Le plan de rentrée scolaire du ministre de l’Éducation, Dominic Cardy, est imparfait. Il atteint toutefois son principal objectif, soit permettre aux élèves de revenir en classe dans un environnement sécuritaire et en limitant les possibilités que la COVID-19 s’incruste dans les écoles. C’est ce qui compte le plus.

Il y a beaucoup de choses à aimer dans le plan Cardy, mais aussi quelques sources de frustration.

Commençons par les bonnes nouvelles. La rentrée scolaire se fera en personne. À moins de futures éclosions, l’apprentissage à la maison, que ce soit sur une base quotidienne (comme au début de la pandémie) ou une journée sur deux (pour les 9es à 12e année), sera chose du passé.

Cela serait difficilement réalisable sans la décision de rendre obligatoire la vaccination chez tous les fonctionnaires du gouvernement, y compris au sein du personnel scolaire. Ceux qui refuseront devront se soumettre à des tests de dépistage fréquents et réguliers.

Tous les élèves reviendront à l’école et la fréquenteront chaque jour, dans leur classe, en compagnie de leurs amis et avec un enseignant devant eux. C’est l’élément le plus positif de ce plan.

L’enseignement à la maison a ses limites. Passons rapidement sur l’échec de la plateforme numérique Jemeduque.ca, qui était censée «soutenir la continuité de l’apprentissage» au plus fort de la pandémie mais qui n’a pas rempli cette importante mission.

Le fait de n’envoyer les élèves des écoles secondaires en classe qu’une journée sur deux a eu aussi un impact négatif sur la qualité de l’enseignement, sur l’apprentissage, sur l’accompagnement ainsi que sur la motivation des adolescents touchés.

Le ministère doit tout faire pour que chaque enfant néo-brunswickois passe un maximum de journées à l’école, en personne. Le plan Cardy tend vers cet objectif.

Mieux encore, il vise un certain retour à la normalité. Fini les classes bulles. Les élèves pourront retrouver leurs amis. Le ministre permet aussi le retour des activités interscolaires et parascolaires, notamment sportives et culturelles.

Nous applaudissons cette décision. Les élèves font partie de ceux qui ont été le plus durement touchés par les effets de la pandémie, et ce, même s’ils font partie du groupe d’âge le moins susceptible d’être atteint de la COVID-19 et d’en subir les complications les plus virulentes.

L’idée d’imposer le port du masque aux élèves âgés de 12 à 19 ans dans certains lieux jusqu’à ce que le taux de vaccination atteignent 90% au sein de leur établissement scolaire n’est pas vilaine non plus.

Les élèves se retrouveront ainsi en concurrence avec ceux des autres écoles. Quand ils apprendront que leurs voisins voient leurs restrictions être levées parce que plus nombreux à être vaccinés, ils voudront les imiter. À un âge où la pression des pairs joue un rôle important, le pari mérite à tout le moins d’être tenté.

Malheureusement, les écoliers âgés de moins de 12 ans n’auront pas droit au même privilège, le vaccin n’ayant pas encore été approuvé pour eux.

Ils devront donc continuer de porter le masque dans l’autobus scolaire de même que dans les aires communes à l’extérieur de la salle de classe, ne pourront toujours pas boire aux fontaines et subiront d’autres restrictions du genre.

Cette décision est décevante. Elle ne passe pas bien chez les parents, et pour cause.

Le Nouveau-Brunswick est en phase verte. Un enfant (tous les Néo-Brunswickois en fait) peut aujourd’hui se rendre au restaurant, à la bibliothèque, dans un aréna ou chez ses amis sans aucune restriction sanitaire. Par contre, il devra mettre le masque à l’école pour se rendre à la salle des toilettes, à la cafétéria ou marcher dans le corridor.

Nous aurions préféré voir Dominic Cardy laisser la direction des districts scolaires effectuer une évaluation des risques plutôt que d’imposer une règle sévère et uniforme à travers la province.

Le risque qu’une éclosion de COVID-19 survienne est plus élevé dans un établissement surpeuplé de Moncton que dans une école en milieu rural qui ne comprend que quelques dizaines d’élèves et où on ne compte aucun cas dans la communauté.

De même, ces restrictions auraient pu être imposées à la pièce, quand des cas de COVID-19 se multiplient dans une communauté donnée par exemple.

Cela dit, même si nous aurions aimé voir le ministre faire preuve de plus de flexibilité dans son approche, il est difficile de le critiquer trop durement. Un gouvernement qui tombe dans l’excès de prudence pour assurer la santé et la sécurité des enfants est préférable à un autre qui laisserait une situation se dégrader sans agir.

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