Ça ne va pas bien à l’Hôpital régional de Campbellton. Le manque de personnel nuit à la capacité de l’établissement d’offrir des soins et d’accomplir sa mission. Pire, le Réseau de santé Vitalité semble être à court de solutions.

Le problème de la pénurie de personnel en santé n’est pas nouveau et n’est surtout pas unique à Campbellton ni même au N.-B.

Cela dit, le Restigouche représente un cas particulier. Il y a des problèmes et ils sont plus profonds que dans le reste de la province.

Près du tiers des postes d’infirmières de l’hôpital régional sont vacants. À l’urgence, c’est la moitié. Ajoutez à cela que nous sommes en été, donc en pleine période des vacances, et cela donne une situation intenable. Il y a des limites à laisser un petit groupe tenir le système à bout de bras.

Dans ce cas-ci, le Réseau de santé Vitalité explique avoir choisi de sacrifier les soins intensifs afin de protéger le service d’urgence. Il n’y a plus suffisamment de pieds sur le plancher pour maintenir tous les services, du moins pour la prochaine semaine.

Cette fermeture est censée être temporaire. Le sera-t-elle vraiment? La question mérite d’être posée. Après tout, aucun accouchement n’a lieu à l’Hôpital régional de Campbellton depuis plus de deux ans. Et les 12 lits de l’unité d’obstétrique-gynécologie sont fermés depuis le 20 août.

L’offre de soins de santé à Campbellton ressemble chaque jour un peu plus à un château de sable qui s’effrite de plus en plus vite.

Nous le disions plus haut, toutes les régions ont des problèmes. Pas plus tard que jeudi, le réseau Vitalité à invité la population à éviter, si possible, de se rendre au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont de Moncton, lequel peine à gérer la congestion à l’urgence.

Il y a 18 mois, le premier ministre Blaine Higggs approuvait un plan visant à fermer six urgences de nuit dans des hôpitaux en milieu rural. «Le modèle actuel ne fonctionne pas», avait-il tranché, avant de revenir quelques jours plus tard sur sa décision.

En juin 2021, cette réalité a rattrapé l’Hôpital de Sackville. Sa salle d’urgence est fermée de nuit pendant les fins de semaine, et ce, pour la durée de l’été.

Dans le cas de Campbellton s’ajoute une impression au sein de la population que le Réseau de santé Vitalité cherche à y réduire l’offre de service ainsi qu’à lui retirer son statut d’hôpital régional.

Des personnalités publiques sérieuses, qu’on n’entendrait jamais propager des théories du complot, témoignent d’incidents où des travailleurs de la santé qui ont soumis leur candidature pour un poste à Campbellton ont été ignorés ou carrément redirigés vers d’autres hôpitaux. D’autres parlent de décisions incompréhensibles ou d’infirmières qui occupent des postes de gestionnaires au lieu d’être invitées à parer au plus pressé, auprès des patients.

De vieilles histoires, réplique-t-on à Vitalité. Les efforts de recrutement et de rétention auraient été bonifiés et améliorés. Ils porteraient leurs fruits, sauf que le nombre de nouveaux arrivants ne suffit toujours pas à remplacer tous ceux qui quittent.

Cette méfiance à l’endroit des dirigeants de la régie s’intensifie du fait que la PDG, Dre France Desrosiers, limite ses sorties médiatiques depuis qu’elle s’est mise dans l’eau chaude en raison de déclarations controversées, peu après son arrivée en poste.

Résultat, nous avons souvent droit à des déclarations rédigées par des relationnistes et remplies de généralités.

Nous voudrions voir au contraire plus d’introspection. Qu’est-ce qui ne va pas à Campbellton? Pourquoi est-ce pire qu’ailleurs? Et que doit-on faire de différent?

Il nous semble évident à ce point-ci qu’un plan spécifique à l’hôpital de Campbellton doit être mis en place.

Quand il y a une crise, il faut mettre en place des mesures spéciales. Cela se fait déjà ailleurs. En 2019, le Foyer de soins Village de Campbellton a été placé sous tutelle par le gouvernement en raison de son incapacité à embaucher suffisamment de main-d’oeuvre et d’occuper ses lits vacants.

La ministre de la Santé, Dorothy Shephard a déclaré dans nos pages que des pistes de solution seront bientôt présentées. De son côté, la PDG Desrosiers a annoncé qu’un gestionnaire s’occupera du dossier.

Cela suffira-t-il? Sans doute pas. Les 91 postes vacants d’infirmières ne seront pas comblés de sitôt, si même jamais.

La pénurie de main-d’oeuvre en santé est mondiale. Mais il y a des problèmes qui sont spécifiques au Réseau de santé Vitalité et à l’Hôpital régional de Campbellton. Il est plus que temps de s’y attarder.

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