Nous avons été témoins d’une évolution importante au cours des dernières semaines dans tout ce qui entoure la réforme de la gouvernance locale au Nouveau-Brunswick, avec pour résultat que cela favorise le ministre responsable Daniel Allain ainsi que l’atteinte de ses objectifs.

Les premiers mois qui ont suivi le dépôt du livre blanc du ministre, avec notamment le dévoilement des limites des nouvelles entités municipales, ont vu l’apparition de poches de résistances tenaces, mais isolées à travers la province. Des représentants municipaux et de districts de services locaux, notamment à Lac-Baker et à Atholville, ont contesté ces regroupements qui leur sont imposés et ont tenté de forcer le ministre à reculer. En vain.

Entretemps, les comités de transition ont été mis en place dans chacune des entités qui seront créées. Un facilitateur, nommé et payé par le gouvernement provincial, les accompagne dans ce délicat exercice de planification.

De nombreuses décisions doivent être prises rapidement. Parmi celles qui retiennent le plus l’attention médiatique, notons le nom des municipalités et la composition des futurs conseils municipaux.

Ce n’est pas tout. Une réforme des commissions de services régionaux a aussi lieu en parallèle. De plus, une multitude d’autres actions doivent être effectuées, certaines plus sensibles que d’autres.

Dans les derniers jours, Daniel Allain a été interpellé à l’Assemblée législative sur le sort qui attend les directeurs généraux des différents villages et villes bientôt regroupés. Il a promis que personne ne sera mis au chômage. Les défis sont grands et nous aurons besoin de tout le monde, a déclaré en substance le ministre.

Il reste que cela ne sera pas évident pour les nouvelles entités de regrouper le personnel administratif. Aucune ville n’aura besoin de trois ou quatre directeurs généraux, d’une multitude de directeurs de loisirs, etc.

Certains trouvent que tout cela va bien trop vite. «On pense tous que c’est un peu rapide», a indiqué le maire de Campbellton, Ian Comeau, dans nos pages. Ses collègues et lui n’ont pas tort. Le ministre Allain en est conscient. «On change les deux moteurs de l’avion en plein vol, je suis d’accord», a-t-il indiqué.

Il refuse toutefois d’allonger les délais pour le moment. Il n’est pas compliqué de comprendre pourquoi. Tout ce qui traîne se salit. Il ne veut pas que les petits problèmes se transforment en grandes controverses qui pourraient faire dérailler sa vision.

La stratégie est un succès. La résistance publique des premières semaines a laissé place aux conflits ou bras de fer à l’interne. C’est là tout le génie de ce processus qui laisse aux représentants des communautés le soin de régler elles-mêmes leurs problèmes, dans un court laps de temps, avec l’aide d’un facilitateur qui a le pouvoir de faire des recommandations au ministre si aucun compromis ne peut être négocié.

Dans certaines communautés, tout semble se dérouler comme sur des roulettes. Dans d’autres, c’est plus compliqué. À certains endroits, les membres du comité de transition butent sur le nom. Dans d’autres, c’est plutôt la composition du futur conseil municipal qui pose problème.

Ces problèmes se règlent bien loin du ministre qui ne se réserve qu’un droit d’arbitrage en tout dernier recours. Quand Caraquet choisit de façon déroutante d’accorder une majorité aux communautés voisines au sein du futur conseil, c’est le maire qui doit s’expliquer. Pas le ministre. Quand Le Goulet et Shippagan n’arrivent pas à s’entendre sur un nom, ce sont leurs élus qui doivent s’expliquer auprès de la population. Pas le ministre.

Les représentants des différentes communautés sont donc condamnés à s’entendre. Et très rapidement, les délais étant extrêmement serrés.

Le gouvernement provincial aurait-il dû accorder plus de temps pour la mise en place de la réforme? Peut-être bien. Daniel Allain a d’ailleurs indiqué dans nos pages que «s’il faut lever le pied, on le fera». Mais il a aussi précisé qu’il est trop tôt pour cela et qu’il veut d’abord «se rendre le plus loin possible».

Force est de constater que sa méthode fonctionne.

Les élus municipaux et les représentants des DSL n’ont pas fait la démonstration qu’ils arriveront à des résultats fondamentalement différents ou meilleurs s’ils disposaient de deux ans devant eux plutôt qu’à peine quelques mois comme c’est le cas présentement.

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