Il ne se passe désormais plus une journée sans qu’au moins un Néo-Brunswickois ne meure de la COVID-19. Le week-end qui vient de se terminer a été meurtrier: six décès et 233 nouveaux cas. Dans une province où les vaccins sont gratuits et facilement accessibles, cela dépasse l’entendement.

Parmi les victimes annoncées en fin de semaine se trouvait un pompier âgé de 39 ans. Selon les témoignages de sa famille diffusés sur CBC, Trent Anderson était en pleine forme et en bonne santé. Il était aussi père de deux enfants et beau-père de deux autres. Et non-vacciné.

Il a été déclaré positif à la COVID-19 en septembre. Son état s’est ensuite détérioré au point où il s’est mis à éprouver des difficultés respiratoires. Il est décédé après une semaine aux soins intensifs.

Quelques jours auparavant, l’Acadie Nouvelle a raconté l’histoire d’Émilie Thériault, dont plusieurs membres de la famille ont été atteints du coronavirus. Son grand-père est désormais aux soins intensifs, dans le coma.

«Je sais qu’ici, beaucoup de gens ne croient pas dans la COVID-19 ou au vaccin», a expliqué Mme Thériault à propos de sa famille et, plus largement, de la région de Kedgwick, où elle réside. Difficile de ne pas la croire quand on sait que la Santé publique a confirmé que le Restigouche-Ouest est l’épicentre de l’éclosion de COVID-19 dans la zone sanitaire 4.

Alors que le nombre de cas confirmés continue d’exploser, de tristes histoires comme celles du pompier Anderson et de la famille de Mme Thériault risquent de devenir plus fréquentes.

Le variant Delta est plus virulent et plus contagieux. Être «jeune avec un bon système immunitaire» ne représente pas une barrière contre le coronavirus. Selon la Dre Jennifer Russell, une personne atteinte de la COVID-19 qui se retrouve aux soins intensifs a une chance sur deux de ne pas survivre.

La situation sanitaire se dégrade au Nouveau-Brunswick et le gouvernement provincial a une part de responsabilité. Il a attendu le plus longtemps possible avant d’imposer à nouveau des restrictions. Son incurie a de lourdes conséquences.

Cela dit, il y a présentement quelque 70 000 adultes néo-brunswickois qui ne sont pas vaccinés. Normalement, nous n’aurions rien à redire à leur sujet. Chaque personne a le droit de vivre sa vie comme elle l’entend.

L’ennui est que si tout le monde (y compris les doubles vaccinés) peut attraper la COVID-19, ce sont surtout les non-vaccinés qui subissent les symptômes les plus virulents. Ce sont eux qui remplissent nos lits d’hôpitaux et nos unités de soins intensifs. C’est par la faute de ceux-ci si des dizaines d’écoles sont fermées, si nous devons porter le masque dans les lieux publics intérieurs et si la possibilité d’un nouveau confinement devient chaque jour plus réelle.

Le nombre de non-vaccinés au sein du personnel hospitalier est particulièrement frustrant.

Selon les chiffres dévoilés la semaine dernière, le taux de vaccination dans les hôpitaux du Réseau de santé Vitalité est sous la moyenne provinciale. À Saint-Quentin, à Grand-Sault et au Centre hospitalier Restigouche, il n’atteint même pas 70%!

Des dizaines de milliers de Néo-Brunswickois, y compris des centaines d’employés dans les hôpitaux, préfèrent risquer d’être gravement malade ou même la mort plutôt que de se faire inoculer un vaccin qui les protégeront.

Plus stupéfiant encore est le fait que plusieurs d’entre eux accepteront d’être immunisés seulement si on touche à leur petit bonheur.

C’était le cas du pompier de Fredericton, qui avait décidé de se faire vacciner afin de pouvoir accompagner ses enfants au hockey mineur, où le passeport vaccinal est exigé. Malheureusement pour lui et sa famille, il a trop tardé.

Vous êtes quelque 70 000 Néo-Brunswickois d’âge adulte qui, pour plein de raisons que vous jugez légitimes, ne veulent pas être vaccinés. Votre refus a un impact sur la société dans laquelle vous vivez et pourrait bien avoir des conséquences funestes sur vous ou vos proches.

N’attendez pas qu’il soit trop tard. Faites-vous vacciner.

N.B. – Une version précédente de ce texte indiquait que le beau-père de Mme Thériault est intubé, ce qui n’est pas le cas. Toutes nos excuses pour cette erreur.

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