La décision de Donald Arseneault de se lancer dans la course à la direction du Parti libéral est une bonne nouvelle pour cette formation politique, mais aussi pour tous les électeurs qui souhaitent une solution de rechange crédible au premier ministre Blaine Higgs.

Les ambitions de Donald Arseneault n’étaient pas un secret d’État. Il vérifiait la température de l’eau et sollicitait des appuis depuis plusieurs mois.

Si l’impact de son annonce s’est perdu dans le brouhaha de la grève de la fonction publique qui a été déclenchée dans les heures suivantes, celle-ci ne saurait être sous-estimée. Avec l’ancien député fédéral T.J. Harvey qui a déjà officialisé ses intentions plus tôt cet été, le Parti libéral compte désormais deux candidats sérieux pour sa course à la direction.

Cela a son importance. La campagne au leadership de 2019, qui visait à trouver un successeur à l’ex-premier ministre Brian Gallant, est morte dans l’œuf avec le couronnement de Kevin Vickers.

Cette situation a eu plusieurs conséquences. Le Parti libéral n’avait pas profité du vent de dos qui accompagne normalement une telle course. De plus, M. Vickers n’avait pas pu éprouver ses capacités de politicien, d’orateur et de rassembleur.

Résultat, ce néophyte de la politique était encore bien peu connu de la population quand Blaine Higgs a déclenché des élections provinciales en pleine pandémie, à la fin de l’été 2020.

Les libéraux sont cette fois-ci en train de s’assurer que leur campagne au leadership se jouera avec un scénario différent de la dernière fois.

La candidature de Donald Arseneault est intéressante à plus d’un niveau. Il apporte avec lui beaucoup d’expérience, ayant été ministre autant sous Shawn Graham que Brian Gallant. Il a aussi occupé le poste de vice-premier ministre.

L’une des forces du premier ministre Blaine Higgs est le fait qu’il a été ministre des Finances (sous David Alward) et qu’il est un dirigeant éprouvé, y compris en temps de pandémie. Le manque d’expérience de Kevin Vickers avait d’ailleurs joué contre lui l’année dernière.

Donald Arseneault est aussi parfaitement bilingue. T.J. Harvey parle et comprend le français, mais de façon très limitée. Quant à Blaine Higgs, il est toujours aussi unilingue et a une nouvelle fois démontré honteusement son insensibilité à l’endroit des Acadiens, en fin de semaine, avec une conférence de presse en anglais seulement et sans traduction simultanée (à propos de la grève des fonctionnaires).

Par ailleurs, M. Arseneault a pendant 14 ans été député dans le Restigouche. Il compte sa part d’appuis dans le Nord, dont il s’est souvent fait le champion pendant ses années en politique.

Il est désormais établi à Fredericton, où il a l’intention d’être candidat au cours du prochain scrutin. Les libéraux ont été rayés de la carte dans cette région lors des dernières élections provinciales et auront besoin d’y réaliser une percée s’ils veulent reprendre le pouvoir.

Par contre, l’expérience de M. Arseneault vient avec un désavantage: il traîne beaucoup de bagages derrière lui.

Ses positions fortes pour sa région et le Nord en ont fait une personnalité qui divise chez les anglophones. Il faut avoir lu les réactions dans les médias sociaux à son égard au cours des années pour comprendre à quel point il n’est pas le plus aimé (pour être poli).

Le nouveau candidat reconnaît ce fait. Il affirme qu’on lui avait donné par le passé le rôle d’être une sorte de bulldog (attack dog) du gouvernement. Par exemple, après l’accession de Blaine Higgs à la tête du Parti progressiste-conservateur, c’est lui qui avait été envoyé au front pour critiquer le nouveau chef.

M. Arseneault soutient qu’il a rempli la mission qu’on lui avait confiée du mieux qu’il a pu et qu’il est prêt aujourd’hui à occuper un nouveau rôle, plus rassembleur, à la tête de son parti et de la province.

Il lui reste du temps pour en faire la démonstration, le Parti libéral n’ayant pas encore déterminé la date de son congrès à la direction. D’ici là, nous émettons le souhait que d’autres personnes s’avancent. Une bonne lutte avec plusieurs bons candidats et candidates est le remède dont cette formation politique a besoin pour se donner une chance de gagner les prochaines élections et de former entretemps une opposition plus efficace.

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