Ce qui se passe en Ukraine ne devrait laisser personne indifférent. La Russie est en train d’envahir un État démocratique afin de l’asservir. Le Canada et toutes ses provinces, dont le Nouveau-Brunswick, doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher ce drame qui se joue sous nos yeux.

Il y a plus de 1,3 million de descendants d’Ukrainiens au Canada. On ne parle pas nécessairement de gens qui ont un lointain ancêtre qui a émigré vers l’Amérique il y a des siècles. Beaucoup d’entre eux se sont établis au Canada il y a une ou deux générations, ou même très récemment, et ont encore des amis et de la famille dans ce pays européen.

Si le gros de la communauté canado-ukrainienne se trouve dans l’Ouest canadien, en particulier au Manitoba et en Saskatchewan, on en retrouve aussi dans les Maritimes. Le jour même où le président russe Vladimir Poutine a ordonné l’invasion, des manifestants ont bravé le froid à Moncton et à Halifax en guise de solidarité avec le peuple ukrainien.

Les témoignages entendus brisent le cœur. À Moncton, Nataliia Haidash a raconté ne pas avoir dormi de la nuit en essayant de joindre sa famille. Anastasia Zaiets, qui est en 12e année à l’école L’Odyssée, craint pour ses proches qui vivent dans une région non seulement menacée par l’envahisseur, mais où se trouve de plus une centrale nucléaire.

À Halifax, Sergiy Zhyznomirsky, qui réside au Canada depuis une vingtaine d’années, a témoigné que les membres de sa communauté se sentent «fatigués, épuisés, terrifiés et anxieux» par rapport aux récents événements. Une adolescente a témoigné combien il est difficile pour elle de se concentrer à l’école en sachant que sa mère, âgée dans la soixantaine, vit encore en Ukraine.

À Fredericton, le premier ministre Blaine Higgs a commencé sa conférence de presse en partageant sa solidarité avec le peuple ukrainien. Nous saluons son initiative. Il s’agissait là d’une conférence de presse importante et attendue, à propos de la fin des restrictions sanitaires liées à la COVID-19. M. Higgs ne pouvait pas choisir meilleur mo­ment pour montrer à la population néo-brunswickoise l’importance qu’accorde son gouvernement à ce conflit.

Dans le même ordre d’idée, nous vous invitons à visionner la vidéo enregistrée par le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, dans laquelle il rappelle au peuple russe de façon puissante et émouvante les liens qui unissent les deux pays et pourquoi la guerre peut et doit être évitée. La vidéo est en russe, avec sous-titrage en anglais, et peut facilement être trouvée sur internet.

Malheureusement, la force des mots ne suffira pas. À ce point-ci, rien ne fera reculer Vladimir Poutine. L’Ukraine, telle qu’on l’a connue, n’existera plus.

Le Canada a passé toute son existence sous la protection et l’amitié de la plus grande puissance mondiale: d’abord l’Angleterre, ensuite les États-Unis. Les Ukrainiens vivent plutôt à l’ombre d’un voisin belliqueux qui utilise tous les outils (pressions économiques, fraude électorale, puissance militaire) pour les soumettre à sa zone d’influence.

Les Ukrainiens ne sont pas différents de nous. Ils aspirent à la paix et à la démocratie. Deux fois en dix ans, ils ont pris la rue pour se débarrasser d’un gouvernement corrompu et illégitime. Ils connaissaient une vie normale, avec des valeurs semblables aux nôtres. Leur président est une ancienne vedette de la télévision. Ils ont suivi avec passion les exploits d’Oleksandr Abramenko, leur unique médaillé aux Jeux olympiques de Pékin (il a obtenu l’argent en sauts acrobatiques).

Leur monde est aujourd’hui en train de s’écrouler. Nous ne pouvons pas détourner le regard pendant qu’un régime autocratique envahit une démocratie. Notre réponse doit être ferme.

Comment? La réponse n’est pas simple. C’est une chose de vouloir protéger un peuple ami. Mais êtes-vous prêts à voir des milliers de soldats canadiens mourir au front? À accepter que des obus russes tombent sur Ottawa, Toronto ou Moncton? Sans doute pas.

Toutes les autres mesures doivent cependant être envisagées. La Russie est devenue un État paria. Il faut couper les liens avec ce pays, même si cela a un impact sur nos marchés d’exportation, sur nos étagères d’épicerie, sur le prix de l’essence, sur l’emploi, etc.

Des sacrifices qui seront faibles en comparaison avec ce que vivent les Ukrainiens. Les gouvernements fédéral et provinciaux, y compris celui du Nouveau-Brunswick, doivent agir en accordant toute l’aide financière, logistique et humanitaire possible aux victimes de l’agression russe. Les actions doivent appuyer les mots.

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