Nous y voici enfin. Un vaccin contre la COVID-19 a été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans et est offert au N.-B. Combien de parents permettront à leur progéniture de s’en prévaloir? La réponse à cette question déterminera quand les écoles pourront retrouver un semblant de vie normale.

Contrairement à la croyance populaire, les enfants peuvent aussi attraper la COVID-19. La Santé publique révélait mardi qu’environ 30% des cas répertoriés depuis septembre dans la province ont été signalés chez les jeunes âgés de 20 ans et moins.

Les plus jeunes ont moins tendance à attraper la COVID-19 et à souffrir de ses effets les plus graves que les adultes, ce qui est une bénédiction. Mais ils ne sont pas immunisés non plus. Ils doivent être vaccinés à leur tour.

Aux États-Unis, des centaines d’enfants sont décédés de la COVID-19 et des milliers ont été hospitalisés. Aucun n’a subi d’effets secondaires graves en raison du vaccin.

Fredericton ne pourra cette fois jouer la ligne dure. Il peut renvoyer les fonctionnaires anti-vaccins en congé sans solde. Il peut interdire aux personnes qui n’ont pas de preuve vaccinale de se rendre dans certains lieux publics intérieurs. Mais quelles sont les options concernant les enfants qui ne seront pas vaccinés en raison du refus de leurs parents? Leur bloquer l’accès à leur école? Les priver d’éducation? Les isoler en leur imposant l’enseignement virtuel à la maison?

Partout au Canada, les pouvoirs publics s’interrogent sur la meilleure façon de convaincre les récalcitrants. Au Québec, le premier ministre François Legault a mis des gants blancs. Pas question de culpabiliser les parents ni même d’imposer un objectif. Les cliniques de vaccination sont transformées et décorées afin d’être moins intimidantes pour les jeunes.

Au Nouveau-Brunswick, rien de ce genre n’est prévu. Cette nouvelle campagne qui débute nous rappelle l’une des faiblesses de ce gouvernement, c’est-à-dire son incapacité à mettre sur pied une campagne de sensibilisation digne de ce nom.

La stratégie provinciale consiste encore à organiser des conférences de presse qui se passent en majorité (et souvent en totalité) en anglais et de les diffuser sur YouTube avec interprétation simultanée.

Le parcours pour réussir à prendre un rendez-vous à partir du site web du gouvernement provincial est toujours aussi labyrinthique. Mardi, alors que la ministre Shephard annonçait triomphalement aux parents qu’ils pouvaient enfin inscrire leurs enfants, le formulaire d’inscription n’avait pas été modifié et ne donnait pas l’option pour les 5 à 11 ans (le problème a depuis été réglé).

Ce n’est pas pour rien que le Nouveau-Brunswick a le plus faible taux de vaccination des provinces de l’Atlantique.

Il faudra pourtant faire mieux. Les enfants ont beau être moins souvent malades de la COVID-19, ils en subissent les conséquences. Les écoles sont fermées aussitôt qu’une éclosion a lieu. Les activités parascolaires sont réduites au strict minimum. Les élèves n’ont plus le droit d’entrer en contact avec leurs amis en dehors de leur bulle (classes ou groupes d’âge). Surtout, ils doivent porter le masque presque tout le temps, y compris quand ils sont assis seuls à leur pupitre.

En raison de la COVID-19, les écoles n’offrent plus l’environnement optimal auquel ont droit les élèves pour mieux apprendre et développer leurs habiletés sociales.

Cela doit changer. Pour y arriver, il faut vacciner rapidement un plus grand nombre d’entre eux. La réussite de l’opération dépendra de la capacité des politiciens et des porte-parole du milieu de la santé de se faire convaincant.

Il faut le dire, ce n’est pas très bien parti. Les cliniques de vaccination pour enfants ont pour la plupart peu de dates de disponible, à des moments pas commodes pour les personnes sur le marché du travail et n’acceptent pas de rendez-vous les fins de semaine.

Aucune clinique n’est prévue dans les établissements scolaires. Un non-sens.

Le premier ministre Blaine Higgs, la ministre de la Santé Dorothy Shephard et le ministre de l’Éducation Dominic Cardy doivent sortir de leur tanière à Fredericton. Ils doivent prendre le bâton du pèlerin et parcourir les communautés ainsi que les écoles. Ils doivent aussi miser sur des personnalités crédibles, autant dans le milieu de la santé que communautaire, pour rassurer les parents et leur donner des faits qui feront contrepoids à la désinformation qui pullule sur Facebook et sur YouTube.

Ils doivent bien cela à nos enfants.

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