Le premier ministre Justin Trudeau a dévoilé mardi l’identité des 38 ministres qui forment son gouvernement. Autant pour l’Acadie, le Nouveau-Brunswick que pour l’Atlantique, les nouvelles sont bonnes. Très bonnes mêmes.

La présence de Dominic LeBlanc au sein de ce nouveau conseil des ministres est à la fois la nouvelle la moins surprenante du jour, mais aussi la plus importante. Le député fédéral de Beauséjour conserve les Affaires intergouvernementales, mais ajoute aussi à ses responsabilités le portefeuille des Infrastructures et des Collectivités.

Il s’agit d’un développement majeur.

Dominic LeBlanc est un ami d’enfance de Justin Trudeau. Il fait partie de sa garde rapprochée. Au cours des années, il s’est vu confier plusieurs postes de confiance, mais jamais de ministère à vocation économique.

En 2016, alors que M . LeBlanc avait été nommé aux Pêches et aux Océans, nous avions exprimé en éditorial le souhait que son passage à ce ministère soit de courte durée. Jamais un Acadien n’a eu autant l’écoute du premier ministre du Canada. De là notre souhait à l’époque que cette influence ne s’exprime pas uniquement à propos de la taille minimum de la carapace du homard pêché.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Depuis août 2020, M. LeBlanc est ministre des Affaires intergouvernementales, ce qui fait de lui la voix de M. Trudeau auprès des premiers ministres provinciaux.

En ajoutant les Infrastructures à son portfolio, le ministre acadien devient un incontournable. Il détient le chéquier, ce qui lui permettra de faciliter la négociation de compromis… ou d’imposer ses priorités.

C’est particulièrement vrai au Nouveau-Brunswick, où le premier ministre Blaine Higgs refuse de participer aux programmes fédéraux à coûts partagés, tout en ne se gênant pas pour critiquer le gouvernement Trudeau et lui faire part de ses exigences.

Tout cela sera désormais lié. Autant les relations avec le gouvernement fédéral que les négociations à propos des infrastructures passeront par le bureau de M. LeBlanc. En tant que représentant d’un gouvernement qui vient à peine d’être réélu et à la tête d’un ministère qui démontre le lien qui l’unit avec le premier ministre Trudeau, il sera en position de force.

Dominic LeBlanc ne sera pas le seul Acadien au sein du cercle des décideurs à Ottawa. La députée de Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas Taylor, est de retour au Cabinet. Elle sera responsable des Langues officielles et de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, mieux connue sous son acronyme d’APÉCA.

Nous aurions préféré voir Mélanie Joly mener à terme la mise en oeuvre de la nouvelle Loi sur les langues officielles du Canada. Cela dit, il faut convenir que la nomination de Mme Petitpas Taylor envoie un message positif.

Ginette Petitpas Taylor n’arrive pas avec la réputation d’une femme qui veut tout bousculer sur son passage afin de faire sa marque. C’est une travailleuse d’équipe.

Le projet de loi sur la révision de la Loi sur les langues officielles est déjà fin prêt. Il est simplement mort au feuilleton à la suite de la dissolution de la Chambre des communes, au déclenchement des élections. Tout de suite après son assermentation, la nouvelle ministre a indiqué avoir l’intention de faire adopter le projet de loi d’ici 100 jours. C’est ce que nous voulions entendre.

Par ailleurs, nous nous réjouissons du fait qu’elle sera désormais ministre responsable de l’APÉCA. Le premier ministre Trudeau avait inexplicablement confié les rênes de l’agence à un ministre de Toronto, puis de Montréal.

Cette anomalie est corrigée et c’est bien ainsi. Les élus de notre coin de pays connaissent mieux que ceux du centre du Canada les besoins particuliers de nos entreprises et de nos régions.

Autre bonne nouvelle: l’Atlantique est bien représentée. Nous comptons six ministres, ce qui n’est pas arrivé souvent par le passé. La Terre-Neuvienne Gudie Hutchings (Développement économique rural) et le Néo-Écossais Sean Fraser (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté) détiennent des portefeuilles importants pour notre région.

Cela signifie que nous ne manquerons pas de voix au Cabinet fédéral, tant en nombre qu’en influence. Pourvu qu’il s’en donne la peine et qu’il mette de côté sa partisanerie, le gouvernement Higgs pourra compter sur des alliés de choix afin de faire progresser les enjeux pour le bien des Néo-Brunswickois.

Un tel alignement des planètes ne se reproduira pas de sitôt. Ce serait impardonnable pour le Nouveau-Brunswick de ne pas en tirer pleinement profit.

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