Hockey Canada est plongé depuis plusieurs mois dans un scandale dont l’organisation n’arrive pas à s’extirper. Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement provincial et Hockey NB donnaient l’impression de ne pas être touchés le moins du monde par ce dossier. C’est en train de changer. Enfin.

Au cours des derniers mois, nous avons appris que Hockey Canada protège des hockeyeurs soupçonnés d’agressions sexuelles. L’organisme a mis sur pied des fonds secrets qui sont utilisés pour dédommager les victimes, acheter leur silence et protéger les présumés agresseurs.

C’est honteux. Le fait que cette fédération – la plus puissante et la plus riche au Canada – continue de défendre cette façon d’agir montre à quel point elle est pourrie jusqu’à la moelle.

Le scandale a fait une première victime en août, quand le président Michael Brind’Amour a remis sa démission. Il a été remplacé par Andrea Skinner, qui a démontré faire partie du boys club en faisant l’éloge du statu quo.

Au cours de sa comparution devant un comité parlementaire, elle a donné son appui inconditionnel au PDG Scott Smith, lui accordant même la note de A. Elle a aussi soutenu que Hockey Canada est la victime de «désinformation considérable» ainsi que «des attaques excessivement cyniques».

C’est pendant cette présentation surréelle que Mme Skinner a affirmé que si l’ensemble de la haute direction démissionne, cela aura des répercussions sur l’ensemble du hockey mineur. «Est-ce que les lumières demeureraient allumées à l’aréna? Je l’ignore», a-t-elle indiqué en affirmant ne pas être prête à courir ce risque.

Ces gens-là vivent sur une autre planète. Ils ne comprennent qu’un seul langage: l’argent. C’est uniquement quand des commanditaires de prestige comme Tim Hortons et Canadian Tire ont commencé à retirer partiellement ou totalement leurs billes que les dirigeants ont commencé à sentir la soupe chaude et que Mme Skinner a remis sa démission.

Pendant ce temps, le gouvernement Higgs et Hockey Nouveau-Brunswick prenaient soin de ne pas critiquer les actions de Hockey Canada.

Le Nouveau-Brunswick doit pourtant injecter 1,25 million $ en fonds publics dans l’organisation du Championnat du monde de hockey junior. Les parties auront lieu en décembre et janvier à Halifax et à Moncton. Malgré cet engagement, Fredericton s’empêchait de soulever quelque vague que ce soit.

Hockey NB a été encore plus loin en donnant son appui au PDG d’Hockey Canada, Scott Smith, qui est originaire de Bathurst. Il y a deux mois, le directeur général de Hockey NB, Nic Jansen, disait connaître M. Smith depuis plus de 15 ans et n’avoir aucun doute qu’il est l’homme de la situation, le qualifiant même de grand leader. Entre collègues et amis, on se protège…

Après le témoignage d’Andrea Skinner et le départ de commanditaires majeurs, le gouvernement provincial et Hockey NB ont senti le vent tourner.

Si Hockey NB a d’abord refusé d’imiter Hockey Québec en retenant ses cotisations à Hockey Canada, elle a finalement plié quand l’opinion publique a rendu sa position intenable.

Le gouvernement du N.-B., par la bouche du premier ministre Blaine Higgs, a révélé au même moment songer à couper ses liens avec l’organisation du Championnat mondial de hockey junior de 2023. Cela signifie qu’il ne verserait pas les subventions promises. Une décision sera prise d’ici la fin du mois.

La position de Blaine Higgs n’est pas aussi ferme qu’elle en a l’air. «Nous espérons que nous n’irons pas aussi loin», a-t-il ainsi précisé. Sa décision dépendra aussi de celle de la Nouvelle-Écosse, qui est co-organisatrice du championnat.

M. Higgs gagne du temps, en montrant une image forte face à Hockey Canada, tout en se donnant amplement de marge de manoeuvre pour permettre l’événement d’avoir lieu à Moncton et Halifax comme prévu, peu importe la suite des événements. Personne ne connaît ses véritables intentions.

Le premier ministre ne doit pas avoir peur de mettre sa menace à exécution. Présenter le Championnat mondial de hockey junior dans les circonstances actuelles représenterait un appui à l’endroit du leadership de Hockey Canada. Ce ne serait pas une fierté, mais une honte. En l’absence d’un grand ménage, le gouvernement Higgs ne devra pas hésiter, à la fin du mois, à couper tous les liens avec l’organisation.

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