La 4e vague de la pandémie frappe le Nouveau-Brunswick de plein fouet, tant en nombre de nouveaux cas quotidiens que de personnes hospitalisées, aux soins intensifs ou décédées. Encore une fois, les régions du Madawaska et du Restigouche sont au cœur de la tempête. Une tendance troublante.

La PDG du Réseau de santé Vitalité, Dre France Desrosiers, s’est retrouvée à nouveau au centre d’une controverse cette semaine.

En réponse à la question d’un journaliste,

elle a révélé que le taux de vaccination des employés de l’hôpital de Saint-Quentin n’était que d’environ 40%. Or, ces chiffres dataient d’il y a deux semaines. Le taux réel de vaccination dans cet établissement tourne plutôt autour de 65%.

La Dre Desrosiers a depuis été critiquée, autant pour avoir d’abord partagé une information périmée que pour avoir ciblé les employés de cet hôpital. La mairesse de Saint-Quentin, Nicole Somers, a accusé la PDG de Vitalité de stigmatiser les travailleurs de la santé de sa région.

En tant que mairesse, c’est le travail de Mme Somers de défendre les citoyens et les intérêts de sa région. Elle a toujours bien joué ce rôle et nous n’avons aucun problème à ce qu’elle le fasse encore une fois dans ce dossier.

Cela dit, nous estimons que la Dre Desrosiers n’a pas «stigmatisé» les employés de l’hôpital de Saint-Quentin. Ceux-ci l’ont fait tout seuls en étant trop peu nombreux et lents à se faire immuniser contre la COVID-19.

Ils étaient environ 40% à s’être fait vacciner il y a deux semaines. Ils sont aujourd’hui environ 65%. Dans les deux cas, il s’agit d’un taux inacceptable et bien en deçà de la moyenne provinciale ainsi que dans les autres hôpitaux du réseau.

Nous rejoignons toutefois la mairesse Somers sur un autre point: le taux de vaccination de tous les hôpitaux – pas seulement celui de Saint-Quentin – devrait être rendu public.

S’il y a une résistance à la vaccination dans un hôpital, nous avons le droit de le savoir. Nous parlons après tout d’établissements financés par nos impôts afin de soigner des gens parmi les plus vulnérables de la société. Par leur insouciance, les non-vaccinés mettent en danger la vie des autres. C’est pourquoi la vaccination devrait être obligatoire pour tous les employés du système de santé, comme s’apprête à le faire la Nouvelle-Écosse.

La situation est particulièrement préoccupante dans le Restigouche et le Madawaska.

Il faut être prudent avant de montrer des gens du doigt. Personne ne fait exprès pour attraper la COVID-19 ou pour la propager. Ce n’est pas comme si le Nord-Ouest était un bloc unifié qui a fait le choix d’ignorer les restrictions sanitaires. La réalité est plus complexe.

Néanmoins, les chiffres ne mentent pas.

Selon Statistiques Canada, le nombre de cas par 100 000 habitants dans les régions d’Edmundston et de Campbellton est parmi les plus élevés au Canada.

Nuance importante, les régions du nord de la province sont moins populeuses. Une hausse soudaine du nombre de cas de COVID-19 les fait donc statistiquement très mal paraître.

Cela n’explique cependant pas tout.

Ces deux secteurs ont connu certains des pires épisodes de la province depuis le début de la pandémie. Des confinements y ont été imposés. Près de la moitié des 56 victimes de la COVID-19 au Nouveau-Brunswick étaient des résidents de la zone 4 (Madawaska-Victoria).

Par ailleurs, le District scolaire francophone Nord-Ouest vit une situation particulièrement critique. Il doit gérer des éclosions dans près de la moitié de ses établissements scolaires. Des écoles sont passées à l’enseignement virtuel, faute de pouvoir remplacer le personnel absent.

La Santé publique a aussi révélé qu’un fort pourcentage des éclosions proviennent du Restigouche-Ouest.

Il y a des limites à vouloir blâmer l’ouverture des frontières ou la fatalité. Il y a clairement une situation particulière dans ces régions. Le message n’y passe pas aussi bien qu’ailleurs.

Le gouvernement provincial a sa part de responsabilités. Blaine Higgs refuse de nommer un porte-parole politique bilingue. Il a de plus toujours privilégié une approche provinciale là où une intervention plus ciblée est nécessaire.

Au-delà des considérations politiques, nous avons chacun une responsabilité individuelle et collective.

Tout ça aurait pu être évité si nous étions plus nombreux à nous faire vacciner. Nous sommes l’artisan de notre propre malheur. Les résidents de certaines zones sanitaires l’apprennent plus durement que d’autres.

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