Prenez soin de votre député provincial et souhaitez-lui de joyeuses Fêtes si vous le croisez dans les prochains jours, surtout s’il siège dans l’opposition. Parce que si l’envie lui venait de remettre sa démission, de longs mois s’écouleront avant que le gouvernement daigne donner le feu vert pour le remplacer.

Au Nouveau-Brunswick, les premiers ministres ont la déplorable habitude de retarder le plus longtemps possible le déclenchement des élections complémentaires qu’ils sont peu susceptibles de remporter. Blaine Higgs n’est pas différent de ses prédécesseurs.

Le 20 septembre, le conservateur Jake Stewart a remporté une brillante victoire dans la circonscription fédérale de Miramichi-Grand Lake. Il a obtenu 14 218 votes, soit presque 2000 de plus que sa plus proche poursuivante.

Ce scrutin était spécial du fait que le Parti conservateur et le Parti libéral étaient tous les deux représentés par un député provincial. Jake Stewart (Miramichi-Sud-Ouest-Baie-du-Vin) et Lisa Harris (Baie-de-Miramichi-Néguac) ont dû abandonner leur siège afin d’être candidats aux élections fédérales.

Ces deux circonscriptions provinciales sont désormais orphelines. Elles ne comptent sur aucun élu à l’Assemblée législative du N.-B. Le premier ministre Higgs n’a montré aucune intention de régler ce problème de sitôt.

Il n’est pas sorcier de deviner pourquoi. Son gouvernement a chuté dans les sondages, si bien qu’il est loin d’être certain qu’il puisse espérer remporter les deux sièges ou même un seul d’entre eux.

Aucune des deux circonscriptions ne peut pourtant être considérée comme étant un château fort. Baie-de-Miramichi-Néguac a alterné d’un parti à l’autre. Quant à Miramichi-Sud-Ouest-Baie-du-Vin, ses électeurs sont plutôt de tendance conservatrice. Ils se sont néanmoins laissés tentés par d’autres formations politiques par le passé (la carte électorale a évolué au fil du temps).

Néanmoins, en analysant froidement l’état des lieux, le gouvernement Higgs en est sans doute venu à la conclusion qu’en cas d’élections, les libéraux maintiendront leur siège et que la People’s Alliance pourrait remporter l’autre.

Ce pronostic s’explique par l’insatisfaction grandissante de la population à l’égard de Blaine Higgs, mais aussi du fait que les gouvernements sont souvent désavantagés lors des élections partielles. Les électeurs, sachant que la décision ne les engage pas pour un mandat complet de quatre ans et étant conscients que leur nouveau député ne sera pas nommé ministre, se gênent moins pour envoyer un message au parti au pouvoir.

Il ne s’agit pas d’une règle absolue. Les gouvernements remportent aussi des partielles, quoique cela survient généralement en début de mandat ou quand le parti au pouvoir jouit encore d’une grande popularité.

Cela ne s’applique toutefois pas à la situation actuelle du gouvernement. S’il se décide à déclencher des élections, ce sera avec un fort vent de face. Ajoutons à cela le fait que M. Higgs a exprimé par le passé sa frustration par rapport au nombre trop élevé de députés (à ses yeux), et les électeurs de la région de Miramichi risquent d’attendre longtemps avant d’aller aux urnes.

Combien longtemps? La loi électorale donne six mois au gouvernement pour déterminer la date du scrutin, ce qui nous amène au printemps. Notez toutefois la nuance. Une élection ne doit pas être déclenchée pendant cette période. Le premier ministre a plutôt six mois pour décider quand les citoyens iront aux urnes.

Le libéral Brian Gallant avait utilisé cette clause à son avantage en 2018. Ainsi donc, les citoyens de Campbellton-Dalhousie avaient dû patienter dix mois – jusqu’aux élections générales provinciales – avant d’élire un remplaçant à Donald Arseneault.

Il existe un réel danger pour que les deux circonscriptions vacantes de Miramichi restent sans représentation pendant plus de six mois. En effet, Blaine Higgs a laissé entendre qu’organiser des partielles en pleine pandémie n’est pas l’idéal.

Une explication peu convaincante venant de la bouche d’un politicien qui a déclenché des élections générales en 2020, alors qu’aucun vaccin contre la COVID-19 n’était encore disponible, et ce, afin de profiter de sondages favorables pour obtenir une majorité.

Assez de temps a été perdu. Des élections complémentaires doivent être déclenchées dans les premiers mois de 2022. Les intérêts partisans du parti au pouvoir ne doivent pas se mettre au travers de la démocratie.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle