Les diplômés en sciences infirmières pourront passer sans tracas administratif leur examen d’accès à la profession au Québec au lieu de subir l’infâme NCLEX-RN, qui désavantage les finissants francophones. Un accommodement qui aurait dû être négocié depuis longtemps.

Le 25 août 2015, l’Acadie Nouvelle révélait pour la première fois que le nouvel examen désavantageait les finissants francophones. La nouvelle a fait la une du journal. Le 30 août 2022, les gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Québec annonçaient la conclusion d’une entente. Il aura donc fallu sept (!) longues années avant qu’un compromis tolérable soit négocié.

Nous l’avons indiqué en éditorial à plusieurs reprises, mais cela vaut la peine d’être répété: la mauvaise foi de l’Association des infirmières et infirmiers du N.-B. et le laisser-faire du gouvernement provincial, du Réseau de santé Vitalité et, dans une certaine mesure, de l’Université de Moncton pendant toutes ses années est une honte.

Le taux de réussite des finissants de l’Université de Moncton à l’examen d’entrée tournait auparavant autour de 90%. Il a chuté dramatiquement à un peu plus de 30% après l’adoption du NCLEX-RN. La traduction douteuse de cet examen conçu aux États-Unis et le manque de ressources préparatoires en français désavantage les francophones.

Pendant sept longues années, l’Association des infirmières et infirmiers a traité les Acadiens comme s’ils n’étaient que des plaignards. Elle a refusé tout compromis. Elle a rejeté l’examen canadien bilingue développé entretemps. Elle a accusé l’Université de Moncton de ne pas offrir une formation de qualité à ses étudiants. Elle a poursuivi en justice le commissariat aux langues officielles au lieu de mettre en application ses recommandations.

Tout a aussi été dit concernant Dorothy Shephard, nommée ministre de la Santé à l’automne 2020 et qui n’a jamais démontré une réelle volonté de s’attaquer au problème. Il aura fallu sa rétrogradation au sein du cabinet, son remplacement par Bruce Fitch et surtout le leadership du ministre Daniel Allain pour qu’une solution soit enfin négociée.

Des finissantes et des finissants choisissaient déjà de subir leur test au Québec. L’Association des infirmières et infirmiers (toujours elle!) leur imposait toutefois des tracasseries administratives. Des mois pouvaient s’écouler avant que leurs résultats dans la province voisine soient enfin reconnus ici.

Cette époque est révolue. Ceux et celles qui choisiront de passer le test d’entrée à la profession à Montréal ou à Québec pourront désormais obtenir leur immatriculation néo-brunswickoise plus facilement.

C’est un progrès important, après toutes ces années perdues. Mais ce ne doit pas être le dernier.

Nous croyons que ce test doit être aussi offert au Nouveau-Brunswick. Or, Québec hésite à donner le feu vert. En effet, cette province est grande. À titre d’exemple, la distance entre la Ville de Québec et Edmundston est beaucoup plus courte que celle entre Montréal et Rouyn-Noranda. Si l’examen d’entrée est offert à Moncton, faudra-t-il l’offrir un peu partout aussi dans la Belle province?

Par ailleurs, de nombreuses formations ne sont pas offertes au N.-B., ce qui signifie que les finissants dans des domaines comme la pharmacie doivent eux aussi subir leur examen d’entrée en Nouvelle-Écosse ou au Québec, sans que cela ne suscite de débats.

Le ministre Bruce Fitch doit néanmoins tenter de faire valoir l’exception acadienne afin que l’examen québécois d’entrée des infirmières soit offert à Moncton.

Si aucune entente n’est possible, il doit utiliser tous les outils législatifs, judiciaires et politiques à sa disposition afin de forcer l’Association des infirmières et infirmiers à offrir, avec ou contre son gré, l’examen canadien bilingue.

Nos hôpitaux manquent cruellement de personnel. La santé mentale et physique des personnes en poste est mise à l’épreuve. Le Syndicat des infirmières et infirmiers du N.-B. indiquait dans nos pages pas plus tard que la semaine dernière que l’épuisement professionnel de ses membres a atteint un seuil critique.

Pendant ce temps, nous tolérons que des obstacles continuent de décourager l’accès aux aspirantes infirmières et infirmiers francophones. Le gouvernement Higgs doit imposer toutes les mesures nécessaires pour que cela cesse enfin.

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