Le gouvernement Higgs cherche depuis l’année dernière à réformer le système de santé. Le monde a toutefois changé entre-temps, avec l’arrivée de la COVID-19. La ministre Dorothy Shephard, qui s’apprête à déposer son plan, doit en tenir compte.

Dorothy Shephard a annoncé qu’elle dévoilera très bientôt, possiblement dès cette semaine, le contenu de sa réforme de la santé.

La ministre de la Santé n’ayant rien laissé couler de ses intentions, outre une photo de la page couverture de son document, nous ignorons quelles sont les actions qu’elle entend imposer d’ici la fin de son mandat.

Blaine Higgs n’a jamais fait de mystère quant à sa volonté d’apporter des changements importants au système de santé. Par contre, il a caché ses intentions précises aux électeurs. Le programme électoral des progressistes-conservateurs ne nous est d’aucune utilité. Outre une vague promesse d’«optimiser les ressources» et une autre d’«élargir l’utilisation des rendez-vous virtuels pour la santé en milieu rural», il n’y a aucun indice de ses intentions.

Le premier ministre Higgs a convaincu les Néo-Brunswickois (du moins les électeurs vivant dans des circonscriptions à majorité anglophone) de lui offrir un chèque en blanc. Nous sommes sur le point de découvrir ce qu’il va en faire.

La première chose à surveiller consistera à savoir si ce gouvernement tiendra promesse. En février 2020, il a annoncé son intention de fermer de nuit les services d’urgence de six hôpitaux situés en milieu rural. Devant la possibilité d’être renversé, Blaine Higgs a reculé.

Au cours de la campagne électorale qui a suivi, il a promis de ne pas revenir à la charge avec ce projet dans l’éventualité où son gouvernement était reporté au pouvoir. Désormais à la tête d’une majorité, nous sommes sur le point de découvrir si sa parole vaut quelque chose.

Le premier ministre a aussi maintes fois laissé entendre qu’il veut mettre fin à la duplication des services offerts dans les hôpitaux.

Ce phénomène d’établissements hospitaliers en compétition les uns contre les autres pour offrir les mêmes services spécialisés est très présent du côté anglophone. Les propos passés de M. Higgs laissent toutefois entendre qu’il s’inquiète plutôt de la duplication entre les deux régies, anglophone et francophone.

Ira-t-il jusqu’à fusionner Vitalité et Horizon? Ce n’est pas un secret des dieux qu’ils sont nombreux, au sein du Parti progressiste-conservateur, à rêver d’un seul réseau de la santé bilingue.

De plus, ce ne serait pas la première fois que le gouvernement Higgs soutient que les droits constitutionnels des Acadiens sont un obstacle à la qualité des soins de santé. Il s’était imprudemment aventuré dans cette voie en 2018, en tentant d’éliminer certaines obligations linguistiques chez Ambulance NB.

Nous exhortons cette administration à ne pas se plier encore une fois aux désirs de sa frange la plus intolérante. La fusion de Vitalité et d’Horizon n’aurait rien à voir avec l’amélioration de la qualité de soins et serait plutôt interprétée, à juste titre, comme étant une attaque contre la population francophone.

Par ailleurs, les progressistes-conservateurs ont démontré depuis leur arrivée au pouvoir peu de volonté d’améliorer concrètement le système de santé. Au contraire, la priorité a plutôt été de rembourser la dette publique.

Or, les besoins sont nombreux. Le plan Shephard doit impérativement prévoir une stratégie avec des objectifs clairs et des fonds supplémentaires pour les atteindre.

Le principal défi du système de santé est le recrutement. Les hôpitaux manquent de bras. Il n’y a pas assez de spécialistes, de médecins, d’infirmières, de professionnels de la santé et d’employés de soutien. S’il n’y a pas de solution magique, la réforme doit néanmoins envoyer le signal que Fredericton est sérieux dans sa volonté d’améliorer la situation.

Autre préoccupation: le gouvernement pourrait être tenté de centraliser à Saint-Jean, à Moncton et à Fredericton les services disponibles dans les hôpitaux du Nord.

Ce serait une erreur. Le Nouveau-Brunswick a besoin d’un système de santé avec des maillons forts dans toutes les régions afin de faire face à cette pandémie.

La réforme Shephard doit rendre le système de santé plus viable. Les changements structurels les plus importants doivent être repoussés à la fin de la pandémie. Ils ne doivent pas avoir pour effet d’uniquement renforcer une poignée d’hôpitaux situés dans les trois grands centres, et certainement pas au détriment des patients francophones.

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