L’année 2021 a été celle où le gouvernement Higgs a montré ses limites. Tant à ce qui a trait à la gestion de la pandémie qu’aux choix qui ont été privilégiés, il a fait des erreurs coûteuses. Il s’en est suivi un gaspillage de son capital politique de même qu’une diminution prévisible de sa popularité et du taux de satisfaction de la population à son endroit.

Les deux priorités absolues de Blaine Higgs en 2021 étaient l’amélioration des finances publiques ainsi que la lutte contre la COVID-19.

La première était manifestement la plus importante aux yeux du premier ministre. Or, s’il y a bien un moment où il aurait dû mettre l’idéologie de côté, c’est bien dans le dossier

de l’équilibre budgétaire. La priorité aurait dû être d’accorder encore plus d’aide aux Néo-Brunswickois. Pas de plaire aux banquiers.

En pleine crise sanitaire, le gouvernement néo-brunswickois a été l’un des rares en Occident à réduire ses dépenses. Il a aussi empoché l’argent reçu d’Ottawa qui était censé aider à mitiger les effets néfastes de la pandémie. Résultat, un surplus budgétaire indécent de plus de 400 millions $ l’année dernière et un autre qui s’annonce dans les prochains mois.

Parallèlement à cela, le gouvernement a perdu la bataille contre la COVID-19. La pandémie est désormais hors de contrôle. Des centaines de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque jour, avec peu d’espoir de voir la situation s’améliorer à court ou à moyen terme.

Le système de santé est sous pression, les écoles sont fermées et de grands pans de l’économie sont frappés de plein fouet. Pendant ce temps, le gouvernement Higgs ne semble avoir aucune réponse, outre de restreindre l’accès aux tests de dépistage. L’année s’est terminée avec l’annonce que le premier ministre lui-même a été atteint à son tour de la maladie.

Les derniers mois ont aussi été marqués par la grève du Syndicat canadien de la fonction publique. Blaine Higgs a voulu jouer la ligne dure, allant jusqu’à mettre son véto à une entente pourtant raisonnable qui avait été conclue avec les syndiqués d’Alcool NB.

Après deux semaines de grève qui ont fragilisé le système de santé et pendant laquelle l’apprentissage scolaire s’est fait en ligne, le gouvernement a finalement perdu son bras de fer. La nouvelle convention collective coûtera aux contribuables beaucoup plus cher que ce que Fredericton prévoyait.

2021 a aussi été l’année du fiasco du salaire minimum. En avril, une hausse ridicule de 0,05$ l’heure a été annoncée, le gouvernement ayant choisi de respecter à la lettre une formule qui lie le salaire minimum au taux d’inflation.

En décembre, après des années à soutenir que les augmentations doivent être mesurées et prévisibles, Blaine Higgs a effectué un virage aussi soudain que spectaculaire. Le taux horaire de base sera bonifié de 2$ cette année (1$ en avril et 1$ en octobre). La province du cheap labour deviendra en quelques mois seulement l’une de celles avec le salaire minimum le plus élevé au Canada, au grand désarroi des propriétaires d’entreprises qui doivent gérer les changements d’humeur dans la capitale sur cet enjeu.

L’année a été difficile aussi pour la ministre de la Santé, Dorothy Shephard, et pas seulement en raison de la pandémie.

Elle n’a pas été à la hauteur des attentes en ce qui a trait à la maladie mystérieuse (qui existe… ou pas). Les personnes atteintes attendent des réponses. Ils se sont plutôt butés sur un mur, le ministère étant tout sauf transparent.

Mme Shephard a aussi passé la majeure partie des douze derniers mois à planifier une réforme de la santé. Elle a accouché d’une souris.

Des améliorations et des changements seront apportés au réseau, mais rien qui puisse être qualifié de transformationnel. Sa volonté de miser sur les réflexologues, des coachs de vie et d’autres professions controversées et non réglementées laissent planer des doutes sur le sérieux avec lequel elle a mené ses travaux.

C’est tout le contraire du ministre Daniel Allain, qui a déposé cette année un véritable projet de réforme de la gouvernance locale. Il a réussi le difficile exercice d’être à la fois à l’écoute des communautés, mais ferme dans ses objectifs d’à la fois renforcer les municipalités et de réduire leur nombre ainsi que celui des districts de services locaux.

Il s’agit là d’une rare réussite pour ce gouvernement en 2021. Il devra faire mieux en 2022. Le Nouveau-Brunswick ne peut pas se permettre des échecs à répétition et des erreurs de jugement comme ceux qui ont marqué la dernière année.

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