Le budget fédéral comprend un train de mesures en lien avec le logement. Malheureusement, il ne permettra pas à court terme de mettre un terme à la crise qui sévit dans ce secteur et ne soulagera pas de façon significative les ménages aux prises avec la hausse importante du coût de la vie.

Pour la deuxième fois en trois semaines, un ministre des Finances dépose un budget avec comme trame de fond la crise du logement. Les ministres Ernie Steeves (Nouveau-Brunswick) et Chrystia Freeland (Canada) ont démontré par le fait même qu’ils ne partagent pas une philosophie commune.

Le gouvernement Higgs privilégie une approche fiscale. Il a annoncé une diminution de la part provinciale de l’impôt foncier sur les résidences secondaires et les immeubles à logement, surnommé «double taxe» par ses détracteurs.

De leur côté, les libéraux fédéraux ont comme à leur habitude préféré de grands programmes nationaux. Ils ont créé un fonds de 4 milliards $ sur cinq ans visant à doubler la construction de logements dans la prochaine décennie.

Le problème est que les libéraux ont déjà mis en place une stratégie nationale en 2017, laquelle prévoit des investissements de 70 milliards $ dans le logement sur 10 ans. Celle-ci n’a pas contribué à résorber la crise du logement, particulièrement dans les régions rurales.

Nous aurions préféré une approche plus instantanée, par exemple une réduction de la TVH, un crédit d’impôt sur les matériaux de construction ou tout autre incitatif encourageant directement et immédiatement la construction de nouveaux appartements.

Le plan de la ministre Freeland n’est pas mauvais. Mais son impact prendra des années à se faire sentir au Canada, sans garantie que le Nouveau-Brunswick profitera un jour de ses bienfaits.

Cela dit, il y a aussi du positif.

Chrystia Freeland a créé un nouveau compte d’épargne libre d’impôt qui permettra aux citoyens qui en ont les moyens d’économiser plus facilement en prévision de l’achat d’une première maison. Le marché de l’immobilier est en surchauffe au Nouveau-Brunswick, mais cela n’a encore rien de comparable avec Vancouver ou Toronto. Ce nouveau programme devrait donc avoir un impact positif pour de nombreux ménages dans notre province.

Nous saluons aussi la décision de la ministre d’imposer les maisons ou les immeubles revendus en moins d’un an.

Dans la région de Moncton en particulier, les flips, comme on les surnomme, sont devenus un véritable mode de vie pour de nombreux acheteurs qui y voient une façon de faire un coup d’argent vite fait. Cela contribue à la hausse du prix des maisons dans la région. Ces gens-là seront dorénavant imposés (des exceptions sont prévues, par exemple en cas de séparation de couple).

Dans un autre ordre d’idée, le budget confirme la volonté du gouvernement fédéral de tourner la page sur la pandémie. La COVID-19 n’a bien sûr pas disparu de nos vies. Il s’agit toutefois de la fin des budgets de crise, avec ses programmes d’aide exceptionnels et ses déficits totalisant des centaines de milliards de dollars.

L’alliance entre le Parti libéral et le NPD permet aussi à Chrystia Freeland de planifier à long terme, sans être en mode prélectoral et sans craindre de voir le gouvernement être renversé à tout moment.

C’est peut-être ce qui explique le peu de cas accordé à la hausse du coût de la vie. Il n’y a pas de plan en lien avec l’explosion du prix de l’essence, du panier d’épicerie, etc. La ministre semble plutôt croire que la situation est temporaire, notamment en raison de la guerre en Ukraine, et que l’inflation va se résorber d’elle-même.

Autre mauvaise nouvelle, Ottawa n’augmentera pas à court terme de façon significative les transferts en santé. «Assez choquant», a réagi le premier ministre Blaine Higgs. Mais pas surprenant, pouvons-nous ajouter. En effet, aucun signal en provenance de la capitale fédérale ne laissait présager l’arrivée d’autres millions de dollars à ce poste budgétaire.

Dernier point. Les libéraux prévoient injecter 5,3 milliards $ dans la création d’un régime d’assurance dentaire, tel que prévu dans l’entente signée avec le NPD.

Pour les Néo-Brunswickois, il s’agit d’une bonne nouvelle. Nous vivons dans une province où le filet social comporte plusieurs trous. La création de nouveaux programmes comme l’allocation nationale pour les enfants, les garderies à 10$ et maintenant l’assurance dentaire permet d’aider les familles, en particulier les plus pauvres.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle