Voilà, c’est officiel. Blaine Higgs, l’homme qui ne voyait pas l’utilité d’un passeport vaccinal et qui se vantait il y quelques semaines à peine de ne pratiquement plus porter le masque, a fini par se rendre à l’évidence. Une décision qui aurait dû être prise il y a au moins un mois, mais qui est néanmoins la bonne.

L’enjeu du passeport vaccinal est sensible pour la plupart des politiciens de droite. Au Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs y va clairement à reculons. Les mots «passeport vaccinal» ne sont d’ailleurs utilisés nulle part dans le communiqué de presse du gouvernement, diffusé le 15 septembre. On a plutôt privilégié «preuve de vaccination».

Peu importe le vocabulaire choisi, un chat reste un chat. À compter de mercredi (ou plus précisément mardi à 23h59), il vous faudra montrer un document et des papiers d’identité prouvant que vous êtes immunisé contre la COVID-19 avant de pénétrer dans des endroits comme un restaurant, un cinéma ou un gymnase.

Les personnes qui entrent au Nouveau-Brunswick – y compris les Néo-Brunswickois qui reviennent à la maison – devront à nouveau s’enregistrer. Ceux qui ne sont pas vaccinés devront s’isoler à leur arrivée, comme c’était le cas au plus fort des vagues précédentes.

Nous appuyons ces décisions du gouvernement.

Le Nouveau-Brunswick est à un carrefour. Il était plus que temps de décider si nous voulons imposer à nouveau des restrictions pour tous les Néo-Brunswickois ou seulement à ceux qui refusent obstinément de se faire vacciner. Le gouvernement Higgs a préféré la deuxième option.

Il a fait le bon choix. Il a toutefois trop tardé à se décider.

Son impréparation est déplorable. Si la preuve de vaccination ne sera exigée qu’à compter de mardi, le code QR, que l’on pourrait montrer avec son téléphone, ne sera implanté que dans un mois.

Malgré ses réticences, nous aurions cru que le gouvernement Higgs se serait préparé à cette éventualité, ne serait-ce que par mesure de précaution. Ça ne semble pas être du tout le cas.

Les appels en faveur d’un passeport vaccinal ont commencé à se faire plus insistants à la mi-juillet, quand la France a adopté le sien. Le Nouveau-Brunswick ne comptait alors qu’une poignée de cas actifs, très peu de personnes hospitalisées et venait de vivre une séquence de neuf jours consécutifs sans qu’aucun cas de la maladie ne soit déclaré.

La vie était belle et il était irréaliste de croire que le gouvernement Higgs allait resserrer les mesures. Au contraire, il a même précipité le Nouveau-Brunswick en phase verte, alors que le taux provincial de vaccination avait pourtant commencé à stagner.

Les premiers signes que la situation n’était plus sous contrôle sont apparus à la mi-août, quand le nombre de cas s’est mis à exploser. Le 13 août, nous sommes passés de 68 à 84 actifs. Le 16 août, nous étions rendus à 105 cas, puis à 152 quatre jours plus tard.

Le gouvernement provincial n’a pas bronché. Le 2 septembre, alors que 63 Néo-Brunswickois venaient d’être diagnostiqués dans les cinq derniers jours, M. Higgs est resté campé sur ses positions. «À l’heure actuelle, nous ne sommes pas dans une situation qui nécessite d’imposer de nouvelles mesures», avait-il déclaré.

C’était il y a deux semaines. L’attentisme du gouvernement Higgs pendant cette période cruciale nous fait très mal aujourd’hui.

Le Nouveau-Brunswick était dès la mi-août, et sans doute bien avant, dans une «situation qui nécessite d’imposer de nouvelles mesures».

Il l’est encore plus aujourd’hui.

En effet, le passeport vaccinal n’est pas une sinécure. C’est un outil important qui incite déjà beaucoup de gens à se faire vacciner. À court terme, il ne ralentira toutefois pas à lui seul la propagation du coronavirus.

La situation va empirer avant de s’améliorer.

L’imposition du passeport vaccinal arrive-t-elle trop tard pour endiguer la 4e vague de la pandémie au Nouveau-Brunswick et l’empêcher d’ébranler notre réseau hospitalier? Nous l’ignorons. La réponse à cette question ne saurait tarder, tout comme le retour du port du masque obligatoire dans les endroits publics (c’est déjà le cas dans les écoles).

Il y a toutefois une bonne nouvelle. Avant de réagir, le gouvernement Higgs n’a pas attendu que la province vive une catastrophe sanitaire comme en Alberta, où le réseau de santé est sur le bord de l’effondrement tant la situation est dramatique.

Nous n’en sommes pas là, du moins pas encore. Mais l’incompétence du gouvernement albertain et les conséquences tragiques qui ont suivi doivent servir de leçon à Fredericton.

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