Les élections fédérales sont maintenant derrière nous. Même s’ils sont minoritaires, les libéraux devraient rester aux commandes à Ottawa pendant encore un bon bout de temps, personne n’ayant intérêt de déclencher de nouvelles élections rapidement. Une raison de plus pour le gouvernement Higgs d’améliorer ses relations avec le gouvernement libéral.

La réélection d’un gouvernement Trudeau qui pourra s’appuyer sur le Nouveau Parti démocratique ou le Bloc québécois comporte un avantage: la prévisibilité.

Justin Trudeau est premier ministre du Canada depuis 2015. Nous savons à quoi nous attendre de lui. Il est un leader interventionniste qui aime dépenser et se mêler de compétences provinciales.

Nous ne sommes pas le Québec. Le Nouveau-Brunswick n’a historiquement jamais été jaloux de ses compétences constitutionnelles. S’il y a de l’argent fédéral sur la table, nous ne pouvons pas nous permettre de lever le nez dessus.

C’est pourtant ce que fait le premier ministre Blaine Higgs chaque fois que pointe à l’horizon l’ombre d’élections. Il a fait campagne en compagnie du chef conservateur Andrew Scheer en 2019. Il a donné son appui à Erin O’Toole en 2021. Il ne s’est pas gêné au cours des années pour critiquer et dénoncer Justin Trudeau, son gouvernement et ses politiques phares.

Les liens ne sont toutefois pas rompus. Les politiciens ont beau faire preuve de partisanerie publiquement, leurs gouvernements s’assurent en coulisses de maintenir ouvertes les voies de communication.

Le retour au pouvoir des libéraux signifie que le Nouveau-Brunswick pourra compter sur le ministre Dominic LeBlanc, élu député de Beauséjour une huitième fois.

La situation est bien différente comparativement aux premières années du gouvernement Harper, quand Greg Thompson parlait en notre nom au sein du Cabinet fédéral. Celui qui était alors ministre des Anciens Combattants n’était pas le plus influent.

C’est un avantage stratégique extraordinaire de pouvoir compter depuis 2015 sur un Acadien bien au fait des enjeux et de nos priorités au sein de la garde rapprochée du premier ministre du Canada. Autant les progressistes-conservateurs que les libéraux ne se gênent pas pour se brancher directement sur cette ligne quand vient le moment de faire débloquer les dossiers.

M. Trudeau a fait campagne en vantant son programme de garderies à 10$, inspiré de celui déjà en vigueur au Québec. Le Nouveau-Brunswick est l’une des trois provinces à avoir jusqu’à maintenant refusé l’argent du fédéral, avec l’Ontario de Doug Ford et l’Alberta de Jason Kenney, ce qui nous place en bien charmante compagnie…

Le premier ministre Blaine Higgs doit immédiatement mettre fin à sa position partisane et entreprendre des négociations avec le gouvernement Trudeau.

Les services de garde dans notre province n’atteignent pas les coûts stratosphériques à Toronto, mais ils ne sont pas donnés non plus. Surtout, l’expérience québécoise nous indique qu’un système de garderie public et à bas prix permet à un grand nombre de femmes de retourner sur le marché du travail.

Bonne nouvelle, M. Higgs a pris acte du résultat et démontre enfin une volonté de travailler avec son homologue fédéral. Nous nous en réjouissons.

Le maintien des libéraux au pouvoir représente aussi un développement intéressant en ce qui a trait à la lutte contre la COVID-19. Erin O’Toole a refusé de dire combien de ses candidats sont immunisés et s’est opposé à des mesures comme la vaccination obligatoire au sein de la fonction publique.

Or, le Nouveau-Brunswick vient d’imposer des restrictions importantes, notamment la preuve vaccinale, le port du masque obligatoire dans la plupart des lieux publics intérieurs et des règles de vaccination sévères au sein de la fonction publique.

Tout semble vouloir séparer Blaine Higgs et Justin Trudeau. Mais sur le front de la lutte contre la COVID-19, M. Higgs a dans les faits plus d’atomes crochus avec M. Trudeau qu’avec M. O’Toole.

C’est bien ainsi. La dernière chose dont nous avons besoin, ce sont des voix politiques discordantes entre deux gouvernements sur cet enjeu précis.

***

Permettez-nous un petit détour, en terminant, à propos de la soirée électorale de lundi diffusée à Radio-Canada. Nous avons constaté une belle amélioration concernant la couverture et les analyses à propos des circonscriptions de l’Atlantique.

Contrairement à 2019, les analystes étaient bien au fait des luttes à suivre et des enjeux. L’ajout de l’ancien premier ministre Brian Gallant au sein de l’équipe est un bon coup.

Quand Radio-Canada se donne la peine, elle est en mesure de remplir son mandat national. Elle a échoué à le faire lors de la soirée électorale de 2019 et lors du débat des chefs d’il y a deux semaines. Elle a toutefois fait bien mieux lundi soir.

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