La visite de Justin Trudeau à Miramichi, dimanche, est un rappel qu’une victoire est tout sauf assurée dans cette circons­cription. Elle n’est pas la seule dans cette situation. La domination libérale au Nouveau-Brunswick, sur la scène fédérale, pourrait bien être menacée.

Quand le premier ministre Justin Trudeau s’est rendu visiter la gouverneure générale à Rideau Hall, le 15 août, afin d’ensuite déclencher une campagne électorale, il n’avait pas de garantie que cela le mènerait à la victoire. Il avait toutefois au moins une certitude: les libéraux gagneront encore une fois la majorité des sièges en Atlantique.

Lors des élections fédérales de 2015, les libéraux ont remporté les 32 circonscriptions. Il y a deux ans, ils ont cette fois gagné 26 sièges, y compris six sur 10 au Nouveau-Brunswick.

Pour cette année, le plan libéral était cousu de fil blanc.

Ils souhaitent remporter l’unique siège qui leur a échappé en Nouvelle-Écosse, en 2019, soit Nova-Ouest. De même, ils veulent profiter de la retraite du néo-démocrate Jack Harris, à St. John’s-Est, à Terre-Neuve, pour arracher sa circonscription.

Il ne resterait ensuite plus au parti qu’à maintenir ses autres acquis, y compris la circonscription de Fredericton. Ce siège a été remporté par les verts aux dernières élections. La députée Jenica Atwin a toutefois depuis quitté les siens pour joindre les libéraux.

Cela offrirait aux libéraux un modeste gain de trois sièges en Atlantique. Cela a toute son importance, quand on sait que le parti n’a besoin que d’une quinzaine de sièges supplémentaires pour obtenir la majorité parlementaire qu’il désire tant et qui l’a poussé à déclencher ces élections anticipées.

Ces trois sièges, un par province (les libéraux ont balayé l’Île-du-Prince-Édouard en 2019), représentent pas moins de 20% des gains dont a besoin Justin Trudeau pour remporter son pari. Il ne lui resterait ensuite plus qu’à grappiller quelques sièges au Québec, en Colombie-Britannique, peut-être un ou deux en Alberta et au Manitoba, et le tour est joué.

C’est toutefois plus facile à dire qu’à faire.

Les plus récents sondages nationaux démontrent que l’écart rétrécit entre les conservateurs et les libéraux (le NPD gagne aussi du terrain en Ontario).

Ce resserrement des intentions de vote pourrait finir par favoriser le Parti conservateur fédéral au Nouveau-Brunswick.

En effet, si les libéraux comptent présentement sept circonscriptions sur 10 (les six remportées en 2019, plus celle de la transfuge Atwin), leur domination est beaucoup plus fragile qu’elle en a l’air.

Miramichi-Grand Lake a penché du côté libéral au cours des deux dernières campagnes, élisant chaque fois Pat Finnigan. La dernière fois, celui-ci n’a toutefois gagné que par 370 votes, à l’issue de l’une des luttes les plus serrées au Canada.

M. Finnigan l’a emporté de justesse, notamment parce qu’il faisait face à une candidate conservatrice peu connue et que le Parti populaire de Maxime Bernier a obtenu plus de 1000 voix.

Cette fois-ci, deux députés provinciaux s’affrontent: le progressiste-conservateur Jake Stewart et la libérale Lisa Harris. L’issue de l’affrontement est loin d’être certaine, malgré les paroles de M. Trudeau qui a déclaré, lors de son passage à Miramichi, ne pas être inquiet de perdre le siège.

Dans Fredericton, il n’est pas sûr que la candidature de Jenica Atwin suffira à mener les rouges à la victoire. La région de la capitale provinciale a ces dernières années des allures de territoire hostile pour ceux-ci.

En 2019, le député libéral sortant Matt DeCourcey a terminé 3e (quoique avec plus de 13 000 votes), derrière le conservateur. Sur la scène provinciale, les libéraux ont été balayés de la carte électorale dans cette région. Les partis progressiste-conservateur, vert et allianciste se sont partagé les sièges.

C’est sans oublier que le Parti vert peut compter sur une candidate sérieuse et crédible en Nicole O’Byrne, une professeure en droit à l’Université du Nouveau-Brunswick.

Dans Saint-Jean-Rothesay, le libéral Wayne Long a su cultiver son indépendance vis-à-vis des politiques de son parti, si bien qu’il a résisté aux assauts conservateurs. En 2015, il l’a emporté par plus de 7000 voix contre Rodney Weston. En 2019, il a gagné le match revanche, mais avec moins de 1500 votes d’avance.

Il affronte cette fois l’ancien maire de la cité portuaire, le populaire Mel Norton. La lutte dans cette circonscription s’annonce aussi serrée, sinon plus, que la dernière fois.

Il est trop tôt dans la campagne pour faire des prédictions informées, sauf dans les châteaux forts comme Beauséjour et Acadie-Bathurst.

Dans plusieurs circonscriptions, la campagne compte. Les libéraux pourraient très bien perdre leur mainmise sur le Nouveau-Brunswick et nuire ainsi à leurs chances de remporter une majorité à la Chambre des communes.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle