Devant une situation sanitaire qui se dégrade chaque jour un peu plus, en particulier à Fredericton et à Saint-Jean, le premier ministre Blaine Higgs privilégie sa stratégie de prédilection: fermer des écoles et interdire aux enfants de pratiquer certains sports. Une décision discutable qui donne l’illusion que le gouvernement prend des mesures musclées contre la COVID-19 et le variant Omicron, alors qu’il hésite à imposer d’autres décisions plus difficiles et impopulaires.

L’Acadie Nouvelle a partagé ses réserves en éditorial, la semaine dernière, à propos du plan hivernal du gouvernement Higgs censé empêcher le nombre de cas actifs de COVID-19 d’exploser après les Fêtes. Nous ne nous doutions pas qu’à peine une dizaine de jours plus tard, ce plan serait déjà en partie caduc.

Le variant Omicron, réputé être plus contagieux que son prédécesseur Delta et plus résistant aux vaccins, a été détecté dans notre province. La réaction en provenance de Fredericton a été brutale. Les enfants âgés de 5 à 11 ans se verront privés de classe la semaine prochaine et ne peuvent plus pratiquer certains sports.

Cela se justifie du fait que l’immunisation des jeunes de ce groupe d’âge ne fait que commencer. Ce groupe n’est pas encore admissible à la vaccination complète. Des dizaines de cas de COVID-19 ont été confirmés dans les écoles primaires et les garderies dans les derniers jours.

Néanmoins, il y a une odeur d’improvisation dans cette décision. Surtout, rien ne démontre que les mesures annoncées permettront de freiner suffisamment la propagation du coronavirus.

Le gouvernement Higgs a visé les jeunes enfants parce que c’est une restriction facile à mettre en application et que celle-ci soulèvera peu de résistance.

Cela prend moins de courage politique de prolonger d’une semaine le congé scolaire de certains élèves et de leur interdire de pratiquer leur sport favori que d’interdire les rassemblements durant les Fêtes, mettre fin aux partys de Noël dans les restaurants, forcer ceux-ci à fermer temporairement leur salle à manger ou imposer un confinement complet à la capitale.

Pire, il a imposé sa directive à toute la province, alors que rien ne le justifie pour le moment. Moins de 10% des cas de COVID-19 ont été confirmés dans les zones du Nord-Ouest, du Restigouche et du Nord-Est. La presque totalité des écoles du Nord ne comptent aucun cas actif.

Il s’agit de deux poids deux mesures. Le gouvernement Higgs n’a pas hésité par le passé à confiner des régions entières (le Madawaska et le Restigouche y ont particulièrement goûté). Maintenant que le feu est pris dans la capitale, la crise est soudainement devenue provinciale.

La ministre de la Santé, Dorothy Shephard, affirme vouloir «sauver Noël», mais s’y prend malheureusement trop tard. Certaines actions auraient dû être prises dès novembre afin d’atteindre son objectif.

À ce point-ci, seules des mesures draconiennes et hautement impopulaires permettraient d’aplatir la courbe des nouvelles infections. Pour y arriver, il faudrait intervenir là où le virus est le plus susceptible de se propager. Et ce n’est pas dans un cour de natation à Shippagan ou pendant une partie de hockey mineur à Petit-Rocher.

La région de Fredericton est au cœur de la crise. Le gouvernement doit agir avec celle-ci comme il l’a fait avec d’autres régions par le passé: en y interdisant les déplacements non essentiels ou en imposant un confinement. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil à la liste des avis d’exposition dans la capitale. Il s’agit d’un véritable registre de restaurants, de gymnases et autres lieux du genre.

La mesure ultime pour retarder l’arrivée du variant Omicron consisterait toutefois à interdire les rassemblements familiaux à Noël. Le gouvernement Higgs a rejeté pour l’instant cette possibilité. Il estime (avec raison) que la plupart des gens refuseraient d’obtempérer.

Il pourrait se résoudre à agir si Omicron ne lui laisse pas d’autres options. S’il se rend à cette éventualité, nous l’enjoignons à cibler les régions où le coronavirus fait des ravages. Interdire à des personnes doublement ou triplement vaccinées et résidents de régions qui comptent très peu de cas de COVID-19 de se rassembler pour Noël serait inutile et contreproductif.

Presque autant que d’empêcher des enfants d’aller à l’école ou de pratiquer un sport dans des communautés épargnées par la pandémie.

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