvelle a débuté dans la nuit de vendredi à samedi au Nouveau-Brunswick. Celle de la vie sans restrictions sanitaires, mais avec la COVID-19. Le port du masque a beau ne plus être obligatoire, le coronavirus, lui, fera partie de nos vies pendant encore un bout de temps.

Au moment où vous lirez ces lignes, l’état d’urgence ne sera plus en vigueur au Nouveau-Brunswick. Vous pourrez vous rendre à votre magasin d’alimentation sans porter de masque, manger au restaurant sans écrire votre nom et vos coordonnées, ainsi que sortir de la province sans devoir justifier les raisons de votre voyage et vous enregistrer à l’avance.

Nous y sommes. Un retour à la vie normale. Enfin!

Dans les faits, ce n’est toutefois pas tout à fait véridique. Nous continuerons de vivre avec des relents de la pandémie.

Vous verrez encore des gens porter le masque par mesure de prudence. De nombreux commerçants auront un couvre-visage à portée de main, au cas où un client se sentirait ainsi plus en sécurité.

Le masque n’est plus obligatoire dans les lieux publics au Nouveau-Brunswick, mais vous préférez continuer de le porter? Vous avez le droit. Surtout, vous devriez pouvoir le faire sans vous faire juger du regard ou être agressé verbalement. N’imitons pas les travers de nos voisins américains.

Il est pertinent de rappeler que la COVID-19 n’a pas dit son dernier mot. Ce n’est pas nous qui le disons, mais bien la médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell. Elle prévoit une recrudescence du nombre de cas dans un avenir rapproché en raison de l’arrivée du variant Delta et, surtout, de la fin des restrictions sanitaires.

Celles-ci ont été levées plus tôt que prévu. Le plan de déconfinement en trois phases du gouvernement Higgs prévoyait le retour en phase verte à temps pour la fête du Nouveau-Brunswick (ce lundi), à condition que 75% de la population admissible ait reçu deux doses d’un vaccin contre la COVID-19.

Or, nous venons à peine de dépasser 66%. Nous sommes encore loin du compte.

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement Higgs a pourtant toujours été très pointilleux, pour ne pas dire intransigeant. Sa décision d’accélérer le retour en phase verte étonne.

Dans une lettre publiée dans l’Acadie Nouvelle de samedi et sur notre site web, le premier ministre Blaine Higgs n’a pas élaboré sur les raisons de son empressement à mettre fin prématurément à l’état d’urgence.

Il rappelle toutefois les sacrifices consentis par la population depuis presque 18 mois de même que le souvenir des 46 victimes de la maladie dans notre province.

Ce même Blaine Higgs qui a refusé de nommer un porte-parole politique capable de s’exprimer en français, qui a ordonné des quarantaines obligatoires dans des chambres d’hôtel et qui a interdit l’accès à des élèves autochtones à leur école, fait désormais preuve publiquement d’empathie? Au point de permettre à ses concitoyens de passer un été sans masque, sans distanciation et sans restriction?

On aura tout vu.

Si nous appuyons la décision du gouvernement, il faut toutefois reconnaître qu’il s’agit d’un pari qui n’est pas sans risque. À court terme, les lendemains des fêtes du 15 août, en particulier, pourraient être amers. Souvenez-vous des moments difficiles qui ont suivi la période des Fêtes: les multiples éclosions, les phases rouges, des hôpitaux débordés…

Sept cas de COVID-19 ont été signalés vendredi, le plus gros total au N.-B. en 47 jours. Et ça ne fait que commencer.

Avec la fin de l’état d’urgence disparaissent les pouvoirs d’exception dont jouissait la Santé publique. Elle n’a plus le pouvoir d’ordonner des mesures comme le traçage automatique des contacts, par exemple.

Il existe une possibilité bien réelle que nous regrettions d’avoir levé la garde.

Ultimement, tant le gouvernement Higgs que le comité multipartite et la Santé publique en sont arrivés à la même conclusion: nous ne pouvons pas vivre éternellement avec l’état d’urgence en vigueur. Il nous faudra apprendre à vivre dans ce nouveau monde où la COVID-19 continuera de nous côtoyer.

Le Nouveau-Brunswick est dans une bonne position pour réussir cette transition. Nous comptons peu de cas actifs, peu d’hospitalisations et un pourcentage relativement élevé de personnes vaccinées.

Pour ces raisons, la décision de passer en phase verte et de lever toutes les restrictions est la bonne, même si cela peut faire peur.

Ne faisons pas l’erreur d’entreprendre cette nouvelle ère les yeux fermés. La COVID-19 n’a pas disparu.

En l’absence de passeport vaccinal et avec des dizaines de milliers de Néo-Brunswickois vaccino-hésitants ou complotistes, elle continuera de faire des victimes.

Néanmoins, le moment est enfin venu de foncer.

Bonne phase verte! Nous l’avons collectivement bien mérité.

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