Avec l’annonce du départ de deux députés et avec une nouvelle chef, le Parti libéral du N.-B. entreprend une période importante de transition. Pour Susan Holt, il s’agit d’une opportunité de mieux asseoir son leadership.

Il est normal pour un parti politique de voir certains de ses députés tourner la page après une défaite électorale. Le Parti libéral est déjà passé à travers ce processus. Après avoir perdu le pouvoir en 1999, des vétérans ministres comme Bernard Thériault, Camille Thériault, Bernard Richard et Marcelle Mersereau ont tous choisi de passer à autre chose.

Les libéraux provinciaux vivent présentement une période creuse. Ils ont terminé les deux dernières campagnes électorales du côté des perdants. La chute du gouvernement de Brian Gallant en 2018 n’avait toutefois pas fait aussi mal qu’on l’aurait cru. Le gouvernement Higgs était minoritaire et le chef Kevin Vickers avait encore espoir de le renverser et de lui prendre le pouvoir rapidement.

Le verdict des électeurs a toutefois été sans appel en 2020. Blaine Higgs est désormais à la tête d’un gouvernement majoritaire. La victoire décisive des candidats progressistes-conservateurs dans les deux circonscriptions complémentaires de la Miramichi, en juin, démontre que les libéraux, les verts et les alliancistes (du moins ce qu’il en reste) ne sont pas sortis du bois. Non seulement ils croupiront dans l’opposition pendant deux ans, mais leur purgatoire pourrait se poursuivre encore plus longtemps.

Pour le Parti libéral, dont la députation comprend encore beaucoup d’élus en poste depuis près d’une décennie, cela signifie que le moment est venu de faire place au renouveau.

Pas question ici de dénigrer l’expérience. Denis Landry et Daniel Guitard, qui viennent d’annoncer leur démission, sont des députés capables qui ont encore beaucoup à offrir. Ils tenteront d’ailleurs de rebondir sur la scène municipale dans les prochains mois.

Cela dit, le Parti libéral est rendu à un point où de nouveaux visages et de nouvelles idées lui feront le plus grand bien. La nouvelle chef Susan Holt contraste avec les chefs intérimaires précédents, Roger Melanson et Denis Landry, qui ont été ministres sous Brian Gallant et même Shawn Graham (dans le cas de M. Landry).

Par ailleurs, cela peut être un défi pour une leader qui arrive de l’extérieur du caucus, comme c’est le cas pour Mme Holt, d’imposer ses vues à des élus qui en ont vu d’autres. L’éventuelle élection de nouveaux députés sous sa gouverne contribuera à renforcer son autorité sur son équipe.

En attendant, deux choses devront survenir.

D’abord, le gouvernement Higgs ne devra pas tarder à déclencher des élections complé­mentaires dans les deux circonscriptions (Restigouche-Chaleur et Bathurst-Est-Népisiguit-Saint-Isidore) aussitôt qu’elles seront vacantes, ce qui devrait survenir en novembre, à l’issue des élections municipales.

Blaine Higgs a attendu plus d’une année avant de permettre aux électeurs de la Miramichi d’élire de nouveaux représentants à la législature. Il a toutefois envoyé des signaux laissant croire qu’il agira plus vite cette fois-ci. Nous espérons voir de nouveaux députés être élus au début de l’année prochaine.

Nous enjoignons le premier ministre à profiter de l’occasion pour modifier une fois pour toutes la loi électorale afin d’assurer que jamais plus de six mois ne s’écoulent entre la démission d’un député et un scrutin devant permettre aux électeurs d’élire un successeur.

Tant le libéral Brian Gallant que le progressiste-conservateur Blaine Higgs ont utilisé une brèche dans la loi pour attendre six mois avant de déterminer la date du scrutin, mais ensuite organiser celui-ci beaucoup plus tard. Cette façon de faire est antidémocratique. Nous demandons une nouvelle fois au gouvernement Higgs de corriger cette anomalie.

Susan Holt devra ensuite se porter candidate. Nous saluons sa volonté de se présenter dans l’une des deux circonscriptions, peu importe laquelle, après avoir soufflé le chaud et le froid sur cette question. La place du chef de l’opposition est à la législature, à moins bien sûr que les électeurs n’en décident autrement, comme l’a appris à ses dépens Kevin Vickers.

De même, si d’autres vétérans libéraux songent à ne pas être candidats en 2024, le moment peut être opportun pour l’annoncer et tirer leur révérence. Pour le Parti libéral, le renouveau passe par l’influx de sang neuf dans ses rangs et par la présence de sa leader à l’Assemblée législative.

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