Le rapport du Bureau du défenseur des enfants, des jeunes et des aînés met en lumière l’amateurisme derrière la décision du gouvernement provincial de mettre fin à toutes les restrictions sanitaires contre la COVID-19, mais aussi notre échec collectif à convaincre un grand nombre de parents à immuniser leurs enfants.

Le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés est Kelly Lamrock, un ancien ministre de l’Éducation sous Shawn Graham. Il a déposé un rapport, il y a une dizaine de jours, dans lequel il révèle que le gouvernement Higgs ne dispose pas de repères qui permettraient de déterminer si la décision de mettre fin au port du masque obligatoire dans les écoles est la bonne ni dans quelles circonstances il faudrait la renverser.

M. Lamrock, de par ses fonctions, ne s’est intéressé qu’au système scolaire. Plusieurs de ses arguments et de ses préoccupations sont par contre valides aussi dans la vie de tous les jours. Était-ce une erreur, du point de vue sanitaire, de mettre fin au port du masque obligatoire dans les lieux publics et d’abandonner le passeport vaccinal? Fredericton n’a plus de données fiables pour trancher, outre les hospitalisations et les décès.

Cela dit, c’est la question du port du masque en milieu scolaire qui fait le plus réagir ces temps-ci. Un groupe de pédiatres de même que la Société médicale du N.-B. ont réclamé le retour de cette obligation pour les élèves.

Par contre, il y a un moins grand appétit pour cela chez les principaux concernés. Les districts scolaires ont récemment consulté les parents. Le sondage non scientifique a démontré qu’une forte proportion d’entre eux s’opposent au masque obligatoire.

L’Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick a déjà partagé ses appréhensions sur cet enjeu, mais reconnaît que ses membres sont divisés.

Ces lignes de fracture existent aussi dans la capitale. Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, porte toujours le masque en public et semble appuyer l’idée d’en faire une obligation dans les écoles. La Santé publique refuse toutefois d’aller aussi loin, ce qui fait l’affaire du premier ministre Blaine Higgs, lequel est peu entiché à imposer de nouvelles restrictions et de faire face à l’opposition qu’elles ne manqueraient pas de susciter.

Sur le fond des choses, le défenseur des enfants a raison. Le justificatif offert par la Santé publique, soit que l’immunisation est plus efficace que le masque, ne tient pas la route étant donné le faible taux de vaccination chez les 5 à 11 ans. Kelly Lamrock recommande donc que la Santé publique réexamine sa décision.

Sur ce point précis, nous différons d’opinion avec M. Lamrock. Comme nous l’avons déjà écrit en éditorial, nous ne croyons pas que les élèves devraient être traités plus sévèrement que les adultes.

Selon la Santé publique, aucun Néo-Brunswickois âgé de moins de 20 ans n’est décédé de la COVID-19. Si le masque n’est pas obligatoire dans les lieux de travail, les endroits publics intérieurs, etc., il n’y a pas de raison de l’imposer dans les écoles.

Puisque la Santé publique préfère s’appuyer sur la vaccination pour justifier le fait qu’elle ne recommande pas d’imposer le port du masque en classe, nous croyons que des efforts plus importants doivent être faits pour immuniser les enfants âgés de 5 à 11 ans.

Cette campagne est actuellement au point mort. D’après la Santé publique, environ 40% des jeunes de ce groupe d’âge sont pleinement vaccinés (c’est-à-dire qu’ils ont reçu deux doses). C’est insuffisant. Il s’agit d’un échec du gouvernement, qui ne fait aucun effort particulier pour sensibilier et convaincre les parents, mais aussi de la société.

Cela ne devrait pas nous surprendre. En juin 2020, un projet de loi visant à éliminer les exemptions morales, religieuses et philosophiques à la vaccination obligatoire dans les écoles a été défait à l’Assemblée législative. Une poignée de députés et ministres progressistes-conservateurs, une majorité de députés libéraux ainsi que les élus du Parti vert et de la People’s Alliance ont torpillé cet important projet de loi et ainsi failli au devoir de protection des élèves.

On comprend donc que le gouvernement Higgs marche sur des œufs quand il est question de vaccination. Encore plus quand il s’agit de convaincre des parents hésitants et certains de faire ce qui est le mieux pour leur progéniture. Cette apathie de nos élus et de la Santé publique est inadmissible.

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