Le premier ministre Blaine Higgs s’est enfin décidé à imiter les autres provinces et à accorder un répit aux personnes les plus durement touchées par la hausse du coût de la vie. Il s’est toutefois contenté d’offrir le strict minimum et uniquement parce qu’il n’avait plus le choix.

Le programme néo-brunswickois ressemble à celui mis en place au Québec, c’est-à-dire que le gouvernement provincial envoie un chèque à certains citoyens affectés par l’inflation, en particulier la hausse du prix de l’essence et de la nourriture.

Là s’arrête cependant toute comparaison.

Le Québec est beaucoup plus généreux. Le gouvernement Legault a fait parvenir un chèque de 500$ à tous les Québécois dont le revenu annuel est inférieur à 100 000$. Un deuxième chèque doit être envoyé après les élections.

Le Nouveau-Brunswick est plus pingre. Le versement unique sera de 225$ (450$ pour une famille). Surtout, seules les personnes sur l’aide sociale ou qui reçoivent de l’aide au logement, de même que les aînés à faible revenu, auront droit à ce coup de pouce.

La stratégie de ne pas ratisser aussi large que le Québec se défend. L’inflation fait mal au portefeuille de tout le monde. Mais ce ne sont pas tous les Néo-Brunswickois qui ont besoin d’une aide financière spéciale pour passer à travers les prochains mois.  Il est normal de limiter la générosité des contribuables aux plus nécessiteux. C’est une gestion saine et raisonnable des fonds publics.

Blaine Higgs explique avoir choisi une aide ciblée parce que ce ne sont pas tous les consommateurs qui ont un revenu fixe ou qui fréquentent les banques alimentaires. C’est vrai. Sa définition de personnes touchées durement par l’inflation est par contre trop restreinte.

Elle fait abstraction de la classe moyenne. Il y a beaucoup de gens dans notre province qui ne sont pas sur l’aide sociale, mais qui tirent quand même le diable par la queue. Des milliers de Néo-Brunswickois gagnent leur vie honorablement mais peinent à joindre les deux bouts en raison de la hausse du prix de l’essence, l’augmentation du coût des aliments, l’explosion des loyers, etc. Tous ces gens devront passer leur tour.

À la décharge du gouvernement Higgs, des efforts ont eu lieu au cours des dernières années pour améliorer le sort des personnes à faible revenu. Des améliorations à l’aide sociale ont été décrétées. Le salaire minimum a augmenté de 1$ l’heure en avril et augmentera d’un autre dollar en octobre.

Il aurait néanmoins fallu que le plan d’aide comprenne aussi quelque chose pour les travailleurs ayant une rémunération en deçà d’un certain seuil. Celui du Québec (100 000$) est trop élevé et a été déterminé à des fins électoralistes. Le Nouveau-Brunswick aurait pu toutefois imposer une limite raisonnable.

Blaine Higgs ne l’a pas fait. Comme mentionné plus haut, il a mis ce programme sur pied à reculons, en le rendant le plus restrictif et le moins généreux possible.

Il s’agit d’ailleurs d’une habitude du premier ministre. Trop souvent, il attend d’être dans une situation où il n’a plus le choix d’agir avant d’enfin se décider.

Blaine Higgs a attendu le plus longtemps possible avant de signer une entente sur les garderies à bas prix (les nouveaux tarifs entrent en vigueur cette semaine), pour mettre sur pied de modestes programmes en temps de pandémie, limiter la hausse du coût des loyers, imposer le passeport vaccinal, etc.

C’est de nouveau arrivé cette fois-ci. Le gouvernement Higgs a déposé en mars un budget provincial qui annonçait des baisses d’impôt, certes, mais ne prévoyait aucun plan spécifique contre l’inflation. Il a ensuite résisté aux appels en ce sens pendant des mois, avant de plier cette semaine.

L’aide est modeste et l’inflation risque de perdurer, si bien qu’il faudra sans aucun doute bonifier le programme. Le premier ministre ne le nie pas, lui qui affirme vouloir attendre la suite des événements et attendre de mieux connaître la situation financière du gouvernement avant de trancher.

Bref, d’autres chèques plus tard, mais seulement si son administration en a les moyens. Nous retrouvons dans cette déclaration d’intention un gouvernement qui soutient une nouvelle fois que sa santé financière est ce qui compte le plus. S’il a les moyens d’aider la population, tant mieux. Sinon, tant pis. En temps de crise, la priorité reste encore et toujours l’équilibre budgétaire.

C’était vrai pendant la pandémie. Ce l’est encore pendant l’explosion du coût de la vie.

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