La première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation a été un succès, y compris au Nouveau-Brunswick, où des milliers de citoyens ont participé aux différentes activités de commémoration. Il y a toutefois un grand bémol à apporter: le gouvernement provincial peine à s’engager véritablement à l’endroit des Premières Nations.

La réaction du gouvernement Higgs à l’égard de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, et plus précisément son refus d’en faire un jour férié au Nouveau-Brunswick, est symptomatique de l’état de ses relations avec les Mi’kmaqs et les Wolastoqeys.

Le premier ministre et son équipe disent les bonnes choses. Dans une lettre ouverte publiée cette semaine dans plusieurs journaux, dont l’Acadie Nouvelle, M. Higgs soutient avoir été bouleversé par la découverte des restes de 215 enfants sur le site d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique.

Il affirme que «chaque enfant compte», reconnaît les répercussions des pensionnats sur les peuples autochtones et indique que «si nous voulons guérir en tant que province, nous devons nous engager en partenariat avec les communautés autochtones».

Un message fort et rassembleur, qui doit être salué, mais qui n’est encore une fois pas accompagné d’actions. Alors qu’une majorité de provinces ont choisi de faire du 30 septembre un jour férié, le Nouveau-Brunswick a préféré passer son tour.

Cette apparente contradiction n’est pas une surprise. Elle est devenue la norme.

Nous parlons après tout d’un gouvernement provincial qui reconnaît le racisme systémique, mais qui a refusé de mettre en place une commission publique sur le sujet, allant même jusqu’à éjecter du Cabinet un ministre (Jake Stewart, depuis devenu député fédéral) parce qu’il était en désaccord avec cette vision.

Ce gouvernement affirme de toutes les manières possibles qu’il souhaite engager un dialogue constructif avec les Premières Nations. Cela ne l’a toutefois pas empêché de mettre fin à un programme de remboursement des taxes prélevées dans leurs communautés et d’ainsi leur couper les vivres.

Les relations entre le gouvernement Higgs et les peuples autochtones sont complexes et difficiles, généralement par la propre faute du premier ministre. Les propositions visant les Autochtones sont souvent rejetées. Blaine Higgs affirme vouloir s’attaquer directement aux problèmes, de la manière la plus efficace qui soit, avec des résultats tangibles, sauf que cela finit rarement par aboutir à quoi que ce soit.

Le refus de M. Higgs de rendre le 30 septembre comme jour férié est intéressant à cet égard.

Le calendrier des fêtes reconnues par les gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Canada est effectivement compressé à cette période de l’année. Nous venons de célébrer la fête du Travail il y a moins d’un mois. L’Action de grâce est à nos portes. Elle sera suivie peu après du jour du Souvenir.

Ces différents fériés démontrent ce qui est prioritaire pour les gouvernements.

Au cours de l’année, nous retrouvons des congés religieux (Vendredi saint, Pâques, Action de grâce, Noël, lendemain de Noël), mais aussi d’État (fêtes du N.-B. et du Canada).

Chaque jour férié a un coût pour l’économie. Cela n’a toutefois pas empêché les élus d’ajouter à la liste le jour du Souvenir et même le jour… de la Famille, en février!

Quand quelque chose devient une priorité, les gouvernements agissent. Et à Fredericton, malgré les belles paroles du premier ministre, les Autochtones ne sont pas une priorité.

Le gouvernement provincial a annoncé plus tôt cette année la fin du programme de remboursement de la taxe de provinciale dans les communautés autochtones sans une once de consultation ou de préavis digne de ce nom et sans se préoccuper de l’impact que cela aura sur les Premières Nations touchées.

Par contre, l’ajout d’un jour férié visant à commémorer l’un des chapitres les plus sombres de notre histoire (l’État canadien qui kidnappe les enfants autochtones dans le but de les assimiler de force) est jugé trop coûteux pour l’économie néo-brunswickoise.

Des milliers de personnes ont démontré cette semaine au Nouveau-Brunswick et au Canada qu’elles ne veulent plus détourner le regard.

Quand vient le moment de transformer les larmes en action, le gouvernement Higgs continue de faire preuve d’hésitation plutôt que de détermination. La journée de jeudi aurait été idéale pour annoncer des changements dans les relations entre Fredericton et les Premières Nations. Malheureusement, il s’agit plutôt d’une autre occasion ratée.

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