Nous l’avons écrit en éditorial dès le début de la campagne, il n’y avait aucune bonne raison pour justifier le déclenchement précipité de ces élections en pleine pandémie. Cela ne signifie toutefois pas qu’elles ont eu lieu pour rien. Bien des choses vont changer dans les prochains mois, y compris au Nouveau-Brunswick.

Au moment où ces lignes ont été rédigées, le résultat final n’était pas encore connu. Le Parti libéral du Canada était en bonne voie pour être réélu à la tête d’un gouvernement minoritaire, avec un Nouveau Parti démocratique comptant suffisamment de députés pour permettre à Justin Trudeau de gouverner.

Il s’agit plus ou moins de la même situation qui prévalait avant le déclenchement des élections.

Les semaines de campagne ont néanmoins été instructives. Le choix des électeurs aura des répercussions à court et à moyen terme.

La campagne électorale a été tout sauf statique. Les libéraux ont commencé avec une légère avance. Les deux premières semaines ont été pénibles pour leurs partisans, alors que le chef a peiné à justifier ces élections et que la retraite en catastrophe de l’Afghanistan a pris toute la place dans l’actualité politique.

Les conservateurs ont toutefois frappé le mur à la suite des débats des chefs.

Les électeurs ont alors découvert un Erin O’Toole qui répétait souvent les mêmes lignes prémâchés («J’ai un plan») et qui, surtout, gardait souvent le flou à propos de plusieurs de ses véritables intentions.

Cette campagne électorale aura au moins servi à quelque chose, soit à démontrer que le Parti conservateur a encore beaucoup de chemin à parcourir sur le plan de la transparence.  Sur la place du secteur privé en santé, les votes libres au Parlement contre l’avortement et la légalisation de plusieurs armes de style militaire, le chef a constamment évité de répondre ou encore a modifié ses réponses à mesure que ses contradictions étaient mises en évidence.

Le programme électoral conservateur prévoit par exemple de rendre le programme de péréquation plus juste pour l’Alberta. Cela signifie-t-il que les provinces bénéficiaires, comme le Nouveau-Brunswick, seront punies financièrement sous un gouvernement conservateur? M. O’Toole a bien pris soin d’éluder la question.

N’en doutons pas, M. Higgs a accueilli avec une grande déception le fait que les libéraux ont remporté le plus grand nombre de sièges sur la scène nationale, en Atlantique et au Nouveau-Brunswick. Il n’a jamais fait de cachette à l’idée qu’il préfère voir à Ottawa un gouvernement conservateur. Il avait appuyé Andrew Scheer; il est cette fois-ci dans le camp d’Erin O’Toole.

Il sera intéressant de constater si les résultats pousseront une nouvelle fois M. Higgs à changer sa vision sur certains enjeux.

Lors des élections provinciales de 2018, Blaine Higgs avait fait campagne contre le projet fédéral de tarification du carbone, qu’il avait surnommé la taxe Gallant-Trudeau. Il avait même qualifié le scrutin de référendum à propos de la taxe sur le carbone.

Les électeurs néo-brunswickois ont porté les progressistes-conservateurs au pouvoir. Toutefois, en 2019, les libéraux de Justin Trudeau ont été réélus à Ottawa. Les conservateurs fédéraux n’avaient fait élire que trois députés au Nouveau-Brunswick et un seul autre en Atlantique (en Nouvelle-Écosse).

Blaine Higgs avait accusé le coup et accepté un peu plus tard le principe d’une taxe sur le carbone au Nouveau-Brunswick.

L’histoire semble vouloir se répéter à nouveau. Cette fois-ci, le gouvernement Higgs a refusé de signer une entente avec le gouvernement Trudeau pour permettre la création d’un réseau de garderie à 10$ par jour. Le Nouveau-Brunswick est la seule province de l’Atlantique à avoir refusé l’argent du fédéral.

Le résultat de ce scrutin poussera-t-il le premier ministre Higgs à changer d’idée? Il est à espérer que oui. Si ces élections n’avaient pas leur raison d’être, nos dirigeants doivent néanmoins prendre acte des résultats et gouverner en conséquence.

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