Des milliers de Néo-Brunswickois ont voté par anticipation au cours des derniers jours. À moins d’avoir choisi le vote par la poste, les autres ont rendez-vous le lundi 20 septembre. Ne restez pas à la maison. Si cette campagne électorale n’a pas vraiment sa raison d’être, les enjeux sont par contre bien réels.

Dans l’Acadie Nouvelle du 10 août, nous avons écrit en éditorial que le premier ministre Justin Trudeau a déclenché «des élections dont nous n’avons pas besoin». «Un scrutin inutile, alors que rien ne justifie un retour hâtif aux urnes».

Nous n’avons pas changé d’opinion là-dessus. À une semaine de la soirée électorale, Justin Trudeau n’a toujours pas réussi à convaincre qui que ce soit de l’urgence d’en appeler aux électeurs.

Les deux partis sont aujourd’hui nez à nez, la plupart des sondeurs donnant une légère avance aux rouges. Tout laisse croire que le prochain gouvernement sera minoritaire, possiblement libéral et qu’il devra s’appuyer sur un tiers parti pour gouverner.

Exactement la situation qui prévalait avant la visite de M. Trudeau à la résidence de la gouverneure générale, le jour de la Fête nationale des Acadiens.

Résultat, un retour aux urnes que personne ne désirait. C’est encore plus vrai dans Beauséjour et Acadie-Bathurst, deux circonscriptions où les libéraux sont assurés de la victoire et où la majorité des autres candidats ne se donnent même pas la peine de faire campagne.

Ces élections ont été riches en rebondissements et enseignements. Les deux premières semaines ont été difficiles pour les libéraux, au point où il est permis de croire que si Justin Trudeau pouvait reculer l’horloge, il reconsidérerait sûrement sa décision de faire dissoudre le Parlement.

Tout a changé à compter du premier débat des chefs, quand les trous dans le programme électoral du chef conservateur Erin O’Toole ont été mis en lumière, notamment en ce qui a trait à la place du privé en santé, à la vaccination contre la COVID-19 et à l’interdiction des armes d’assaut de type militaire.

Aucun enjeu spécifique à l’Atlantique n’a retenu l’attention sur la scène nationale.

Dans plusieurs circonscriptions fédérales néo-brunswickoises, ce ne sont pas des promesses comme les garderies à 10$ ou la vaccination obligatoire qui feront pencher la balance d’un bord ou de l’autre, mais plutôt des enjeux régionaux.

Dans Madawaska-Restigouche, la santé, pourtant de compétence fédérale, est sur toutes les lèvres. Dans Moncton-Riverview-Dieppe, on y parle surtout de logement social. Dans Miramichi-Grand Lake, les infrastructures (en particulier un projet de voie d’évitement) font l’objet de débats.

Plusieurs luttes se joueront sur la personnalité des candidats, en particulier dans les circonscriptions à majorité anglophone.

Deux ex-ministres provinciaux (le conservateur Jake Stewart et la libérale Lisa Harris) s’affrontent dans Miramichi-Grand Lake.

Un député de longue date (le libéral Wayne Long) et un populaire ex-maire et ancien candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur du N.-B. (le conservateur Mel Norton) se disputent Saint-Jean.

Dans Fredericton, la transfuge Jenica Atwin tente de se faire réélire dans une région où les libéraux ont été évincés de la carte, tant au niveau provincial que fédéral.

Il se peut que vous viviez dans une circonscription où il faudra veiller tard avant de connaître le vainqueur, comme il est possible que vous soyez résident d’un château fort libéral ou conservateur. Votre circonscription compte peut-être sur un candidat sérieux du NPD ou du Parti vert, ou au contraire plus que sa part de candidats poteaux.

Tout cela ne devrait pas vous arrêter.

Il y a plusieurs façons de décider à qui accorder son vote: la popularité du chef, l’allégeance à un parti politique, les promesses contenues dans un programme électoral, la qualité du candidat, etc.

Alors que trop de gens manifestent devant des hôpitaux, déversent leur fiel sur les médias sociaux ou ont recours à la violence, il est bon de rappeler que nous avons une meilleure façon d’exprimer notre voix, soit en dessinant un petit X sur un bulletin de vote.

Vous croyez que le gouvernement devrait faire preuve de plus de sévérité à l’égard des non-vaccinés? Vous pensez au contraire qu’il a déjà dépassé les bornes? Vous rêvez depuis longtemps de services de garde abordables? Rien n’est plus important pour vous que de tenir les autorités loin de votre arme à feu?

Vous aimez Justin Trudeau? Ou en avez-vous assez de lui? Vous avez été séduits – ou pas – par Erin O’Toole, Jagmeet Singh et Annamie Paul?

Peu importe ce qui vous branche, il n’y a pas de bonne raison pour ne pas voter. Vous avez un peu moins d’une semaine pour vous décider, voter et contribuer à déterminer la direction que prendra le Canada en cette ère de pandémie.

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