Le Nouveau-Brunswick est de retour en confinement. Une décision devenue inévitable en raison de l’inaction du gouvernement Higgs au cours des derniers mois, mais qui ne pourra se poursuivre éternellement.

Le premier ministre Blaine Higgs ne voulait rien savoir de faire passer la province en phase 3. S’il a fini par se résoudre à cette éventualité, c’est parce qu’il n’avait plus vraiment le choix.

Tous les indicateurs sont au rouge. Le nombre de nouveaux cas quotidiens a explosé, au point où la Santé publique ignore désormais le véritable portrait de la situation. Le nombre d’hospitalisations grimpe.

Plus triste et plus préoccupant encore est le fait que le nombre de décès dus à la pandémie connaît à son tour une hausse préoccupante. La COVID-19 tue plus au Nouveau-Brunswick par personne que partout ailleurs en Atlantique et même au Canada. Elle a fait 26 morts dans la province depuis Noël (y compris huit dans les deux derniers jours), soit plus de 1,5 victime par jour.

Le coup de grâce est peut-être survenu cette semaine, quand les responsables des régies de santé ont sonné l’alarme. La PDG du Réseau de santé Vitalité, Dre France Desrosiers, a expliqué que les hôpitaux approchent d’un seuil critique où il faudra déterminer qui aura droit à certains soins et qui se les verront refuser. Un point de rupture que n’importe quel gouvernement digne de ce nom ne peut tolérer.

Malgré tout, nous sous-estimons sans doute à quel point il a dû être difficile pour Blaine Higgs de franchir le Rubicon.

Il fait aujourd’hui ce qu’il a refusé de faire cet automne, quand le feu était pris à Saint-Jean et à Fredericton, mais qu’il ne s’était pas encore propagé dans le reste de la province. Il a cessé de mettre en place des mesures coupe-circuits dans certaines régions en disant qu’elles n’étaient pas efficaces. Il tolère pour les 16 prochains jours ce qu’il n’a pas voulu faire avant Noël, sous prétexte que ce ne serait pas accepté par la population.

Il ne fallait pas être devin pour prédire ce qui allait survenir. Au début décembre, nous avons expliqué en éditorial que la stratégie gouvernementale était inadéquate et que le Nouveau-Brunswick se dirigeait tout droit vers un mur. Dans un autre éditorial publié cette fois mardi, nous avons dénoncé le fait que le gouvernement a abdiqué ses responsabilités.

Son inaction a mené notre province vers une conclusion prévisible: une pandémie hors de contrôle et un système de santé tout près du point de rupture.

Le premier ministre et son équipe ont mérité tout le crédit pour leur gestion de la pandémie lors des derniers mois. Ils méritent autant le blâme pour le fiasco actuel. Ce nouveau confinement est le fruit de leur vision de laisser-faire adoptée depuis des mois.

Le plus préoccupant est qu’après 22 mois de pandémie, le gouvernement Higgs n’a toujours pas l’ombre d’un début de plan pour un retour à un monde où les personnes pleinement vaccinées pourraient reprendre une vie plus ou moins normale.

Il continue de naviguer à courte vue. Le confinement doit durer 16 jours. Et après? Le premier ministre semble croire que tout ira ensuite beaucoup mieux. «Un court moment difficile à passer pour des gains à long terme», a-t-il déclaré en conférence de presse. Un optimisme qui semble plus basé sur la pensée magique que sur la science.

Ça ne peut plus continuer ainsi. La COVID-19 est là pour rester. Nous devons sortir de ce cercle vicieux de périodes de confinement suivi de levées des restrictions, puis d’autres confinements.

Depuis 22 mois, la majorité des Néo-Brunswickois ont fait des sacrifices, suivi les règles sanitaires, abandonné une partie de leurs droits et libertés et se sont fait vacciner en grand nombre.

Une fois le confinement terminé, une majorité d’entre nous auront eu l’occasion d’avoir été double ou triple vaccinés. Les enfants auront eu accès à leur deuxième dose. Bien qu’il reste dangereux et très contagieux, le variant Omicron est moins virulent. Comme l’a imagé le quotidien montréalais LaPresse cette semaine: «Le monstre est affaibli et nos boucliers sont plus robustes».

Le gouvernement Higgs devra prendre des décisions qu’il a trop longtemps repoussées afin de pouvoir rouvrir les écoles et l’économie en février, notamment en ce qui a trait à l’étendue du passeport vaccinal et à la vaccination obligatoire. Tout doit être sur la table afin que le prochain confinement soit uniquement celui des non-vaccinés.

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