Hockey Canada est dénoncée de toutes parts depuis qu’il a été révélé, ce printemps, que ses dirigeants ont réglé discrètement une affaire d’agressions sexuelles qui auraient été commises par huit hockeyeurs d’âge junior. De récents événements démontrent que l’organisme n’a pas retenu les leçons qui s’imposent. Pendant ce temps, d’autres hésitent à condamner l’indéfendable.

Hockey Canada est dirigée depuis quelques mois par Scott Smith. Né à Bathurst, diplômé de l’Université du Nouveau-Brunswick et maintenant à la tête de ce qui était à ce moment la plus prestigieuse fédération sportive au Canada, il devrait faire la fierté des Néo-Brunswickois. Il est plutôt couvert d’opprobre d’un océan à l’autre, ce qui ne l’empêche tout de même pas de s’accrocher à son poste.

En 2018, la puissante Équipe Canada junior a remporté le Championnat mondial junior. Presque tous les membres de cette équipe jouent désormais dans la Ligue nationale de hockey.

Quelques mois après ce triomphe, Hockey Canada a organisé un banquet. À la suite de celui-ci, des joueurs se sont rendus dans une chambre d’hôtel où ils auraient agressé sexuellement une femme en état d’ébriété.

Celle-ci a ensuite poursuivi au civil les huit agresseurs présumés, la Ligue canadienne de hockey (ce qui comprend la Ligue de hockey junior majeur du Québec) et Hockey Canada pour 3,55 millions $. Hockey Canada a pris l’initiative de conclure une entente à l’amiable et de dédommager la victime. Les agresseurs présumés n’ont jamais été inquiétés. La fédération nationale a ainsi enterré (temporairement) l’histoire et protégé pendant quelques années son image de marque.

Prenons quelques instants pour s’arrêter sur l’énormité de la chose. Un groupe de dirigeants censés avoir du jugement ont déterminé, après avoir appris que des hockeyeurs étaient soupçonnés d’avoir commis un viol collectif, que la chose à faire était d’acheter la paix avec la victime et espérer que ce crime ne sera jamais rendu public.

Pas de bol, un journaliste de TSN, Rick Westhead, a mis la main sur l’entente à l’amiable négociée par Hockey Canada et a diffusé la nouvelle. Cela a provoqué une vague de colère à travers le pays, ce qui n’a toutefois pas ébranlé Scott Smith ni les membres du conseil d’administration de la fédération. Malgré leur incroyable manque de jugement, ces messieurs estiment encore aujourd’hui être les meilleures personnes pour diriger Hockey Canada.

Dans ce qui doit être considéré comme étant un doigt d’honneur à l’endroit de toutes les victimes d’agressions sexuelles, c’est Scott Smith lui-même qui a remis les médailles d’or à l’équipe canadienne de hockey féminin après que celle-ci a remporté le championnat du monde, plus tôt ce mois-ci.

Hockey Canada en a ensuite ajouté une couche en faisant parvenir aux parents des hockeyeurs un sondage dans lequel la fédération demande aux répondants de partager leur niveau d’approbation à certaines affirmations. Parmi celles-ci: le niveau de critique des médias est exagéré et les incidents (rappelons que nous parlons ici d’un viol collectif) ne sont pas représentatifs de la culture du hockey. Face aux critiques, le sondage a été promptement retiré. Il n’est plus possible d’y répondre.

Tous ces gens – du PDG Scott Smith aux membres du conseil d’administration – sont déconnectés de la réalité. Ils doivent démissionner et laisser à d’autres le soin de transformer la fédération nationale en une organisation qui ne banalise pas le viol.

D’ici là, il est important de dénoncer ces individus. C’est pourquoi nous sommes particulièrement déçus de l’absence de leadership de Hockey NB dans ce dossier.

Les parents néo-brunswickois ne paient pas de cotisations directement à Hockey Canada. Ils les paient plutôt à Hockey Nouveau-Brunswick, qui en verse ensuite une part à la fédération nationale. Cela sert à payer le coût de certains services, en particulier celui des assurances.

Depuis le début de la crise, Hockey NB a choisi de ne pas critiquer publiquement Hockey Canada. Son directeur général, Nic Jansen, a même déclaré que Scott Smith est à ses yeux l’homme de la situation pour apporter les changements nécessaires.

Les membres du boys’ club se protègent les uns les autres. Cela signifie, et il n’y a pas d’autres façons de le dire, que les dirigeants de Hockey NB sont solidaires de leurs homologues canadiens et qu’ils approuvent leur façon d’agir. Cette position n’est pas acceptable.

Il y a une crise de confiance dans le monde du hockey mineur. Hockey NB doit démontrer qu’elle a encore en elle ce que Hockey Canada a perdu, c’est-à-dire de l’intégrité. Un test que Hockey NB a échoué jusqu’à maintenant.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle