La volonté du gouvernement du Nouveau-Brunswick de conclure une entente avec celui du Québec afin que les futures infirmières puissent passer l’examen d’entrée à la profession du Québec en territoire néo-brunswickois a de quoi nous réjouir. La lumière apparaît enfin au bout du tunnel.

Le mardi 25 août 2015, les lettres NCLEX-RN (pour National Council Licensure Examination for Registered Nurses) apparaissaient pour la première fois dans l’Acadie Nouvelle.

Dans un article intitulé Infirmières: un nouvel examen d’immatriculation soulève la grogne, des étudiants déploraient avoir été utilisés comme des «cobayes» pour un nouveau test américain dont ils remettaient en question la qualité de la traduction.

Le taux d’échec était particulièrement élevé dans les campus du Nord. «Il y a un changement urgent à apporter», déclarait un étudiant cité dans le journal. L’article avait fait la Une. Le pauvre jeune homme ne se doutait pas à quel point sa patience et celle de ses pairs allait être mise à rude épreuve.

De son côté, l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick donnait un avant-goût de la mauvaise foi dont elle allait faire preuve au cours des sept années suivantes en se portant à la défense de la qualité de la traduction et en invitant les étudiants insatisfaits à se plaindre directement auprès de l’entreprise de Chicago qui a créé le test.

L’association est toujours restée sur ses positions et n’a jamais cherché un compromis qui aurait été satisfaisant à long terme pour les francophones. Elle a plutôt blâmé tout le monde, sauf elle-même.

Elle a remis en doute la qualité du programme de science infirmière de l’Université de Moncton. Elle a soutenu que ce sont surtout des étudiants avec de faibles notes en classe qui échouent l’examen d’entrée. Elle a même poursuivi le commissariat aux langues officielles du N.-B. devant les tribunaux afin de faire invalider un rapport dévastateur qui concluait dès 2018 que le NCLEX défavorise «nettement les candidats francophones».

Les politiciens autant libéraux que progressistes-conservateurs ont aussi laissé traîner le dossier. Même chose pour les responsables des deux régies de la santé, avec comme résultat que nous sommes en 2022 et que le problème n’est toujours pas réglé.

De récents signaux nous laissent cependant croire qu’une solution est à portée de main.

L’Association des infirmières et infirmiers du N.-B. a toujours refusé de reconnaître le nouvel Examen canadien du baccalauréat en sciences infirmières, qui pourrait remplacer le NCLEX. Par contre, depuis quelques années, elle reconnaît les résultats des aspirantes infirmières qui ont passé l’examen d’entrée du Québec, lequel est différent du nôtre.

Cela reste un parcours du combattant. Les candidates doivent se rendre au Québec pour passer l’examen en question. Il faut ensuite accomplir de nombreuses formalités administratives pour pouvoir ensuite travailler au N.-B. Jusqu’au bout, l’association des infirmières mène la vie dure aux francophones.

Il est clair que le seul espoir des aspirantes infirmières est une intervention politique. Ce jour est enfin arrivé. Il y a du mouvement parce que le gouvernement semble vouloir s’ingérer, s’est réjoui dans nos pages la directrice de l’École de sciences infirmières de l’Université de Moncton, Suzanne Harrison.

Le seul ministre acadien du gouvernement Higgs, Daniel Allain, fait de l’enjeu une priorité. La ministre de la Santé, Dorothy Shephard, affirme vouloir s’attaquer à «un problème de longue date qui mérite d’être résolu». Elle s’est engagée à contacter le gouvernement du Québec afin que le test québécois puisse être administré au Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement Higgs semble déterminé à régler ce dossier rapidement, quitte à passer directement par le bureau du premier ministre François Legault si cela s’avère nécessaire.

Dans un reportage diffusé plus tôt ce mois-ci, Radio-Canada Acadie a présenté deux étudiantes qui avaient échoué à l’examen NCLEX respectivement huit et dix fois. Elles ont ensuite réussi celui du Québec du premier coup.

Il n’est pas plus facile, mais a été pensé et conçu en français. Pour des centaines de futures infirmières qui ont grandi et étudié dans la langue de Molière, cela fait toute la différence.

Nous croyons que le gouvernement Higgs est sur la bonne voie. Mettre en vigueur au Nouveau-Brunswick l’examen québécois est une solution efficace qui permettra de mettre fin au cauchemar que vivent trop de candidates et de candidats à la profession infirmière depuis maintenant sept ans.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle